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Métiers mal connus, mal représentés et qui recrutent : l’administration pénitentiaire va à la rencontre des jeunes

Ils ont entre 16 et 25 ans, ne sont plus scolarisés et sans emploi. Dans le cadre du dispositif « Garantie Jeunes », ils découvrent un secteur mal connu dans sa réalité professionnelle, et qui n’a jamais autant embauché que maintenant : les métiers du pénitentiaire. Lundi 25 janvier, des cadres venaient parler de leur métier.

C’est à la Mission locale du Chalonnais, 49 avenue Boucicaut, qu’a lieu la troisième rencontre de cet atelier, entre un groupe de 7 jeunes inscrits au dispositif « Garantie jeunes » et leur « marraine », Mme Barthélemy, chargée de la promotion des métiers pénitentiaires. Les deux précédentes interventions ont permis de faire connaissance avec chacun des jeunes et de présenter l’administration pénitentiaire dans son fonctionnement général, ses missions et ses métiers. Frédéric Liodenot a expliqué son travail de surveillant pénitentiaire et madame Barthlémy, celui de conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation.

La ‘Garantie jeunes’ de la Mission locale

« La Garantie jeunes permet d’accompagner les jeunes entre 16 et 25 ans en situation de grande précarité vers l’emploi ou la formation. Pour la mettre en œuvre, un contrat est signé entre le jeune et la Mission locale. Ce dispositif, qui s’accompagne d’une aide financière, est un accompagnement intensif qui demande de la motivation et de l’implication. Il permet de bénéficier d’ateliers collectifs (internet, techniques de recherche d’emploi, découverte de métiers dans les secteurs qui recrutent), d’entretiens individuels, d’immersions en entreprise, bref d’un soutien renforcé pendant 12 mois. » Tel est présenté ce dispositif sur le site de la Mission locale.

À cette fin, la Mission locale cherche des partenariats locaux avec des responsables d’entreprises, d’agence Interim ou de formations. Ils seront les « parrains » et « marraines » d’un groupe de jeunes et présenteront leur domaine d’activité et partageront leur expérience professionnelle. Ce jour-là, c’est Delphine Clerc qui représentait la Mission locale du Chalonnais.

On recrute dans l’administration pénitentiaire

L’administration pénitentiaire n’a jamais autant embauché, mais la profession n’attire pas. « Si on arrivait à mieux faire connaître le métier, on aurait plus de candidats », entend-on en interne.

C’est sur ce constat qu’a été créée, en mars 2018, l’Unité de Promotion des Métiers Pénitentiaires (UPMP), rattachée à la direction interrégionale des services pénitentiaires de Dijon. Cette expérimentation sur la région de Bourgogne est actuellement unique sur le territoire français. Muriel Barthélemy en fait partie : « Nous souhaitons faire connaître nos métiers, souvent peu ou mal connus, d’une part pour répondre aux besoins de recrutements croissants (notamment en prévision des départs en retraite), mais également pour professionnaliser le recrutement et déconstruire les nombreuses représentations erronées de l’administration pénitentiaire. »

Les intervenants de cette rencontre : des cadres

Renaud Lassince, Directeur du Centre Pénitentiaire de Varennes-le-Grand, Patrick Saurel, chef de détention et Justine Poitrineau, élève directrice du SPIP  (Service pénitentiaire d’insertion et de probation) racontent leur parcours et leur quotidien devant les jeunes.

« Je suis entré dans la pénitentiaire par hasard, et assez tard, vers 34 ans, en tant que surveillant. Ce qui m’a attiré d’abord, c’est la stabilité de l’emploi. Puis j’ai gravi les échelons en passant des concours et j’ai appris à aimer ce métier » commence Renaud Lassince. Sécurité de l’emploi dans la fonction publique et, ajoute le Directeur, mobilité géographique. « Une journée ne ressemble jamais à une autre », poursuit-il. Ce qu’il aime dans son métier ? La gestion de projets, qui émaillent la vie de la prison et celle des détenus.

« Lutter contre la récidive est au cœur de notre métier, explique Justine Poitrineau. Nous faisons partie d’une équipe pluridisciplinaire qui accompagne les détenus dans l’exécution de leur peine. » Eh oui, en prison, la vie continue et doit apporter un cadre et des soutiens qui manquaient. « Nous travaillons sur le vivant, et en équipe, rappelle la jeune femme, c’est ce qui me motive. »

« Je travaillais dans la grande distribution, commence Patrick Saurel, et c’est une rencontre avec le directeur de la prison des Baumettes qui m’a orienté, à 30 ans, vers le secteur de la pénitentiaire. Aujourd’hui, j’encadre des officiers. Notre mission est d’assurer la sécurité des détenus entre eux, mais aussi contre eux-mêmes. Nous travaillons pour la sécurité, mais avec bienveillance et humanité », conclut-il.

Que retiendront les jeunes ?  

L’échange avec les jeunes suivra ces présentations. Et l’on peut espérer qu’ils auront modifié leur perception erronée de la pénitentiaire, alimentée, comme le dit une jeune, par les séries policières américaines. Que retiendront-ils ? Que ces métiers font partie de la fonction publique, qu’ils bénéficient de la sécurité de l’emploi, que les possibilités d’évolution et de carrière sont nombreuses, qu’on peut y effectuer une carrière intéressante et diversifiée ? Et, aussi qu’on travaille dans l’humain comme en témoigne un intervenant qui ajoute : « ce métier m’a enrichi ».

Au final, une fois « derrière les barreaux », qui se préoccupe du quotidien des détenus ? Qui œuvre pour que leur vie ait la chance de connaitre un avant et un après, en mieux ? Qui les accompagne vers une réinsertion dans notre société ? Sinon l’administration pénitentiaire…

Par Nathalie DUNAND
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