Le droit à la différence d'Anthony s'est avéré gagnant : la conquête d'un CDI, ainsi que de lui-même....

Il est de ces histoires qui forcent l’admiration et ont conséquemment valeur d’exemplarité de par les montagnes de positivité qu’elles soulèvent. Anthony Dubois, psychiquement ébranlable, se trouve au cœur de l’action, l’horticulture étant devenue son « fonds de commerce ».

Sur une courbe ascendante, le jeune homme, puisqu’il vient de décrocher in fine un CDI chez le fleuriste grossiste « Les fleurs d’Ouroux » sis à Ouroux-sur-Saône, lequel a poussé son premier cri en 1991. Une gageure par les temps qui courent…Une espèce de conte de fées…ou plutôt de faits !

Le PDIP 71 et sa protection rapprochée

Qu’il semble désormais à des années-lumière le temps où le garçon vivait sous la haute autorité de l’IME (Institut médico-éducatif) de Buxy, où il fut affecté dès sa prime jeunesse ! Soucieuse d’apporter à son protégé la logistique qui s’imposait dans son cas, ladite structure dégotta un stage à Saint-Marcel. Autre partie prenante, le PDIP 71 (Pôle départemental d’insertion professionnelle), à même de réaliser autant que faire se peut l’insertion pour les personnes en situation de handicap. Extirper ces dernières du milieu protégé via les établissements spécialisés consécutivement au souhait du jeune en question de prendre pied dans la réalité du milieu ordinaire, telle est l’une de ses applications à mettre en œuvre. L’émancipation d’Anthony a eu pour cadre un apprentissage de deux ans au CFA (Centre de formation d’apprentis) de Saint-Marcel. Dans ce contexte le PDIP intervient régulièrement, à la fois pour mettre en place le contrat d’apprentissage, adapter le poste de travail au secteur professionnel considéré, et faire part des difficultés au maître d’apprentissage. « Anthony éprouve des difficultés au niveau de la compréhension, il a besoin de consignes l’une après l’autre », admet Marilyne Hury, sa figure tutélaire au sein du PDIP 71.

Un mentor à la détermination aiguisée

Son CAP Productions Horticoles acquis en 2019, la voie royale s’ouvrait  devant Anthony Dubois, présentement âgé de 22 ans. Encore fallait-il qu’un chef d’entreprise lui octroie un gros coup de pouce…Désireux de le lancer dans le grand bain, Sébastien Gaudillère, à la tête de l’entreprise « Les fleurs d’Ouroux » depuis 1998 (cinq personnes employées au total, environ 10.000 m2 de surface, avec 90% de vente au détail, pour moitié sur place, et pour l’autre sur des marchés à Autun, Pontarlier, Lons-le-Saunier, etc.,  et pour les 10% restants du demi-gros avec des fleuristes) a été celui qui l’a installé au bas de l’ascenseur social. Résultat des courses, un CDI accordé à l’impétrant à partir du 24 mars dernier, avec trente-cinq heures hebdomadaires à la clé. « Ca a été une évidence dans le sens où Anthony était en stage-découverte depuis 2017. Il s’est bien investi, a les capacités d’être en milieu ordinaire. Il a fait avant trois CDD. Il aide surtout à la manutention. On met la production locale en avant, et c’est un métier très, très manuel », clarifie le patron. 

Supprimer les chaînes inhibitrices de son for intérieur

Anthony n’aime rien tant que travailler à l’air libre. Des exemples de fonctions qui sont les siennes ? L’activation de la machine à rempotage, le classement des différentes variétés florales, l’arrosage, l’aide délivrée lors des marchés, le contact avec la clientèle…»Je pense qu’il est capable de faire encore mieux, et il faut qu’on lui laisse la liberté de le faire. D’autre part il doit se faire confiance et qu’il prenne conscience qu’il est salarié. Si je lui confie une tâche bien précise, c’est nickel, il est rigoureux. Accompagné, il est capable de réaliser environ 80% des choses qu’on lui demande », dixit Sébastien Gaudillère. Le responsable ne prêche au demeurant pas que pour sa paroisse : »Il faut donneur leur chance à certains jeunes, mais pas dans de grandes structures. Chez nous ça reste assez familial. » Ce à quoi Marilyne Hury, la référente qui défend les intérêts du jeune homme en matière de suivi éducatif, rétorque que « la relation avec l’employeur est hyper importante. Par ailleurs, mon rôle consiste à le faire devenir autonome. Ainsi « sandwiché », nul doute qu’Anthony fera son petit bonhomme de chemin. Il lui faudra pour ce faire renforcer son capital foi en lui-même, qu’il se persuade de ses potentialités…et la roue tournera à une vitesse de croisière. L’obtention du code de la route n’en est qu’une facette. D’autres lendemains souriront à la moindre occasion…

 

                                                                                                Michel Poiriault

                                                                                                [email protected]   

 

 

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