L'ADEME tisse sa toile sur la novation

Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, l’ADEME Bourgogne-Franche-Comté, malgré un effectif nullement pléthorique, tente avec ses partenaires de faire face à la diversité des tâches qui lui sont assignées. Prenez son pouls en compagnie de Jean-Luc Saublet, Directeur délégué régional de l’ADEME. Interview pour info-chalon.com

Que diriez-vous au grand public pour qu’il se familiarise davantage avec l’essence même de l’ADEME ?

«Peut-être rappeler que l’ADEME est d’abord un établissement public, qui est l’Agence de l’environnement et de maîtrise de l’énergie, créée cela fera trente ans l’année prochaine. C’est un établissement qui est sous la tutelle du ministère de la Transition écologique, mais aussi de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Sa particularité : toutes les régions disposent d’une direction régionale. En Bourgogne-Franche-Comté, où nous sommes partagés entre Dijon et Besançon, il y a vingt-cinq personnes en tout, qui mettent en place de l’accompagnement sur la durée des différents acteurs. Alors les particuliers pas directement, mais bien entendu les entreprises et les collectivités locales sur différents sujets : économie circulaire, OMR (Ordure ménagère Résiduelle), mais aussi production et consommation durables, démarche territoriale, unité de transport, et aussi des actions spécifiques auprès des entreprises. »

La Saône-et-Loire est-elle un bon exemple des actions entreprises par l’ADEME ?

« Elle est un exemple tout à fait satisfaisant de la collaboration que l’on a, à l’image de ce qui se fait dans les autres départements. Pour vous donner quelques chiffres, mais sans vous noyer, sur trois ans il y a eu, des projets aidés de l’ADEME, une petite cinquante de millions d’euros ; l’ADEME a donné huit millions d’euros, soit environ 17% des montants d’aides sur les différents projets. Si l’on parle spécialement de 2020, il y eu au total trente-deux projets pour deux millions d’euros. Je dirais que le fonctionnement de la Saône-et-Loire a un fonctionnement plutôt dans le haut de la moyenne de ce que l’on fait. »

Qu’en est-il à Chalon-sur-Saône ?

« On a un fonctionnement avec le Grand Chalon que je pourrais qualifier d’historique. Nous avons mis en place depuis longtemps avec Le Grand Chalon, aussi bien pour tout ce qui est démarches territoriales, économie circulaire et énergies renouvelables, un partenariat qui évolue. Là, on avait le territoire du Grand Chalon qui utilisait le référentiel économie circulaire, et qui faisait partie des collectivités de la région parties assez vite sur ce sujet. On a débouché sur un autre contrat, le contrat d’objectif territorial. Ca part du référentiel économie circulaire, mais aussi de la démarche Cit’Ergie qui est un label depuis 2019. Nous sommes repartis avec eux sur un Contrat d’objectif territorial qui vise à mettre en œuvre de manière conjointe les démarches territoriales air, climat, énergie et économie circulaire. Le Grand Chalon fait partie des dix territoires français sur lesquels on expérimente. Donc on voit vraiment que le partenariat avec cette collectivité débouche sur une démarche innovante. Sinon avec le Grand Chalon il y a des démarches un petit peu classiques, on a une dynamique sur le réseau de Chalon bien entendu,  mais on a également tout ce qui se fait sur le Conseil en économie partagée. Il  y  a un conseiller sur Chalon, et il y avait, car cela est en train d’évoluer, une plate-forme de rénovation de l’habitat privé, la Plate-forme Territoriale de la Rénovation Energétique (PTRE). « 

 Parmi les appels à projets dessinés en 2021, figure « AVELO ». Quels en sont les tenants et les aboutissants ?

« C’est aux collectivités de proposer leur politique. C’est pour les aider à mettre en place, à réfléchir soit par des études, soit par du soutien à l’animation, à leur politique de mobilité globalement, et de la place du vélo dans cette politique.  Le Grand Chalon est très intéressé par cet appel à projets. Je ne crois pas que l’on ait encore répondu sur le contenu de cet appel. »

 

Il y a par ailleurs « l’ami TENDMOD »…

«Ce sont les deux sujets d’appels à projets nationaux qui sont sur la mobilité. On est en fait sur de l’expérimentation de nouvelles mobilités durables. C’est vraiment le cas de « l’AMI TENMOD ». Sur ce type de projet il faut proposer des aides ou des aménagements de pistes cyclables, mais ça passe aussi beaucoup par l’animation. «L’AMI TENMOD » permet  de financer de l’ingénierie dédiée à la mobilité sur trois ans, et ça permet dans la durée de faire évoluer beaucoup les mentalités et les outils sur ce sujet. » 

L’ADEME Bourgogne Franche-Comté est-elle intégralement indépendante des autres régions quant à ses axes de travail ?

« Non. Le système de l’ADEME, c’est qu’au niveau national il y a de grands sujets, je les ai cités tout à l’heure, le développement des OMR, mais la spécificité des directions régionales, c’est d’adapter ces grands sujets à la collaboration ou à l’historique et aux acteurs locaux. Et puis il y aussi des collaborations avec des structures comme la Région bien sûr, mais aussi avec la DREAL , la DRAF, et toutes les préfectures. Donc  tout ça fait que dans les grands lignes nationales chaque région a les moyens d’adapter à son environnement et à son écosystème. »

Qu’est-ce qui fait la force de l’ADEME ?

« Je pense que c’est cette implantation régionale, et puis vingt-cinq personnes, si je compare à la DREAL, ils sont neuf cents…C’est aussi cette mentalité un peu de commando, de pouvoir aller sur des sujets innovants aussi, parce que c’est un peu dans l’ADN de l’ADEME. C’est-à-dire que comme on ne subventionne pas tout ce qui est réglementaire, on innove à côté. On prend des expérimentations qui  nous semblent innovantes, avoir de l’avenir, et « il n’y a pas « grand-monde » sur le marché qui fait ce type d’aide par des outils comme Cit’Ergie, ou par des aides qui permettent aux collectivités et aux entreprises d’avancer sur le sujet. »

 Que vous manque-t-il le plus ?

« Plutôt du monde ! On aurait du travail pour plus, mais on s’adapte du mieux qu’on peut. Là on est très motivés par le plan de relance, puisque le budget de l’ADEME national donc régional est doublé dans le cadre du plan de relance. On a donc à gérer quelques dossiers du plan de relance, plutôt vers les grandes entreprises et les TPE-PME. Ca nous prend un peu d’énergie, et même si on a des soutiens, des collaborations avec des acteurs classiques, la Région, la DIREN (Direction régionale de l’Environnement), les chambres consulaires, on travaille beaucoup avec celles-ci, que ce soit la CCI, la CMA (Chambre des Métiers et de l’Artisanat), ou les Chambres d’agriculture. Si nous étions quelques-uns de plus ça ne pourrait que nous dépanner, mais on fait avec les moyens que l’on a. On  est obligés de mobiliser beaucoup de réseaux, que ce soit dans les collectivités ou les chambres consulaires, puisque l’on a plus de cent-quatre-vingt personnes dans les établissements que j’ai cités comme relais de nos actions. Mais par rapport à l’immensité du travail qu’il y a à faire sur le sujet, ce serait bien que l’on soit davantage. »

Etes-vous optimiste quant à la suite des événements ?

« On ne travaillerait pas sur le sujet si on n’était pas optimistes. « 

 

Crédit photo : DR                                                                                   Propos recueillis par Michel Poiriault

                                                                                                                 [email protected] 

 

 

 

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