Saône et Loire économie

MEDEF SAONE ET LOIRE - "Le chiffre d'affaires des entreprises de Saône et Loire a grimpé de + 13,15% sur le premier semestre 2021" explique Laurent Letourneaux

Crise sanitaire, pass sanitaire, bilan et perspectives de l'année écoulée et des mois à venir. Laurent Letourneaux, Président du MEDEF Saône et Loire revient pour info-chalon.com sur l'année.

Un petit mot en guise de rentrée ?

Même si l’été n’aura pas été aussi ensoleillé  que nous aurions pu le souhaiter…, les vacances auront eu le mérite de permettre à chacun de se reposer et surtout de se changer l’esprit.  La situation sanitaire reste encore précaire, malgré un taux d’incidence plutôt faible en Saône-et-Loire et laisse présager des problèmes d’organisation pour nos entreprises du fait  du pass sanitaire mais surtout du manque d’engouement pour nos concitoyen à se faire vacciner.  

Les indicateurs socio-économiques montrent une France qui a plutôt pas trop mal résisté face à la crise sanitaire. Quelle est votre lecture ? 

La situation reste contrastée en fonction des secteurs d’activité bien entendu, mais globalement la situation de nos entreprises est plutôt correcte et l’ensemble de l’économie fait face à une situation beaucoup plus dynamique qu’attendu. Les mesures prises par le gouvernement ont permis à nos entreprises de stabiliser leur trésorerie et de maintenir l’emploi de nos salariés ce qui a permis ce rebond et nous renvoie au niveau d’activité de 2019.

En Saône et Loire, quel tour d’horizon faites-vous sur la situation économique ?

La Saône-et-Loire bénéficie du rebond de l’activité et les indicateurs à notre disposition (source DGFIP71) indique une croissance de 13.15% du CA des entreprises de Saône-et-Loire sur le premier semestre 2021 en comparaison au premier semestre 2020 (+15,09 % au niveau national) et de +3.19% par rapport à 2019 (+2.45% au niveau national). Les secteurs de l’hôtellerie, de l’événementiel et du spectacle continuent de souffrir de la situation sanitaire avec respectivement des baisse de 7.61% et 20.76% sur le premier semestre 2021 par rapport à 2020 après des baisses de -43.53% et -41.19% au premier semestre 2020 en comparaison avec le 1ier semestre 2019.

Des inquiétudes ? On parle notamment d’une flambée des prix en perspective liée notamment aux matières premières. 

Effectivement l’une des conséquences de cette pandémie est une désorganisation de la production à l’échelon mondial et cela a des conséquences sur les approvisionnements en matières premières en faisant flamber les prix avec des hausses de plus 50% sur les métaux (fer/cuivre /inox), sur le bois et les carburants depuis le début de l’année. Pour nos industriels et nos entreprises du bâtiment, il est compliqué de répercuter ces hausses alors que les devis sont signés plusieurs mois, cela aura des conséquences sur les rentabilités. A cela s’ajoute les difficultés d’approvisionnement de certains composants qui servent à la fabrication des biens de consommations, des tensions sur le transport et le frêt maritime et engendre des délais pour produire. La situation de l’emploi, quasi revenue à son niveau de 2019, est également un vecteur d’inquiétude car sans une main d’œuvre formée, compétente et disponible nos entreprises ne pourront pas faire face à leur carnet de commande et seront pénalisées financièrement.

Concernant les mesures gouvernementales, pass sanitaire et vaccination, comment se positionne le MEDEF ? 

Les mesures sont prises par le gouvernement, et nous MEDEF faisons en sorte de les rendre les plus efficientes et les moins pénalisantes possible pour nos entreprises.  Cela passe par des négociations en amont des textes,  et également en faisant remonter depuis nos territoires les problématiques liées à leurs mises en œuvre afin d’obtenir des arbitrages favorables à nos entreprises. Il est vrai également que les anti tous, minorité bruyante, alimentée par les fake news sapent les efforts qui doivent nous permettre de retrouver une situation propice au développement économique de nos entreprises et ce dans un environnement sécurisé pour les salariés dont nous avons la responsabilité.  

Des perspectives pour 2021- 2022 ?

L’expérience que nous avons vécue en 2020, ne permet plus d’avoir une confiance aveugle dans les oracles ou les projections économiques. Dans le contexte des futures élections présidentielles en 2022, cela est encore plus vrai. Ceci étant dit, la dynamique économique du premier semestre 2021 reste encourageante pour l’avenir et permet à bon nombre d’entreprises de programmer de l’investissement dont les effets seront bénéfiques pour notre économie en 2022. Je reste quoiqu’il en soit très optimiste pour l’avenir car nos entreprises ont réussi à innover, à s’organiser voire pour certaines à se transformer dans un environnement contraint et nos salariés ont su faire preuve de bon sens, d’adaptation et d’effort dans cette période compliquée.

Une réaction après la demande formulée par le Ministre de l’Economie afin que les « patrons fassent des efforts » en terme de salaire et faire « en sorte que la croissance profite à tous »


Bruno Lemaire est dans son role d'homme politique avec ce type de déclaration…maintenant ce que je retiens également de sa declaration,ce sont deux choses. La première, il est demandé aux entreprises d'embaucher….elles le font dejà, mais également qu'elles sont en difficulté pour trouver de la ressource. 
La deuxième est le partage de la richesse. Il existe des dispositifs,  participation intéressement par exemple qui fonctionnent et qui contribuent au partage de la richesse. Je rappelle quand meme que l’état prélève 20% de CSG sur le montant de la participation auprès de l’entreprise et egalement quelques 4% sur la somme versée aux salariés.  Ça n'incite pas les entreprises non concernées par l’obligation à la mettre en oeuvre.

Avec une délégation de chef d'entreprise de Saône et Loire mercredi et jeudi nous aurons l’occasion d’entendre Bruno Lemaire aux Universités d'Eté sur ce sujet et pourquoi pas d'en débattre avec lui.

A titre professionnel, dans votre activité « intérim », quel est votre analyse sur les prochains mois ? 

Le secteur de l’intérim a retrouvé des couleurs après une année 2020 compliquée, mais qui paradoxalement n’a pas généré l’afflux de chômeurs que l’on imaginait au tout début de la crise sanitaire. Bien au contraire, le rythme des embauches en CDI s’est accru depuis le début de l’année avec un retour aux chiffres de 2019 et nous rencontrons des vraies problématiques de recrutement sur un spectre de compétences très large. Si nous trouvions ne serait-ce que 50% des profils que nous demandent nos clients, notre croissance n’en serait que bien meilleure.

La formation de nos futurs salariés et ce en adéquation avec les besoins de nos entreprises, doit être un objectif prioritaire de nos gouvernants pour les années à venir.

Propos recueillis par LG- info-chalon.com