Chalon sur Saône

Lettre ouverte du président du Comité des fêtes de Chalon-sur-Saône

Par Karim BOUAKLINE-VENEGAS AL GHARNATI

Publié le 07 Septembre 2021 à 19h55

Hier, lundi 6 septembre à 19 heures, avait lieu une réunion informelle du Comité des fêtes à l'Espace Jean Zay. Depuis la fameuse AG du 25 septembre 2020 qui a tourné au vinaigre, rien ne va plus au sein de cette association fondée il y a 115 ans par Léon Prost et chargée d'organiser et d'élaborer le programme du Carnaval de Chalon-sur-Saône. À l'issue de cette réunion, René Dubois, le président du comité a lu devant les 20 membres présents sa lettre ouverte qui explique sa décision de partir. Info Chalon vous livre l'intégralité de son contenu.

Mesdames, messieurs de la municipalité,
Mesdames, messieurs de la presse,
Mesdames, messieurs chers amis du Comité des fêtes,

Merc d'être là ce soir,
Je n'aurai jamais imaginé vous réunir de cette façon.
Mon départ de la présidence du Comité des fêtes, je l'ai voulu, anticipé, préparé, présenté un successeur depuis plus de 3 années.

Même si les raisons m'échappent encore, les faits sont là et il faut se rendre à l'évidence : le Comité des fêtes ne peut continuer dans ce climat; personne n'est dupe, depuis le 100ème Carnaval, l'esprit de fêtes, de partages, de convivialité a été bafoué.

Après 50 années de bénévolat, dont plus de 20 années de vice-présidence et 12 années de présidence au sein de cette belle institution, je suis amer de voir que la passation est loin d'être celle que j'avais imaginée, innocemment, en bonne intelligence dans la confiance et le respect.

C'est avec passion, sans ambition personnelle, que j'ai mené au mieux une équipe qui mérite de la reconnaissance pour le travail titanesque qui est réalisé chaque année, pour que notre Carnaval aboutisse et soit reconnu au niveau national et international et que notre ville connaisse des heures de festivités.


Il est évident qu'un tel travail, génère à chaque édition, du stress, des tensions qui sont oubliés.


Quand les manifestations font le plein,
Quand les visages éclatent de sourires,
Quand les musiques internationales emplissent le terrain du Colisée,
Quand nos majestés saluent le public du haut de leur char,
Quand les enfants passent un après-midi de fête en enfilant le costume de leurs héros préférés...

Aussi, je ne peux admettre, que, chez certains, ces tensions soient devenues prétextes à un manque de respect, à une violence verbale, à des insultes et des propos diffamatoires contraires à nos statuts, à nos engagements.


Au sein du Comité des fêtes toutes, je dis bien toutes les petites mains sont les bienvenues car indispensables, et je rajouterai que celles que l'on voit le moins sont souvent celles qui travaillent le plus, qui sont sur tous les fronts et qui, durent deux week-ends consécutifs passent des nuits blanches pour préparer, débarrasser et installer les différents sites.


La situation sanitaire, le confinement au lendemain de notre Carnaval, n'ont pas aidé aux retrouvailles, aux bilans, aux discussions certes... mais ce soir, nous ne pouvoons que constater que les protagonistes de cette situation n'ont pas eu le courage, la volonté d'être présents, encore une chose que je regrette fortement, car décidément, nous ne saurons pas ce qui nous est reproché.


Mais je vous rassure, il y a du positif car je pars, certes, mais cela était prévu de longue date.

Je pars car le temps est venu de laisser la place,
Je pars sereinement, même si j'aurais souhaité de tout cœur d'autres circonstances.
Je pars mais je n'abandonne pas un navire en difficulté, car le navire je le laisse avec une situation financière très confortable, une situation financière que j'ai eu à cœur de tenir, une situation financière qui permettra à mes successeurs, s'ils le veulent bien, d'offrir aux Chalonnais le Carnaval qu'ils méritent et ainsi de faire perdurer une tradition qui date du Moyen Âge.


Je tiens à préciser que certains auraient souhaité que je sois plus virulent à l'issue de notre 100ème Carnaval, que je provoque, que j'enquête, que je me manifeste plus lorsque nous avons senti que des choses se tramaient dans notre dos, je suis désolé mais ceci est trop loin de l'esprit gôniotique et carnavalesque dans lequel j'ai été bercé.


Notre Carnval, patrimoine cuturelle de la ville de Chalon-sur-Saône vaut mieux que des querelles de basse-cour.

Je pars, je sais que je ne suis pas le seul à déplorer cette situation, certains d'entre nous m'ont confié leur volonté de présenter leur démission, je vois là un signe de soutien à mon égard et je les en remercie, tout comme je remercie ceux d'entre vous, qui, tout en me soutenant, également font le choix de rester dans les rangs pour que la tradition demeure, je vous fais confiance!

Je pars, en rendant hommage à mes prédécesseurs, à ceux qui m'ont inculqué la tradition gôniotique et carnavalesque, à ceux qui ont été à mes côtés, à vous qui êtes là ce soir sans qui rien n'aurait été possible.

Soyez fiers d'avoir porter haut et fort les couleurs de notre Carnaval, car moi je suis fier de vous, il ne peut y avoir de bénévolat sans de belles personnes, vous êtes de belles personnes.

Il est coutume de clôturer notre Carnaval par le Casio, jugement de Cabache, accusé de tous les maux qui tombent sur la ville. Et bien ce soir, je m'interroge: «Et si c'était vrai????»

 

Vive Carnaval!