Société
JARDINAGE - C'est l'heure de feuilleter les catalogues des semenciers
Par Benoit Charbonneau
Publié le 11 Janvier 2024 à 10h43
À l'heure de préparer les premiers semis de printemps, il est bon de se plonger dans le catalogue d'un véritable semencier. On y découvre un vaste choix de variétés et d'espèces, à faire rougir de honte la plus fournie des jardineries.
On dit qu'il existe, pour nous les jardiniers, une grande diversion aux rigueurs de l'hiver : l'arrivée des catalogues de semences. Il est vrai que choisir ses graines en janvier, c'est se projeter dans un jardin verdoyant, dans la douceur du printemps et la chaleur de l'été. C'est aussi l'occasion d'accéder à un catalogue extraordinairement fourni et bon marché, où l'on pourra trouver ce que l'on cherchait, ce qu'on ne cherchait pas, et certainement, des plantes dont on ignorait même jusqu'à l'existence. Plus que jamais, « chacune de nos lectures est une graine qui germe » (Jules Renard).
UN CAS D'ESPÈCE
Quitte à se tourner vers un semencier, autant aller voir du côté de véritables producteurs, dont le parti pris est autant de proposer un choix varié que de préserver des variétés anciennes ou oubliées : ainsi en est-il par exemple de la Ferme de Sainte Marthe, le Biau germe, Germinance, Essem'Bio ou l'association Kokopelli. Vous trouverez dans leurs catalogues exhaustifs des graines de légumes bien sûr, mais aussi de plantes aromatiques ou médicinales, de fleurs, d'engrais verts, de mélanges fleuris, de bulbes ou de tubercules. Autre intérêt, et non des moindres, le coût modique d'une graine par rapport à l'achat d'un plant, environ cent fois moins cher pour les variétés non brevetées.
DES VARIÉTÉS EN PAGAILLE
Le principal intérêt de ce genre de lectures réside dans l'extrême richesse des catalogues. Les plus pointus de ces semenciers vous proposent ainsi pas moins de trente variétés de carottes ou de courgettes, soixante de melons et cent quarante de poivrons… La palme de la diversité revenant évidemment à la tomate, la star de nos potagers, qui, entre les rouges, les jaunes, les vertes (et les pas mûres), les allongées, les rondes ou les « steaks », se décline en trois cent quatre-vingts variétés disponibles ! En fonction du rendement, du calibre des fruits, des qualités gustatives, de la précocité, de la couleur ou de la résistance aux maladies, le plus dur, c'est évidemment de faire son choix.
UN VOYAGE DANS L'ESPACE ET LE TEMPS
Découvrez des goûts venus d'ailleurs avec le cresson de Madagascar pour préparer le plat national appelé « romazava », toute la gamme des légumes asiatiques proches de l'épinard (komatsuna, kangkong, mizuna, mibuna…), les étonnants concombres cornus d'Afrique (kiwano) ou d'Arménie (qui est en réalité un melon), les okras, utilisés dans les cuisines africaines et antillaises, ou l'oca du Pérou, la « poire de terre » venue d'Amérique du Sud. Voyagez aussi dans le temps avec des légumes oubliés, comme le chervis que l'on servait à la table des rois de France, la Mertensia maritima au surprenant goût d'huître, ou encore le chou perpétuel Daubenton, longtemps cultivé comme plante fourragère mais devenu depuis la coqueluche des chefs cuisiniers.
DES USTENSILES VÉGÉTAUX
Avec la chair desséchée de la courge luffa, vous obtenez des éponges végétales tout ce qu'il y a de plus naturelles et durables. Une fois nettoyées et séchées, les graines de la larme-de-job (Coix lacryma-jobi) qui sont naturellement percées d'un trou, s'enfilent comme des perles sur le fil d'un bracelet ou d'un collier fantaisie. Quant aux calebasses (Lagenaria siceraria), ou courges gourdes, vidées de leur chair, elles constituent des récipients ou des objets de déco à peindre pour le moins originaux.
INTROUVABLE AILLEURS
De nombreux légumes ne se vendent pas, ou alors très rarement, sous la forme de plants. Le seul moyen de les cultiver est donc de les semer : salsifis, lentille, quinoa, soja edamame et même… le riz !
Benoit Charbonneau
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