Agglomération chalonnaise

Le maire de Crissey, Éric Mermet, encourage l’implication des habitants

Éric Mermet, 47 ans, sait choisir les mots justes pour évoquer son 2e mandat de maire et les atouts de sa commune, Crissey, en croissance démographique continue. L’intégration des habitants aux projets de l’équipe municipale est un axe fort de ce mandat. Plus d’explications avec Info-Chalon, en présence de Virginie Blanchard, 1re adjointe à la communication.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous représenter ?

J’ai fait mes premiers pas d’élus en 2008, puis en tant que maire en 2014. Lors d’un premier mandat, on apprend à faire les choses. On a donc envie d’utiliser cette expérience lors d’un 2e mandat. Par ailleurs, on a une vision plus précise de la commune, on a démarré des projets qu’on a envie de voir aboutir. D’autant que le mandat précédent a été particulier en termes de finances. La baisse des dotations de l’État et l’endettement assez fort de Crissey ont nécessité de serrer la vis pour retrouver de l’oxygène. On a fait ce travail-là et aujourd’hui, on a les marges de manœuvre nécessaires pour mettre en place un certain nombre de projets, avec, toujours, la volonté de conserver une situation financière saine.

Quelle est votre idée sur le rôle de maire ?

C’est la première porte d’entrée de la République. Celle que les habitants viennent pousser, quelle que soit leur problématique. Il faut donc avoir envie d’être à l’écoute des gens. On n’a pas toujours toutes les réponses, mais on doit, a minima, les aiguiller vers les bons services, soit ici, à Crissey, soit au sein du Grand Chalon.

Présentez-nous l’équipe municipale

Tout d’abord, je préciserai que ma condition pour entamer un second mandat de maire était d’avoir une équipe sur laquelle j’avais envie de m’appuyer. Cette équipe, je l’ai construite. Renouvelée de moitié, elle compte 19 membres — dont 5 adjoints et 2 conseillers délégués — pour une population d’environ 2 500 Crissotins.

Quels sont les atouts de votre commune ?
La situation géographique en fait une commune que je qualifie de « rurbaine » composée à la fois d’une population rurale et d’une autre plus urbaine. Celle-là recherche des services plus nombreux. Et Crissey dispose de cette offre de services parce qu’elle est proche de Chalon et qu’elle est en forte croissance depuis les années 90. Notre politique doit s’équilibrer entre les deux.

Par ailleurs, la proximité de la Saône lui confère un cadre rural : les plaines de la Saône, qu’on appelle ici le lac de Crissey et où passe la voie bleue, constituent un atout supplémentaire. Il y a la partie paysagère et celle, non aménagée, appelée la réserve, où se déploient une faune et une flore qui sont visitées à des fins pédagogiques avec un arboretum, un observatoire à oiseux, des ruches pédagogiques…

Quelles sont les actions prioritaires de ce mandat ?

Nous avons renforcé la commission Communication et relations publiques, menée par la 1re adjointe, Virginie Blanchard. Il s’agit de fédérer les énergies et les bonnes volontés, mais au sens large, c’est-à-dire en intégrant les compétences des habitants à la réalisation des projets de la commune. C’est un axe fort de ce mandat. Pour cela, il est nécessaire de motiver les gens pendant 6 ans. Le partage des informations est l’un des leviers, afin que chacun, parmi les élus et les habitants, se sente impliqué.

Virginie Blanchard : La communication a donc été renforcée autour de 3 cercles : des élus à la population tout d’abord, avec l’application City Wall, la lettre numérique I-Crissey, le panneau lumineux, Facebook et toujours le magazine trimestriel Crissey Info ; des élus aux agents de la collectivité d’autre part : il est capital qu’ils partagent notre vision et nos méthodes ; enfin, entre les 19 membres du conseil, par la mise en place d’outils d’information communs. Ainsi, chaque membre vient aux réunions avec sa tablette — on en prête et on guide les moins familiarisés — et tout le monde y trouve son compte. L’information en ligne est relayée à tous, complète et régulière.

Eric Mermet : La formule de notre campagne « Crissey avec vous » exprimait un engagement très fort de ce mandat : notre volonté d’intégrer les habitants qui ont envie de nous rejoindre pour travailler avec nous sur les sujets précis. Cette volonté est inspirée de la Journée citoyenne à Crissey, qui est la plus dynamique de l’agglo. Le constat était le suivant : peu de gens veulent s’engager sur 6 ans, mais beaucoup ont des compétences qu’ils veulent bien apporter sur des missions ponctuelles. C’est pourquoi l’ensemble de nos projets est organisé en groupes de travail concrets dans lesquels on intègre les Crissotins volontaires. C’est sans doute là qu’il faut comprendre la réussite de cet appel aux compétences des Crissotins, les sujets sont concrets : on ne propose pas de « commission jeunesse ou d’urbanisme », mais par exemple « Aménager le Parc du Coteau en espace zen » ou « Développer la bibliothèque ».

Virginie Blanchard : Lors de la campagne, cette implication des Crissotins était symbolisée par un petit jardin dans lequel chacun pouvait planter une fleur en papier après avoir inscrit sur les pétales ses motivations et les compétences qu’il peut mettre à disposition. Et ça marche très bien ! Les gens choisissent parmi les 26 groupes de travail et nous rejoignent.

Eric Mermet : On constate que les gens ne souhaitent pas seulement des animations, ils veulent “faire”, co-construire un projet commun. « Un sujet vous intéresse ? Alors, venez y travailler avec nous. » C’est un enjeu politique : faire se rejoindre les deux populations que nous évoquions.

Un second axe de ce mandat est de faire de la commune « un éco-village », c’est-à-dire intégrer la préservation de l’environnement à l’ensemble de nos actions. Nous souhaitons également aménager les bords de Saône afin que les Crissotins se réapproprient cet espace naturel.

En ce qui concerne l’école, Crissey dispose là encore de tous les services afférents : crèche, centre de loisirs, cantine, crèche privée. Un atout qui attire de nouveaux habitants, comme en témoigne la vente des logements en lotissements.
Notre projet est de créer un nouveau restaurant scolaire dans un bâtiment existant, l’actuelle cantine étant limitée en termes de places et de normes sanitaires. Ce projet est ambitieux puisque nous allons créer une aile supplémentaire qui accueillera une cuisine. Nous pourrons dès lors fabriquer les repas avec du local et du bio, en visant un objectif : le zéro déchet sur l’ensemble de la chaine. Réduction des emballages de nos fournisseurs, composteur, mais aussi nouvelle organisation des repas en libre-service, avec un service à l’assiette. Les enfants viendront chercher leur entrée, puis iront s’asseoir pour manger, ils viendront ensuite chercher le plat et cela jusqu’au dessert. Ce découpage du repas réduit le gaspillage jusqu’à 75 %, ce n’est pas rien. Ce projet, co-construit avec les habitants dans un groupe de travail, devrait être opérationnel à la Toussaint 2021.

Le tissu économique étant important à Crissey, il est nécessaire de fédérer ses acteurs en réseau professionnel. C’est l’objectif de Dynamique Crissey qui réunit commerçants, artisans et professionnels de la santé. C’est la même dynamique qui a présidé à l’ouverture de notre Maison de la santé : fédérer en créant en amont un projet de santé qui soit ensuite validé par l’ARS, avant de construire le bâtiment, plutôt que l’inverse, construire et chercher à remplir la maison médicale… Et c’est une réussite puisque nous avons bientôt 3 médecins généralistes dans notre commune et une offre de soins satisfaisante.

Que pensez-vous de l’intercommunalité et du rôle du Grand Chalon ?
J’ai un double regard : je suis un élu local et j’ai été vice-président du Grand Chalon sur le mandat précédent.

Je pense que l’intercommunalité est nécessaire pour deux raisons. Tout d’abord, apporte l’expertise que les communes n’ont pas.

Elle apporte également une vision d’ensemble qui assure une cohérence et une vision à plus long terme. Sur certains sujets, il n’est pas souhaitable de prendre des décisions sans tenir compte des communes voisines. Ces sujets nécessitent de prendre de la hauteur pour mieux anticiper. C’est toute la raison d’être du Grand Chalon. Le sujet de l’eau et l’assainissement, par exemple, ont besoin d’une gestion à une échelle plus grande que celle d’une commune, elle sera mieux gérée à l’échelle de l’agglo. À l’inverse, certaines compétences doivent rester proches du citoyen. L’agglo est une addition de communes qui se réunissent avec une même question : qu’est-ce qu’on ne peut pas faire seul, et qu’on ferait mieux ensemble ? 

Propos recueillis par Nathalie DUNAND
[email protected]

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