CRISE RUGBY CHALON - Eric Catinot s'explique pour les lecteurs d'info-chalon.com

A la veille de sortir de sa réserve après la crise qui secoue le rugby à Chalon sur Saône, le coach emblématique de l'ASRCC, a souhaité sortir de son silence. Mise au point sans langue de bois avec info-chalon.com.

C'est un échange vérité qu'Eric Catinot souhaitait nous accorder, considérant que les lecteurs d'info-chalon.com devaient disposer d'autres éléments que ceux publiés depuis quelques semaines. Connu pour son franc parler, le coach de l'ASRCC avoue "ne pas comprendre la crise qui secoue le rugby chalonnais" le tout chiffres à l'appui. D'ici quelques heures, c'est une lettre ouverte de plusieurs pages qu'il souhaite adresser à plusieurs des partenaires historiques du club et de son réseau personnel "histoire de rétablir quelques vérités". 

"Un immense gâchis"

Sollicité par Pascal Guinot après la crise de 2010, Eric Catinot considère "avoir perdu 5 ans de ma vie dans cette aventure. Le club vient de déclarer forfait général et est en passe de dépoler le bilan. Ca n'aurait jamais du arriver. Je tangue entre déception, frustration et colère". "Aujourd'hui de quoi parle-t-on ? On ne connait même pas la teneur des éléments financiers évoqués ici ou là". Sur les montants annoncés dépassant allègrement le million d'euros, Eric Catinot dit ne pas comprendre les allégations qui ne correspondent en rien aux chiffres annoncés en conseil d'administration. "Oui le départ du Président et la démission de deux vices-Présidents a généré une tension dans le club mais des propositions avaient aussitôt étaient formulées sans qu'elles soient retenues". 

"Calommies et diffamations règnent"

Depuis quelques semaines, tout y va dans les commentaires sur les réseaux sociaux, dans la presse, sur les blogs au point que la gestion de l'ère Catinot est clairement montrée du doigt. "Mais on m'accuse de quoi ? En novembre dernier, j'ai proposé un plan d'économie de 150 000 euros, la séparation de deux joueurs, avec à terme l'investissement de 300 000 euros par trois personnalités du club. Pourquoi ne pas s'être inspiré de l'Elan et de sa stabilité autour de ses hommes clefs qui ont su développer leur club et tenir un cap bien défini pour la formidable réussite que les amoureux du sport chalonnais connaissent ? Aucun dirigeant actuel ou ancien n'a réellement essayé de travailler à la mise en place d'un tel plan d'action même si  l'absence de confidentialité n'a rien arrangé".

Le projet de structuration de 2010 s'est étiolé au fil des ans

Eric Catinot rappelle les points d'engagements au lendemain de la crise de 2010 avec les grandes lignes posées sur la table. "Le club a souffert de freins internes alors que le projet initial tournait autour de la formation du joueur et de l'homme, la pluri activité pour contrer les dérives du professionnalisme et pour des raisons économiques. Le côté sélectif de la mémoire chez certains est significatif du triste état d'esprit qui règne aujourd'hui. J'ai validé ce dispositif à forte valeur sociétale. Le 3e axe était celui du territoire avec la volonté de renouer les relations vertueuses avec les clubs voisins et ne pas rentrer en concurrence avec l'Elan en considérant une zone de chalandise plus grande. L'impossibilité d'avoir deux clubs professionnels à Chalon était évidente". 

46e club Français

Face aux critiques, Eric Catinot rappelle le parcours réalisé en moins de 5 ans. Après la relégation, "on est passé d'un club classé entre la 150e et la 310e place à la 46e place nationale et 4e de notre poule, avant les annonces de décembre dernier". "Le virage de la Fédérale 3 a été mal négocié en 2010-2011. Grâce à l'aide des collectivités locales, un niveau de subventions digne de la Fédérale 1 avait été maintenu. Le club aurait du se constituer un fonds de réserve tout en réussissant son objectif de remonter en Fédérale 2". "Depuis deux ans, les multiples changements de gouvernance ont également eu des conséquences négatives sur l'image du club, sa stabilité, sa structuration et son dévéloppement". 

Des joueurs surpayés ? 

Des joueurs rémunérés plus de 4000 euros, un train de vie dispendieux, des frais kilométriques à gogo ? Eric Catinot en rigole. "Non mais sérieusement ! De quoi parle-t-on là encore ? On m'accuse de tout !". Selon nos informations, seulement deux joueurs de l'équipe première pouvait se prévaloir de salaires supérieurs à 3200 euros/brut par mois avec également leur loyer pris en charge. 5-6 autres entre 2000 et 2500 euros/brut et tous les autres au minimum légal. Des chiffres qui n'ont pas été contredits par Eric Catinot. 

Toujours sur le dossier des indemnités kilométriques versés aux joueurs et au staff, et selon les informations recueillies par info-chalon.com, c'est la somme de 240 000 euros annuels qui était inscrite dans la case indemnité kilométrique. Somme sur laquelle repose d'ailleurs pour partie les sollicitations de l'URSSAF. Pour Eric Catinot, même s'il ne lui appartient pas de commenter cette situation, "on a procédé l'année dernière à un plan de réduction des dépenses kilométriques mais avec des joueurs domiciliés à Dijon, Mâcon ou Bourg, à raison de 5 fois par semaine, où est le problème ?". "Mais considérer qu'on avait un train de vie exagéré pour accéder à la Pro D2, c'est impossible. Même avec son budget trois fois supérieur au notre, Nevers n'y arrive pas. Ca fait trois ans qu'on veut un ouvreur de haut niveau à Chalon mais c'est 90 000 euros chargé ! La réalité est là et pas ailleurs. En qualité de manager sportif, seuls les présidents successifs étaient d'ailleurs les seuls habilités à donner leur accord pour la signature des différents contrats avec les joueurs". Sur la question de son fils Kévin qu'il aurait privilégié, là encore Eric Catinot en rigole, "Alain Cordier et Bruno Girard l'ont contacté en novembre 2010 alors qu'il avaient encore trois an de contrat à Saint Nazaire. Il a trouvé seul un travail ici à Chalon par l'intermédiaire d'une annonce à Pôle Emploi". 

"Ici on cherche des boucs émissaires et pas des solutions"....

.....dénonce Eric Catinot qui attend la décision du 9 février alors que le club va déclarer forfait à trois reprises. "J'ai cru lire qu'on pouvait se permettre trois forfaits, c'est juste deux. Je précise au cas où. Quant à l'idée de me voir emmener des joueurs en match sans entrainements et de finir avec un accident  et un handicap, je ne le prendrai pas alors que nous sommes exemptés d'entraînements. Aujourd'hui, je pense à tous ces jeunes qui portent les couleurs du club, à leurs éducateurs et leurs dirigeants qui se sont investis dans ce projet".

Laurent Guillaumé

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