Chalon sur Saône

Ce samedi 12 décembre, la librairie Gibert Joseph de Chalon reçoit la fondatrice des Editions Mutine : Marie-Thérèse Mutin

Ce samedi 12 décembre, la librairie Gibert Joseph de Chalon reçoit Marie-Thérèse Mutin, la fondatrice des éditions Mutine [1], ainsi que deux des écrivains que celle-ci a publiés : Robert Coulon et Laurent Vignat. Pour qui connaît un peu cette proche du regretté Jean Poperen, qualifié de « minoritaire pour l’éternité » par Libération au moment de son décès [2], c’est beaucoup plus qu’une « simple » rencontre avec une éditrice que vous propose ainsi la librairie Gibert. En effet, en l’invitant ce samedi, Gibert vous permet de rencontrer une femme qui a œuvré, entre 1971 et 1981, à la conquête du pouvoir par la gauche, sur la base d’une « rupture avec le capitalisme », tout en demeurant, passées les années de déception, une vraie femme de gauche. Une vraie femme de gauche qui n’a pas la langue dans sa poche.

Institutrice de profession, Marie-Thérèse Mutin a adhéré au Parti socialiste en 1971. Peut-être moins pour Mitterrand que pour Jean Poperen, « l’un des artisans essentiels du rassemblement de la gauche et des forces populaires » [3], un homme intimement convaincu qu’il n’y a « pas de parti sans base militante, pas de gouvernement durable sans fidélité aux promesses, pas de succès politique pour la gauche sans le rassemblement de toutes ses composantes et sans un lien puissant avec le mouvement social » [3]. Bref, un homme qui, de nos jours, serait probablement une sorte de curiosité au PS. A tout le moins le vestige d’une époque qui semble définitivement révolue.

Coordinatrice du courant « poperéniste » au sein de ce parti de 1991 à 1997, Marie-Thérèse Mutin a aussi été maire de son village (Cessey-sur-Tille) de 1974 à 1995. Un mandat qu’elle a cessé de briguer à cette date. Pourquoi ? Parce que, « « outre le cumul des mandats, le cumul dans le temps est aussi un fléau de notre démocratie. 21 ans d'un mandat pleinement assumé, mais la routine qui s'installe, la lassitude face aux démarches administratives de plus en plus contraignantes pour mener à bien le moindre projet. Il était temps de passer la main à de plus jeunes, plus enthousiastes, avant que les électeurs ne me jettent ! »

1995, ce n’est pas seulement le moment où Marie-Thérèse Mutin a décidé de ne plus être le premier magistrat de sa commune. C’est aussi la fin de sa carrière d’institutrice et le début d’une toute nouvelle aventure pour cette toute jeune retraitée : celle des Editions Mutine, organisée sous forme d’association de type « loi de 1901 », désormais forte de 200 adhérents.

Car à partir de cette date, Marie-Thérèse Mutin choisit de prolonger son action politique autrement. En créant une maison d’éditions, où elle publie « ses coups de cœur », et qui a fêté ses vingt années d’existence le 18 novembre dernier, à Dijon, en présence de 14 des 40 auteurs publiés par cette dernière. Mais aussi en écrivant. A ce jour, une quinzaine d’ouvrages « à travers lesquels elle explore son monde des “gagne-petit”, des gens sans destin grandiose mais qui essaient de vivre, avec leurs joies, leurs peines, leurs difficultés, dans un monde dur, sans repères, où le fric tient souvent lieu de morale ». Parmi ces ouvrages, celui sur son mentor politique : Jean Poperen [3]. Des romans aussi, dont Tu seras comme l’oiseau dont je serai le nid [4]. Et, prochainement sans doute, une autobiographie politique. En effet, Marie-Thérèse Mutin, qu’Info-Chalon a contactée, a confié à votre site d’information en ligne qu’elle travaillait à un tel projet.

« Désespérée par le monde politique actuel », Marie-Thérèse Mutin a en effet décidé de (re)prendre la plume. A l’entendre, ce qui l’a particulièrement incité à le faire, c’est d’avoir entendu l’actuel Premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, expliquer qu’il fallait atteindre la barre des 500 000 adhérents : « 500 000 adhérents ?! Mais comment compte-t-il les atteindre ? J’ai adhéré en 1971, au moment d’une épopée : celle de l’Union de la gauche, du Programme commun, de la victoire le 10 mai 1981. On n’a jamais été plus de 230 000 adhérents. Aujourd’hui, le PS n’a plus de projet, plus d’idées, même plus de stratégie politique. Il compte faire 500 000 adhérents sur du vent ? L’entendre dire cela, ça m’a profondément énervée. Alors je me suis lancé dans cette biographie. En ce moment, je suis dans ‘’la descente aux enfers’’. Je ne sais pas si je finirai un jour. En attendant, j’essaye de trouver les raisons de ce désastre. Car tout se délite. En fait, je ne suis plus indignée mais désespérée. Mais ça ne suffit pas. Il ne suffit pas de dire ‘’c’était mieux avant’’. Dans cette biographie, je compte me pencher sur le comment faire pour que cela change. » Sans doute un bien vaste programme… Mais que Marie-Thérèse Mutin semble tout à fait disposée à aborder avec ceux qui viendront la rencontrer ce samedi 12 décembre, dans les locaux de la librairie Gibert de Chalon-sur-Saône.

S.P.A.B.

[1] Voir le site de cette maison d’éditions :

http://editions-mutine.over-blog.com/

[2] Voir l’article en question :

http://www.liberation.fr/france-archive/1997/08/25/jean-poperen-minoritaire-pour-l-eternite_212573

[3] Marie-Thérèse Mutin, Jean Poperen, tel qu’en lui-même, Les éditions Mutine, 2006, 493 p, 24 euros

[4] Marie-Thérèse Mutin, Tu seras l’oiseau dont je serai le nid, Les éditions Mutine, 2013, 162 p, 15 euros

Samedi 12 décembre – Librairie Gibert Joseph de Chalon – à partir de 15 heures

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