Chalon sur Saône

DROIT RETRAIT SNCF - Quand le sage montre la sécurité, l'idiot regarde le doigt... et pointe la grève !

Info-chalon.com est allé à la rencontre d'un contrôleur et d'un conducteur de train. Et les vérités érigées par les uns sont bien loin de celles du terrain. Les explications d'info-chalon.com.

Ils sont délégués du personnel CGT Cheminot certes mais avant tout des professionnels aguerris. L'un est contrôleur depuis bientôt 38 ans, et l'autre conducteur de frêt depuis 22 ans. L'un et l'autre n'ont jamais connu un tel mouvement d'ampleur tel que celui provoqué par l'accident des Ardennes de la semaine dernière. Alors qu'aussitôt politiques et autres ont crié avec les loups dénonçant "la prise d'otages des usagers", "la défense du statut", "la répétition de la grève du 5 décembre", Gérard Simon et Fabrice Bagnis ont souhaité dépasser le stade du brouhaha médiatico-politique et resituer intellegiblement les choses. 

"Il y a une volonté d'envenimer les choses de la part de la direction". 

Pour rappel, l'accident qui s'est soldé par un simple accident dans les Ardennes, aurait pu être bien plus grave. Et c'est toute cette problématique qui est pointée du doigt depuis quelques années par les agents SCNF. "Par jour, ce sont plus de 6000 trains qui circulent sur le réseau avec à leurs bords, un seul agent, à savoir le conducteur. On nous parle des fameux 5 S de la SNCF à longueur de temps  de la fameuse boucle de rattrapage mais concrètement la sécurité des voyageurs n'est plus assurée". Pour Fabrice Bagnis, "les balises radio intégrées dans la face avant qui sont censées déclencher une réponse immédiate des autres trains sont régulièrement endommagées. On réclame depuis longtemps un blindage ou tout simplement le retour en usine de ces trains dont les balises ne sont pas opérationnelles. On nous a vendu la suppression du personnel par un renforcement de la technicité et on voit le résultat. Il y a danger mais finalement on se contente de pointer la grève plutôt que de voir la réalité en face". 

"Si les balises ne fonctionnent pas... le protocole veut que le conducteur intervienne à pied !"

Et c'est bien là toute la question qui a été soulevée à l'occasion de l'accident des Ardennes, "et pas autre chose, n'en déplaise aux éternels commentateurs". "Que s'est-il passé ? le conducteur a du s'extraire du train, emprunter à pied la ligne avec une signalétique pour signaler au train arrivant en face la défaillance. Si on veut même aller plus loin, que ce serait-il passé si le conducteur avait été défaillant, blessé dans l'accident ?".

"Dès vendredi soir, on a demandé à la direction de redéployer les 60 contrôleurs dans les trains sans personnel. C'était un coup zéro pour la SNCF. On a eu une fin de non-recevoir par la direction nationale alors que ça ne coûtait rien à la boîte" enrage Gérard Simon. "On reprenait tous le boulot dès le vendredi soir. Il y avait unanimité des organisations syndicales sur le dossier. La direction avait tous les moyens de prendre cette décision et d'éviter ce mouvement, et je le répète pour un coût zéro". 

"Les inspecteurs du travail ont mentionné le risque qui pesait sur les usagers"

Les premiers rapports d'inspection du travail ont fait remonter les risques qui pesaient sur les usagers. "Qu'est ce que la direction veut ? un accident mortel pour enfin réagir ?". Ce vendredi, le rapport commandé par la direction va délivrer ses premières conclusions sur l'accident de la semaine dernière, des conclusions qui viennent corroborer la position de Gérard Simon et Fabrice Bagnis, qui déplorent au passage ces polémiques politico-médiatiques sans maîtriser véritablement le sujet de fond, à un point tel que le mouvement du 5 décembre est loin d'être leur priorité.

Laurent Guillaumé 

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