Chalon sur Saône

Folkeuse, Nolwenn Leroy a réexploré à Chalon un patrimoine universel

Plus de quatre ans et demi, depuis le 28 mars 2015, qu’elle n’avait pas foulé la scène de la salle Marcel-Sembat, Nolwenn Leroy. Un bail. Une éternité même pour les enivrés de sa personnalité artistique, et pour certains d’entre eux ne considérant point les kilomètres à faire comme un obstacle majeur pour émarger à Chalon-sur-Saône, qui désiraient ardemment ce jeudi soir se (re)plonger avec ravissement dans l’univers pétri d’authenticité de la Bretonne bon teint.

Revisiter le passé afin de lui redonner son lustre d’antan

Cette fois c’était pour le Folk Tour que la lauréate de la Star Academy de 2002 aux sept albums, dont le dernier, Folk, tombé dans le domaine public en 2018, que l’auteure-compositrice-interprète-musicienne avait à populariser davantage, en l’imageant du mieux qu’elle pouvait.

Servie sur un plateau par ses cinq musiciens (une harpiste, un batteur-percussionniste, un bassiste et contrebassiste, un claviériste, ainsi qu’un guitariste), un climat ambiant intimiste et acoustique afin d’ être au plus près de celles et ceux pour qui le fait d’être en communion intellectuelle s’assimilait à un acte de foi en bonne et due forme, la chanteuse à la voix chaude, enveloppante, entêtante possédant une gravité emmenant sur son sillage les férus de sensations fortes, aura tenté de rendre au centuple ce qu’elle recevait.

Sans coup férir, mais grâce à un investissement, une incontestable présence physique, au point de se faire lever à plusieurs reprises son public durant le tour de chant, qui pour l’honorer, qui pour se trémousser, signaux manifestes d’un contentement à son apogée. Par les temps qui courent avides de frimas, on se serait presque cru au coin du feu en sirotant ces chansons folk agissant comme un fortifiant, et un remède aux bassesses de l’existence. Dans son album Folk qui remet au goût du jour les années 70 et la variété française, avec en particulier des ballades romantiques pour partir en balade par la pensée constructive, Nolwenn Leroy repart sur les traces de quelques-uns de ses glorieux prédécesseurs.

A l’aide de titres tels que Ma petite fille de rêve (Jean-Michel Caradec), So Far Away From L.A. (Nicolas Peyrac), La Rua Madureira (Nino Ferrer), Virages (Yves Duteil), ou flirtant avec les années 90 par le biais de Je t’aimais, je t’aime, je t’aimerai (Francis Cabrel)… Les chansons qui sont plus spécifiquement dans son giron ont également piqué une tête dans la frénésie collective : Je ne serai jamais ta Parisienne, ou Juste pour me souvenir. Bien entendu la Bretagne bretonnante a eu à nouveau ses moments de gloire. En atteste la frémissante Tri martolod…Revenue à l’instant du rappel par la magie du ban bourguignon, qu’elle connaît sur le bout des doigts et qui lui aurait fait défaut si manquement à ce grand classique au plan local, Nolwenn finit en douceur sur le piano en incitant ses ouailles à rejoindre les bras de Morphée…

                                                                                                                           Michel Poiriault

                                                                                                                           [email protected] 

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