Chalon sur Saône

La crise de l'hôpital public au cœur du ciné-débat mardi dans les locaux du PCF du Grand Chalon

Hier soir, dans les locaux de la fédération de Saône-et-Loire, la section PCF du Grand Chalon organisait un ciné-débat avec les représentants syndicaux des hôpitaux de Chalon-sur-Saône et de Sevrey sur la crise de l'hôpital public. Plus de détails et retour avec Info Chalon sur cette soirée qui préfigure la chaîne humaine du samedi 15 février, autour du Centre hospitalier William Morey.

Mardi, à 19 heures 30, la section du Parti Communiste Français (PCF) du Grand Chalon donnait rendez-vous dans les locaux de la fédération de Saône-et-Loire, 30 Rue Théodore de Foudras, pour la projection de «Hôpital au bord de la crise de nerfs» (2003), un documentaire de Stéphane Mercurio.


Synopsis:À l'hôpital de Gonesse, c’est tous les jours qu’il faut faire des miracles, en ce début 2003. une cinquantaine de lits sont fermés faute de personnel. Ces fermetures de lits, récurrentes depuis des mois, désorganisent tout l'hôpital. Personne ne panique, mais le problème est récurrent : en plus du manque de lits, il y a le manque de places et de personnel...Tandis que les soignants s’affairent autour d’un malade en réanimation, ça bouge aussi dans le box à côté et au téléphone, ça s’inquiète ferme. On case les malades dans des services qui ne les concernent pas, faute de place ; une greffe de cornée poireaute dans le couloir, un pneumologue se retrouve à soigner des problèmes éthyliques, on fait sortir les malades plus tôt que prévu et on s’arrache les cheveux pour faire les plannings...


De scènes en scènes, «Hôpital au bord de la crise de nerfs» nous plonge dans l'univers souvent absurde et même cocasse dans lequel se débattent les acteurs de l'hôpital - soignants, administratifs - pour que «ça fonctionne» envers et contre tout.


Filmé à la façon de «Strip-tease», la série documentaire belgo-française culte de France 3, ce documentaire raconte la crise dans laquelle est plongé l'hôpital public aujourd'hui, sans s'arrêter à la porte d'entrée de l'hôpital - les urgences - mais en allant au-delà, jusque dans les coulisses, jusqu'à l'administration.


La projection du documentaire était suivie d'un débat animé par Jean-Michel De Almeida, co-secrétaires du PCF du Grand Chalon.


17 ans après la sortie de ce documentaire, le malaise actuel de l’hôpital public perdure, une crise de perte de sens.


«Ça n'a pas changé et c'est pire!», s'exclamera une spectatrice juste après la fin du générique.


Ainsi, à la vision médicale de l'hôpital s’oppose une vision managériale à dominances économique et budgétaire. La qualité des soins a visiblement cédé la priorité au volume de soins réalisé. Le nombre de lits et de personnels soignants est devenu les variables d'ajustement de la dépense. Le résultat est une régression des valeurs médicales fondatrices au profit de valeurs économiques.


C'est également un problème d'ordre financier car si l'objectif des dépenses d’assurance-maladie est national, la distribution des financements est fragmentée entre les soins de ville, l’hôpital, la prévention et le social, gérés par des instances différentes. L’évaluation se fait sur des volumes et des procédures, et non sur des résultats.


Le mode de financement actuel (tarification à l'activité) aiguisant, d'ailleurs, la concurrence au détriment de la complémentarité et génère des effets pervers sur la pertinence des soins et les décisions d’hospitalisation.


Une crise sociétale, qui impacte l'hôpital et ses personnels: la réduction du temps travail et les choix de vie ont modifié les comportements et les modalités d'exercice ; les patients acteurs de leur propre santé exigent une nouvelle relation médecin-malade.Certains des intervenants évoquaient la dégradation des conditions de travail des personnels soignants est liée à l'augmentation de la charge de soins par patient et l'absence de remplacement des personnels, sans oublier le déficit de reconnaissance et de valorisation des carrières, avec un sentiment croissant de déclassement.


Parmi les participants, Alain Challot et Hervé Maillot, représentants CGT du Centre hospitalier William Morey de Chalon-sur-Saône, Pierre Du Mortier, secrétaire général CGT Santé du du CHS de Sevrey, Nathalie Leblanc, cheffe de file de la liste Cultivons Chalon, Laurent Delrieu, chef de file de la liste Changeons Chalon, Mourad Laoues, conseillier municipal de l'opposition et chef de file de la liste Bien Vivre à Chalon 2020, Fabienne Vermorel, Dolorès Arnao, co-trésorières de la section du PCF du Grand Chalon, et Bruno Legourd, ancien directeur de l'hôpital de Chalon et colistier de En Avant Chalon, pour ne citer qu'eux.

 

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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