Chalon sur Saône

Hommage aux Harkis ce vendredi à Chalon-sur-Saône

Vendredi matin, la ville de Chalon-sur-Saône rendait hommage aux Harkis sur l'Esplanade de la Légion d'Honneur. Ces supplétifs et soldats indigènes qui servaient l'armée française lors de la guerre d'Algérie et dont on honore la mémoire chaque 25 septembre. Détails et retour en images avec Info Chalon.

Depuis 2003, chaque 25 septembre, la Journée nationale d'hommage aux Harkis, permet d'honorer ces soldats ainsi que les autres membres des forces supplétives de l'armée française (Mokhzanis, groupes d’autodéfense et GMS) qui ont joué un rôle important comme auxiliaires des troupes françaises pendant la guerre d'Algérie, de 1954 à 1962.


Dans l'Histoire de chaque pays, alternent les épisodes embarrassants et d'autres qui donnent lieu à des célébrations exaltant la foi patriotique. L'abandon des Harkis, à la suite des Accords d'Évian du 18 mars 1962 et le cessez-le-feu du 19 mars aboutissant à l'indépendance de l'Algérie, fait partie incontestablement de la première catégorie.


Les Harkis, ces sacrifiés d'Évian


En effet, ces accords ne prévoient aucune protection à l'égard de ceux restés fidèles à la France. Le gouvernement Debré avait donné alors l'ordre de dissoudre les unités supplétives. Le ministre des affaires algériennes, Louis Joxe, menace de sanctions ceux qui aident les «rapatriements prématurés».


Durant cette période (et même au-delà), abandonnés par les autorités françaises et livrés à la vindicte des Algériens qui les considéraient comme des traîtres, près de 150 000 d’entre eux furent massacrés par les troupes du Front de Libération Nationale (FLN).


Seuls 91 000 personnes au total, en comptant leurs familles, sur un nombre total de supplétifs évalué entre 200 000 et 250 000 individus, ont été rapatriées entre 1962 et 1968.


Souvent regroupés dans des camps comme Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), Bias ((Lot-et-Garonne) et Saint-Maurice-l'Ardoise (Gard) ou les 75 «hameaux forestiers» isolés, majoritairement situés dans la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, les Harkis rescapés ont vécu avec leurs familles dans des conditions précaires qui ont perpétué leur exclusion, avec un taux de chômage très élevé parmi leurs enfants.


De nos jours, les Harkis et leurs descendants représenteraient en France environ 500 000 personnes. Contrairement aux Pieds-noirs et aux Juifs d'Algérie, ils n'ont pas été considérés comme des «rapatriés» mais comme des «réfugiés».


L'histoire tragique des Harkis ravive les plaies profondes d'une page douloureuse de l'histoire de la France, 58 ans après la guerre d'Algérie.


Une cérémonie sans harkis à Chalon-sur-Saône


Vendredi 25 septembre, 11 heures, à Chalon-sur-Saône, les autorités et les associations des Anciens combattants ont célébré la Journée nationale d'hommage aux Harkis et aux membres des formations supplétives, sur l'Esplanade de la Légion d'Honneur.


Après le traditionnel Chant des Africains, Jean-Jacques Boyer, sous-préfet de Chalon-sur-Saône, a lu un message de Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, Florence Parly, devant l'assistance.


«Ils avaient pour mission d'assurer la sécurité de points stratégiques, de villages et d'espaces parfois très étendus. Ils participaient à des opérations militaires et maintenaient un contact avec la population. Dans des temps difficiles, ils ont choisi la France. Ils l'ont servie avec loyauté et abnégation. Pour cela, l'histoire des Harkis fait pleinement partie de l'histoire de France. Cette histoire est également douloureuse, car elle est aussi le récit d'un abandon et d'un déracinement».


Aux côtés du sous-préfet, étaient présents, de gauche à droite, le lieutenant-colonel Éric Jaillard, qui représentait l'Ingénieur en chef de 1ère classe, Sylvain Hilairet, commandant de la Base pétrolière interarmées et commandant d'Armes de la place de Chalon-sur-Saône, Amelle Deschamps, adjointe au maire de Chalon-sur-Saône en charge des affaires sociales, conseillère départementale et vice-présidente du CCAS de Chalon-sur-Saône, représentant le président du Conseil départemental de Saône-et-Loire, André Accary —, Marie Mercier, sénateur de Saône-et-Loire, Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône, Raphaël Gauvain, député de la 5ème circonscription de Saône-et-Loire, Nathalie Leblanc, conseillère régionale et municipale, représentant Marie-Guite Dufay, la présidente du Conseil Régional de Bourgogne Franche-Comté, et Sébastien Martin, président du Grand Chalon.


Les portes-drapeaux étaient encadrés par Marcel Landré, de l'Union Nationale des Parachutistes (UNP) — section 712 Guy de Combaud-Roquebrune —.


Ensuite, furent déposées les gerbes remises par les associations patriotiques et les élus locaux puis le Salut aux morts avant de finir par La Marseillaise.

Notons qu'aucun harki n'était présent à cette cérémonie mais ils étaient représentés par Jacques Commaret, président des Harkis de Saône-et-Loire. Étaient également présents, Évelyne Lefebvre, adjointe en charge des espaces verts et du développement durable, Fabrice Faradji, conseiller délégué Grands équipements sportifs, Isabel Paulo, conseillère déléguée Actions en direction des jeunes, Serge Rosinoff, conseiller du maire de Chalon-sur-Saône chargé de mission Mémoire et monde patriotique, Alain Rousselot-Pailley, conseiller municipal de l'opposition, Claude Péran, président de l'Association Chalonnaise des Français d'Afrique du Nord, d'Outre-mer et leurs Amis (ACFANOMA), Jean-François Drillien, président du Comité de Chalon-sur-Saône de la FNACA, le major Régis Poiraud et Bernard Loiseau, président départemental UNADIF-FNDIR de la Saône-et-Loire, pour ne citer qu'eux.


La cérémonie a pris fin un peu avant midi.

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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