Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - Il sort du magasin, une doudoune sur le dos...sans la payer ... en présence d'un policier de la BAC

Il est sorti du magasin Intersport avec la doudoune, comme ça, sans la payer. Un témoin de cette scène l’a coursé. Pas de bol (pour le voleur), le témoin est policier de la BAC, autant dire que la course a pris fin rapidos. Retour au magasin, restitution de la doudoune, on attend les collègues policiers. L’homme a 31 ans, il est de nationalité géorgienne, il est en état de récidive légale. Les faits ont eu lieu hier mercredi vers 11 heures du matin, il est jugé ce jeudi 12 décembre selon la procédure de comparution immédiate.

L’objet du délit est donc un anorak de marque Northface, vendu 399 euros TTC, ce qui nous fait un prix hors taxe de 332,50 euros. La police trouve dans les poches du voleur une pince coupante et un cutter, ainsi que des morceaux de l’antivol du blouson. Le prévenu accepte d’être jugé sur le champ mais préfère ne pas répondre aux questions du président Dufour, « il ne se sent pas bien », précise l’interprète. Soit. En audition, l’homme a expliqué « j’avais froid, j’avais pas d’argent, j’ai pris une doudoune bien chaude ».

Maître Guignard évoquera l’état de nécessité sans le défendre absolument, tant les vêtements à donner regorgent. Cela étant il insiste sur la faiblesse du préjudice, et l’absence de partie civile. Le vice-procureur avait requis 7 mois de prison (4 mois fermes et révocation d’un sursis) avec placement en détention. C’est que le casier de ce monsieur ne parle que de vols. Des petits vols, mais des vols, et puis une convocation à Bourg-en-Bresse, toujours pour ce motif, est à venir. Le prévenu est arrivé en France en 2015. Il dit qu’il est hébergé à titre gratuit par un ami à Saint-Genis Laval, qu’il souffre d’une hépatite C, que le traitement médical de cette pathologie n’existe pas dans son pays natal, alors il est venu pour se faire soigner.

Pour autant il n’a pas introduit de demande de carte de séjour. Un des juges assesseurs lui demande quels sont ses projets pour l’avenir. « Je ne veux qu’une seule chose : me soigner, et avoir une autorisation de travail en France, car je suis footballeur et je voudrais continuer ça ici. » On se dit qu’on n’y comprend rien mais que somme toute c’est Noël et qu’il n’est pas interdit de s’imaginer devenir footballeur avec une hépatite C. On se dit surtout qu’il dit ce qu’il veut, qu’on n’a rien pu vérifier, et vogue la galère, puisque dans tous les cas de figure c’en est une.

Le tribunal le déclare coupable, le condamne à 2 mois de prison et décerne mandat de dépôt. « Vous allez être écroué aujourd’hui, monsieur. Avez-vous un traitement pour vos problèmes de santé ? » L’interprète transmet la réponse : « Oui, mais le traitement est en pause pour permettre au foie de se reposer un peu. Le traitement reprend dans deux mois. » Monsieur veut-il voir un psychiatre à son arrivée au centre pénitentiaire ? Non. On n’entend plus, dans la salle, que les cliquetis des crans des menottes qu’un policier de l’escorte resserre autour de ses poignets.

Florence Saint-Arroman

http://www.euro.who.int/fr/countries/georgia/news/news/2015/07/georgia-sets-sights-on-eliminating-hepatitis-c  (l’article est en français)

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