Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - Ils attendaient un témoin venant de l'étranger mais pas de bol le coronavirus en aura décidé autrement

Le grand soir n’aura pas lieu pour ces deux-là. Le fameux témoin censé venir à l’audience blanchir les deux prévenus poursuivis pour blanchiment d’argent est coincé, car les frontières sont fermées.

Eh oui, entre le 24 février et le 26 mars, le monde a basculé dans un risque de pandémie qui a bouleversé nos vies. Du centre pénitentiaire où ils sont détenus provisoirement, ils doivent en savoir quelque chose ces deux roumains installés en Espagne.

Pour mémoire (on peut lire le récit de la 1ère audience ici : https://www.info-chalon.com/articles/faits-divers/2020/02/25/42945/tribunal-de-chalon-plus-de-100-000-euros-planques-dans-le-plafond-de-la-mercedes/) les deux amis, âgés de 48 ans, ont été contrôlés alors qu’ils traversaient la France dans la voiture de l’un d’eux, le 19 février dernier sur l’aire du poulet de Bresse à Dommartin les Cuiseaux. Le chien des douaniers a marqué, alors on a fouillé la voiture et les deux hommes.
Dans le plafond du véhicule, 9 paquets, soit près de 90 000 euros emballés dans du papier alu. Dans la boîte à gant : 8 000, dans les portefeuilles et dans les poches : presque 3 000 euros. Le chien a marqué… « ça ne veut rien dire, plaide maître Beghidja venu de Lyon en plein confinement pour les défendre. Ça ne veut rien dire, le chien a pu sentir une dizaine de billets sur la totalité, ça ne prouve rien. »

Ça ne prouve pas l’origine illicite des billets ? L’avocat est contrarié que son grand témoin ne soit pas là, et que le tribunal ait rejeté sa demande de renvoi. Il est contrarié mais qu’aurait-il pu faire contre les faits et leurs qualifications ?
Le seul fait de la dissimulation, disent l’agent des douanes présente à l’audience, et la représentante du ministère public, suffit à caractériser l’intention de cacher un délit douanier. Il fallait déclarer l’argent et voyager avec tous les justificatifs afférents. De surcroît les hommes reconnaissent au moins deux voyages antérieurs de même nature.
La défense maintient que cet argent fut prêté par un compatriote pour aider à monter une société de fruits et légumes, mais tout sonne un peu faux. Jusqu’aux deux contrats de travail produits par les prévenus : ils les signent en mai 2019, « mais quand ils ont vu que ça leur retirait le droit au chômage, ils ont arrêté, et ont travaillé de manière officieuse ». C’est joliment dit, mais ?!?

Le parquet avait requis 15 mois, le tribunal les déclare coupables et les condamne à 10 mois de prison, ordonne leur maintien en détention. « Aucun aménagement de peine n’est possible au regard de la nationalité et du lieu de résidences des condamnés. » Amende douanière de 101 000 euros. Confiscation de tous les scellés.

« Compte-tenu des circonstances exceptionnelles que nous traversons, le délai d’appel est porté à 20 jours », précise le président.

Florence Saint-Arroman

Note : La direction interrégionale de l’administration pénitentiaire nous a dit lundi dernier que tous les agents portaient des masques, ce n’est pas tout à fait exact. Les différentes surveillantes que nous avons vues à l’écran à la fin des visio depuis 10 jours n’en portent pas. Cela étant, si il y avait suffisamment de masques pour tout le monde, on le saurait.

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