Grand Chalon

Joëlle Schwob, maire de Châtenoy-en-Bresse : « Nous souhaitons faire partie du réseau ZOOM du Grand Chalon. »

Châtenoy-en-Bresse, à 5 km de Chalon-sur-Saône, fait partie de la première couronne du Grand Chalon. Sur la carte, c’est indéniable, mais dans les faits ? Son maire, Joëlle Schwob, et trois de ses adjoints font entendre leur voix.

Qu’est-ce qui vous a poussée à vous présenter ?
Lorsque j’étais adjointe sous le mandat d’Alain Rousselot-Pailley, notre conseil municipal avait entamé des projets que nous voulions voir aboutir. Le travail n’était pas fini. Aujourd’hui, je suis retraitée militaire, ma nouvelle disponibilité me permet donc de poursuivre ces actions, avec le noyau dur et les nouveaux membres de conseil.

Quelle est votre idée sur le rôle de maire ?
J’y vois deux aspects. À titre personnel, je le vis comme une continuité logique de l’action citoyenne. Ces valeurs, que je portais déjà en moi dans ma carrière militaire, je les porte encore aujourd’hui, mais sous l’écharpe tricolore !
Par ailleurs, une notion est capitale dans ce rôle, c’est celle de proximité. Et, dans une commune de la taille de la nôtre, avec cet « esprit village » qui est le nôtre, le contact et les échanges avec la population sont possibles, c’est même notre quotidien. Par exemple, lors de la crise sanitaire du Covid, 4 à 5 élus allaient frapper chez les gens les plus vulnérables, faisaient leurs courses, etc.

Présentez-nous votre équipe municipale
Le conseil municipal de Châtenoy-en-Bresse, composé de 14 conseillers, gère 1 140 habitants. Il y a 4 adjoints : Benoit Clément, Pascale Letourneau, Agnès Philippe et Georges Frost. Nous n’avons aucune étiquette politique : seul compte l’intérêt du village.

La nouveauté est la création de la commission Développement durable. Nous initierons des actions et une communication est nécessaire pour faire connaitre ce sujet. Nous constatons que les aînés ne changent pas facilement leurs habitudes, par exemple le tri des déchets, et que les très jeunes ne se sentent pas concernés. Finalement, c’est la tranche d’âge des 30-40 ans qui prend le mieux conscience de ces valeurs, peut-être parce qu’ils ont des enfants.

Il y a beaucoup de jeunes dans le conseil et la parité est respectée, puisque la population compte plus de 1 000 habitants. Cet objectif n’est pas facile à atteindre. Mais nos jeunes conseillers se montrent intéressés par le devenir de leur village, ce qui est important parce que nous voulons leur apprendre ce qu’est la gestion d’une commune pour ensuite « leur passer la main ». Quant aux jeunes femmes, elles ont souvent des enfants en bas âge en plus de leur métier, leur engagement est donc un effort à saluer.

Quels sont les atouts de votre commune ?
Le patrimoine environnemental, tout d’abord : le cœur du village, c’est le château, son parc et ses dépendances. Le parc animalier est fréquenté par beaucoup de gens extérieurs au village — dont les Chalonnais — et il attire, surtout, de nouveaux habitants. Le cadre, l’esprit village et les bords de Saône sont un atout et séduisent suffisamment pour motiver les gens à s’installer ici. La situation géographique également : nous sommes à 5 km de Chalon, ça veut dire à 15 min du cinéma et la Roseraie Saint-Nicolas, gérée par le Grand Chalon, est située sur la commune de Châtenoy-en-Bresse…

Sur le plan économique, nous avons une zone artisanale et commerciale, développée au départ par notre commune puis gérée par le Grand Chalon. Des artisans (pépiniériste, maçon, restaurant, café, coiffeur…) et un pôle santé (médecin, infirmière, kiné).

Bien sûr, une école maternelle et élémentaire et, pour les séniors, bientôt une maison « Âges & Vie ». Nous avons apprécié cette nouvelle forme d’hébergement : ce n’est ni un EHPAD ni une maison de retraite. C’est un domicile partagé entre 7 à 8 résidents, autour d’un espace convivial qui laisse une autonomie.

Quelles sont les actions prioritaires que vous engagez ou poursuivez ?
Nous finalisons un projet amorcé sous le mandat précédent : la construction d’une halle intergénérationnelle semi-couverte, dans le parc du château. La commune ayant bénéficié du legs d’une habitante, nous cherchions un projet qui puisse profiter à tout le monde. Cette construction sera l’opportunité de créer du lien par des manifestations diverses, sans craindre les aléas de la météo. Elle abritera par exemple nos animations : Marché de Noël, Brocante en juin et, en lien avec le développement durable, nous étudions la faisabilité d’un marché bio, avec des producteurs locaux.

Dans le même esprit, et en renforçant notre identité village — nous sommes en effet aux portes de La Bresse, terre maraîchère avant tout — nous aimerions créer un potager partagé. Les séniors pourraient transmettre leur savoir-faire aux enfants de l’école.

Qu’attendez-vous de l’intercommunalité et du rôle du Grand Chalon pour votre commune ?
La gestion d’une petite commune a beaucoup évolué, et au-delà de 1 000 habitants, les contraintes administratives s’amplifient. Nous attendons donc un support technique et des compétences spécifiques, sans pour autant être entièrement gérés.

Un dossier, souvent évoqué avec le Grand Chalon, devient particulièrement urgent : la liaison douce avec Chalon. La route des bords de Saône en direction de Chalon est devenue très fréquentée par les voitures, c’est une voie de délestage. Nous sommes quasiment revenus à la situation de 1992, avant la construction du pont Nord. L’emprunter à vélo, sans piste cyclable, est dangereux. J’aimerais porter à nouveau ce sujet, qui s’intègre parfaitement à la loi Mobilité.

De même, nous n’avons pas de bus du réseau Zoom à Châtenoy-en-Bresse. Il y a le bus scolaire, matin et soir, et le service à la demande (on appelle un taxi). Mais ce service ne fonctionne pas, les gens sont réticents. Châtenoy-en-Bresse doit être la seule commune de la 1re couronne à ne pas être intégrée au réseau Zoom ! Nous devons offrir ce service de proximité à nos jeunes et à nos aînés.

Notre voix, quelle que soit la taille de notre commune, doit être entendue par le Grand Chalon. Pour cela, il faut s’investir : faire partie des commissions, accepter les délégations qu’on nous propose. Autant pour comprendre leurs contraintes que pour faire entendre nos problématiques et nos besoins spécifiques.

Propos recueillis par Nathalie DUNAND
[email protected]

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