Opinion de gauche

"2020 : pour un réveil populaire et la sauvegarde de notre modèle social" pour le Parti de Gauche Saône et Loire

La section 71 du Parti de Gauche souhaite une bonne et heureuse année à tous les Saône-et-Loiriens, à toutes les Saône-et-Loiriennes, et au-delà. Nous sommes plus que jamais attaché·e·s à la communication collective, aux échanges, et l’année 2020 commence avec un besoin grandissant de discuter, de partager. 

 

Bientôt les élections municipales seront l’occasion d’une expression démocratique essentielle. Pourtant déjà nombreux sont celles et ceux qui, découragé·e·s, ne trouvent aucune motivation pour occuper la fonction de maire ou de conseiller municipal. C’est le fait de marges de manœuvre politiques de plus en plus réduites, et d’un ensemble technocratique imbuvable qui, s’il permet à tous les ministres ou presque de baigner dans la corruption quotidiennement, ne permet pas à une équipe locale, dotée d’un projet validé par les électeurs et électrices, de le mettre en œuvre concrètement lorsqu’il va à l’encontre d’une conduite libérale et capitaliste. 

 

Nous encourageons toutefois toutes les bonnes volontés à défendre nos valeurs de gauche dans toutes les communes et villes de Saône-et-Loire, à faire entendre notre point de vue, à mettre en œuvre nos grands principes : le respect de l’expression populaire, la solidarité pour toutes et tous, des mesures radicales pour l’écologie, la sortie de l’ultralibéralisme. Il s’agit pour nous de garder précieusement l’héritage issu du programme de la résistance : « les jours heureux ».

 

Nos dirigeant·e·s œuvrent à diviser la société. La stratégie exercée par LREM en est une démonstration criante : donner à penser à chacun qu’il n’est pas concerné, que ce sont les autres et que nous n’y pouvons rien. Selon les ministres et député·e·s de la majorité, les salarié·e·s du privé pâtissent de la situation des fonctionnaires et des régimes spéciaux, ce qui est totalement infondé.

 

Le système des retraites par point est un choix idéologique. Dans un premier temps il s’appuie sur la suppression des régimes spéciaux, avec une logique de nivellement vers le bas totalement absurde, alors que ces régimes sont souvent justifiés et régulièrement ajustés. Les salarié·e·s du privé sont passés d’un calcul de leur pension sur les 10 meilleures années de salaire, aux 25 meilleures années en 1991, puis maintenant sur l’ensemble de la carrière. Ce choix politique ne relève pas de nécessités économiques. Le chiffon rouge de la dette publique, agité dans un second temps, n’est pas plus un argument. Mais la dette fait peur, elle est donc médiatiquement mise en avant.

 

Les trois éléments présentés comme des avancées, peinent à convaincre. On s’aperçoit que les femmes ne seront pas gagnantes, notamment parce que les réductions globales de temps de travail dont elles bénéficient ne seront pas compensées ni reconnues comme un droit, mais aussi parce que la comptabilisation des enfants pourra être reportée sur les pensions des hommes, ce qui n’était pas le cas auparavant et pourra les ramener à une forme de dépendance financière. La comptabilisation de chaque heure de travail plutôt que de trimestre, permet d’assumer la précarisation du marché du travail. Enfin la pension minimale à 85 % du SMIC, qui concerne les agriculteurs et agricultrices avec carrières complètes, ne remplace en rien le « minimum vieillesse » qui reste à près de 900 euros en 2020. Par ailleurs cette pension minimale que le gouvernement veut inscrire dans la loi, est déjà inscrite dans la loi… depuis 2003, sans jamais avoir été appliquée.

 

Heureusement la société n’est pas si divisée qu’on cherche à nous le faire croire, le clivage entre les générations, souhaité par le président, ne prend pas. Le mouvement actuel contre la réforme des retraites de Macron et Philippe est largement soutenu.  Derrière le mot de « réforme » se cache tout simplement le cadeau fait aux fonds de pensions, avec pour dernière provocation du président la légion d’honneur accordée au dirigeant de Black Rock France. 

 

 

Faisons ainsi, au moins, trois vœux pour démarrer cette nouvelle année : 

 

  • Qu’elle soit l’occasion d’affirmer l’appartenance de chacun et chacune à la société, contre un individualisme qui nous mène dans le mur en matière économique, en matière environnementale : soyons capables de prendre des décisions qui nous soient bénéfiques à toutes et tous, et pas seulement à une caste. 
  • Que cette année soit l’occasion de réfléchir à ce que signifie la sécurité : veillons à garantir nos libertés individuelles autant que notre sécurité collective, de manière raisonnée, contre une violence croissante à l’égard des opposants politiques. 
  • Que cette année soit un temps propice pour revoir comment nous considérons les différents âges de la vie : contre la compétition et la course au mérite, pensons l’individu comme un être social qui a droit aux mêmes considérations, d’où qu’il vienne.

 

Ces échanges nécessaires passent selon nous par l’abandon de la « réforme » des retraites. C’est pour cette raison que la section 71 du Parti de Gauche soutient le mouvement social contre la réforme des retraites et appelle toutes et tous à faire grève et à manifester le 9 janvier prochain.

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