Sport

Un Chalonnais invente un ring mobile mais peine à trouver une entreprise pour le fabriquer

Ancien président et fondateur du Ring Olympique Chalonnais, aujourd’hui à la retraite, Marcel Martin vient d’inventer un ring mobile. Bien que l'idée soit géniale, le Chalonnais n'a pas encore trouvé une entreprise prête à le fabriquer. Plus de détails avec Info Chalon.

Pendant plus de deux décennies, Marcel Martin a été président du Ring Olympique Chalonnais (ROC) dont il a été le fondateur avant de prendre sa retraite sportive. Restant proche du club de boxe anglaise, il en est d'ailleurs le président d'honneur. Marcel a beau être en retraite, il ne reste pas les bras croisés et a à cœur d'aider à la promotion de la boxe qui occupe une place importante dans sa vie.


En effet, une idée lui trottait dans la tête depuis fort longtemps : un ring mobile.


Maintenant qu'il a du temps devant lui, Marcel va pouvoir s'atteler à ce projet. «Cela fait plus de trois ans que je suis sur ce ring», précise le fondateur du ROC, en nous présentant des croquis de son invention.


Nom du ring mobile : le 3 R.


Mais Marcel qui a de la suite dans les idées, ne s'est pas contenté de nous montrer des croquis mais une maquette qu'il a réalisé avec le concours de Kamel Koutabli, Thomas Desbrière, René Chalumeau et Patrice Ponsard du Fablab du lycée polyvaleur Niépce-Balleure.


«Afin de réveiller de nouvelles générations de sportifs, le 3R pourrait favoriser le lien social dans nos villes et villages mais aussi faciliter le travail des entraîneurs chargés d'encadrer les différents publics car facilement transportable» explique ce dernier.


Tout-terrain (gymnase, cour d'école, parking, pelouse, etc), le 3 R sera rigide, rapide de montage (de 10 à 15 minutes) et robuste, son grand avantage est d'être mobile et surtout modulable, «aucun ring existant a ces capacités et il peut passer de 5,20 mètres à 6,60 mètres et revenir à 4,70 mètres», indique à ce propos, Marcel.


En France, il y a plus de 800 clubs de boxe anglaise et environ 1500 clubs de sport de combats (boxe française, boxe thaï, américaine, etc).


«Je pense que mon invention peut toucher 20 à 25 % de ces clubs», nous dit l'ancien président du club de boxe anglaise de Chalon-sur-Saône, insistant sur la dimension sociale.


Le 3 R aurait l'avantage d'être peu onéreux. En effet, d'après Saïd Fergani, le président en exercice du Ring Olympique Chalonnais : «un petit ring d'entraînement coûte actuellement entre 5000 et 6000 euros et un ring de compétition, 18 000 euros».


«Sur cette maquette, il manque les cordes qui s'adapteront aux différentes surfaces du ring. Elles seront dévoilées à l'entreprise qui réalisera le 3R. Je sais ce que je veux comme cordes mais je préfère ne pas en parler pour le moment», prévient Marcel.


«Les couleurs de la maquette ne sont pas les bonnes car Patrice Ponsard, le président du FabLab du Chalonnais, n'avaient pas les couleurs adéquates mais je tiens à le remercier lui et son équipe pour leur aide précieuse», précise-t-il.


Après s'être renseigné, notre Chalonnais s'aperçoit qu'aucun ring mobile de ce type existe sur le marché, c'est dans cette optique qu'il déposa ce modèle auprès de l'INPI.

 


L'amertume d'un inventeur devant «l'immobilisme des entreprises françaises»


Pour ce faire, Marcel a contacté 9 entreprises mais une seule s'est donné la peine de répondre... par la négative.


«Cependant, et malgré l'originalité et l'innovation de votre solution, nous ne voyons pas de convergences avec nos marchés et nos produits actuels. Nous vous souhaitons de réussir à industrialiser et commercialiser votre projet», pouvait-on lire dans la réponse de l'entreprise.


Pour l'ancien boxeur, le manque d'intérêt des entreprises françaises pour son invention est tout bonnement sidérant.


«Je leur proposait un nouveau marché! Je dois mal me faire comprendre... C'est à croire que les entreprises de notre pays sont débordées de travail! Je constate que les industriels restent frileux. Plus grave, ils restent sur leurs acquis tout en se plaignant. Sans subventions des régions ou de l'État, c'est l'immobilisme, où est donc passée la gnaque d'entreprendre en France?», s'interroge Marcel.


Avant d'ajouter :


«Les entreprises chinoises ne se posent pas autant de questions, elles bossent, elles!»


Malgré la froide indifférence dans laquelle est accueilli le 3 R, Marcel garde espoir.


«Je pense contacter les entreprises espagnoles, qui elles sont équipées pour la production, injection, plastique, en espérant avoir plus de chances qu'avec les entreprises françaises. Je souhaite que ça reste européen avant de me tourner vers la Chine, ça serait dommage! Je ne peux pas abandonner ce ring qui reste indispensable à nos associations sportives (...) Tout cela pour vous dire que la France industrielle se porte mal, ce n'est que mon humbe avis», nous déclare-t-il, plein d'amertume.


«Après avoir enregistré l'enthousiasme de nos entreprises françaises, je me retourne vers les réseaux sociaux comme Facebook ou des médias comme Info Chalon. Ce ring peut intéresser d'autres organismes ou entreprises comme Decathlon ou Sport.com, pour ne citer qu'eux! Et pourquoi pas un politique, comme Arnaud Montebourg, qui n'hésite pas à son échelle à créer des emplois avec des choses simples comme le miel ou des glaces. Bref, l'envie tout simplement!», conclut Marcel.

 


Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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