Chalon sur Saône

La réforme Blanquer autour du baccalauréat a alimenté la soirée à Chalon sur Saône

Jeudi, de nombreux parents d'élèves ont répondu présents à l'invitation de professeurs des lycées du Chalonnais désireux d'apporter des informations complémentaires sur la réforme Blanquer. Présent, Info-Chalon vous fait le compte-rendu de cette réunion.

Dans le sillage de la mobilisation du 18 décembre dernier, le collectif des professeurs du Chalonnais a invité les parents d'élèves du Bassin Chalonnais, ce jeudi 10 janvier à la Maison des Syndicats, 2 Rue du Parc,  afin de les informer sur la réforme des lycées du BAC 2021, en complément des informations officielles déjà reçues par les familles et avant les réunions officielles auxquelles ces dernières seront conviées dans les lycées où sont inscrits leurs enfants.

Notons au passage que les séries technologiques ne sont pas impactées tant au niveau des programmes que des horaires d'enseignement, exceptées l'enseignement d'exploration qui disparaît en seconde.

Tenter de répondre aux inquiétudes des parents 

Devant pas loin de 200 personnes, le collectif, représenté ici par une vingtaine de professeurs venant de différents lycées, loin de cette image d'Épinal concernant des éventuelles rivalités entre établissements pour avoir telle ou telle spécialité en leurs seins, a axé la discussion sur la réforme des séries générales et du BAC 2021. 

Le  but de la démarche du collectif est d'informer, de partager avec les parents et tenter de répondre aux questions et inquiétudes que soulèvent certains éléments de la réforme Blanquer.

Et, justement, l'inquiétude semble être palpable aussi bien chez le corps enseignant que les parents d'élèves. Présents également à la réunion, quelques jeunes, tous membres de La Voix Lycéenne comme Jade, Kylian ou Aurélien dont on vous a déjà parlé dans nos colonnes.

Jean-François Laur, professeur de mathématiques au lycée Mathias, à la tête en quelque sorte du collectif, tenait à les féliciter d'avoir  engagé le groupe de lycéens à la réunion. Ensuite, ce fut au tour de Cécile Cadoux, professeure de lettres au lycée Hilaire de Chardonnet, de présenter aux parents d'élèves le programme à venir. 

Alors que les questions des parents s'enchaînent, on découvre par exemple que les enfants inscrits en 2de vont devoir faire un choix début février mais que rien n' encore a été mis en place pour l'instant, pas même dans les textes officiels. «C'est le flou total!», dira à ce sujet Abdelhakim Boutmoudit, professeur de SVT au collège Les Chênes Rouges, à Saint-Germain-du-Plain. Nous apprenons également que les programmes officiels sont encore en discussion mais toujours pas arrêtés bien que la réforme est présentée au public «sous des apparences séduisantes», pour reprendre les mots de Jean-Claude Nouvelot, professeur de français au lycée Émiland Gauthey. Il en va de même concernant la question inhérente aux spécialités auxquelles les réponses apportées restent approximatives.

Cela se ferait, visiblement, en fonction des spécificités locales. Un imbroglio comparé par Valérie Villard, professeur d'histoire-géographie au lycée Mathias, à «une carte de restaurant à la carte des menus alléchante mais à qui il manquerait le personnel ou des ingrédients». Concernant les spécialités, coupant court au recours du Centre national d'enseignement à distance (CNED), Frédéric Jeannin, professeur d'italien, précise que, depuis une récente réforme, les cours dispensés à distance ne sont plus gratuits à partir de 16ans.

Représentant la Voix Lycéenne, Jade, s'est adressé à l'assistance leur demandant «combien parmi (eux) savaient ce qu'(ils) voulaient faire à 16ans?». Bien entendu, très peu de mains se sont levées, ce qui illustre l'incongruité du choix imposé aux élèves entrant en seconde. 

Après avoir abordé les questions concernant le nombre d'élèves par classe et les moyens alloués pour la réforme, une pétition exprimant l'inquiétude des parents concernés inquiets de ce projet de réforme fut proposée par les professeurs qui partent sur l'idée qu'avec celle-ci, le diplôme n'aura pas la même valeur d'un établissement à l'autre, ce qui relancera indubitablement la compétition entre les lycées.

«Trés bonne organisation, ils ont objectivement abordé le sujet et balayé tous les points d'achoppement en les reprenant un à un», nous dit un parent d'une élève à Hilaire de Chardonnet, satisfait de cette initiative bienvenue, alors qu'une pétition circule dans les rangs.

Si la réunion fut un succès, appelant les parents à la plus grande vigilance, elle ne doit pas faire oublier que le but réel de la réforme, selon les professeurs, essentiellement économique, au détriment de la qualité de l'enseignement et des élèves. Vent debout contre ce projet, le collectif reste mobilisé et compte mener d'autres actions. Info-Chalon continuera de vous tenir informé de la suite de cette mobilisation. 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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