Chalon sur Saône

A Chalon sur Saône, l'Établissement Français du Sang lance un appel à la mobilisation estivale

Afin de maintenir à un niveau satisfaisant les réserves en produits sanguins tout au long de l’été — une période toujours difficile pour le don de sang —, l’Établissement Français du Sang invite chacun à se mobiliser activement. Info Chalon est allé, ce matin, à la rencontre de quelques donneurs.

À l’occasion de la Journée mondiale des donneurs de sang 2019, l’opération «#Prenez le relais, 1 mois pour tous donner!» a rencontré un vif succès au mois de juin et a permis de rétablir le niveau des réserves qui avait chuté après les ponts du mois de mai, autour des 85 000 poches qui permettait d'avoir une autonomie que de 8-9 jours seulement, soit 7000 collectes mobiles organisées dans toute la France, totalisant 115 000 poches.


La canicule fut néfaste pour la collecte du sang
Ainsi, la fréquentation aux collectes de la journée mondiale fut un vrai record en Bourgogne Franche-Comté avec 20% de plus que l’année précédente : 2443 donneurs se sont présentés cette semaine-là aux collectes évènementielles dont 28% de nouveaux ; 687 citoyens de Bourgogne Franche-Comté ont franchi le pas pour la première fois. Un résultat remarquable et à saluer quand on sait que la région envoie 20% de ses dons en contribution nationale aux régions qui ont plus de difficulté à collecter.


«La mobilisation constatée à l’occasion de la Journée Mondiale des Donneurs de Sang* doit continuer pour assurer les besoins des malades et blessés en été», nous dit Marion Le Blond, directrice de la communication de l'Établissement Français du Sang de Bourgogne Franche-Comté.


Il est essentiel que la mobilisation se poursuive tout au long des prochaines semaines afin de contrebalancer l’effet canicule que l’EFS a subi dernièrement et le nombre de collectes qui ne peuvent être organisées en raison des vacances scolaires.


Hélas, les épisodes caniculaires de cet été ont entraîné une baisse significative des dons, alors que les besoins des malades, eux, restent constants.


«On sollicite nos donneurs surtout en cette période estivale où c'est toujours délicat pour un centre de collecte. La canicule ne nous a pas aidé non plus. Il faut savoir qu'un jour férié, c'est 600 prélèvements de moins! Malheureusement, la majorité de nos donneurs ne sont pas là pendant les vacances», déplore Christine De Reynal, médecin responsable du prélèvement à Chalon-sur-Saône.


En effet, en période de congés, l'opérateur civil unique de la transfusion sanguine en France ne peut plus organiser de collectes en entreprise ni sur les campus, universités et autres lycées ... et doit donc compenser cette perte de dons par une fréquentation supplémentaire en collectes mobiles de communes et en maisons du don, ouvertes quasi quotidiennement dans les principales villes de la région.


Des donneurs au grand cœur
Accueillis dans un décor évoquant la plage, la salle d'attente était, à notre grande surprise, pleine, preuve, s'il en faut, que la campagne de sensibilisation au don du sang en période estivale porte ses fruits.


Une collation leur était offerte ainsi que des goodies pour les remercier pour leur geste au service de la communauté.


Il y a, bien entendu, des convaincus, à l'instar de Laura, 30 ans, originaire de Granges et enseignante à la Colombière.


«Deux semaines après avoir eu mes 18 ans, je faisait mon premier don!», nous dit-elle. Ce matin, c'était son 36ème don.


Pareil pour Lucie, 31 ans, ouvrier agricole en maraîchage. Originaire de Frontenard, cette dernière est venue avec son neveu.


«Je donne depuis que j'ai 18ans. C'est ma grande sœur qui m'a emmené la première fois. Je donne quand je peux, à peu près deux ou trois fois dans l'année», nous dit Lucie dont ce fut le 13ème don et le 3ème dans l'année.


Il faut savoir que les femmes peuvent donner 4 fois dans l'année contre 6 pour les hommes. Les professionnels de la santé conseillent d'espacer de 3 mois chaque don pour les femmes et préconisent d'espacer de 8 semaines entre chaque don. L'âge maximal pour un don est de 70 ans.


Même son de cloche pour David Cassier, 42 ans, réfléxologue à Chalon-sur-Saône, qui donne tous les 2 mois «régulièrement».


«La première fois que j'ai donné, c'était il y a une quinzaine d'années lorsque j'étais militaire», nous dit-il.


Ou encore Antoine Berger, 26 ans, paysagiste et résident dans le quartier de Bellevue, venu pour le don de plasma.


«Depuis mes 18 ans, je donne. Mon père m'avait demandé de le faire. De plus, j'ai une tante qui travaillait au don du sang surtout que je suis O - ** (rires). Plus sérieusement, je suis sensibilisé au don du sang et j'incite même mes potes à donner. Tu donnes ton sang pour une bonne cause. Il faut se mettre à la place des malades, j'aimerai bien qu'on m'aide si j'en avait besoin», nous dit philosophe, Antoine, qui en ai  à «une bonne vingtaine de dons».


Certains comme Christine, 52 ans, de Remigny, viennent en famille. Elle était accompagnée de Sébastien, 45 ans, son mari et son fils, Nicolas, tout juste 18 ans, qui faisait son premier don de plasma.


«Depuis l'âge de 18 ans, je donne. La première fois, le lycée où j'étais a demandé qui était majeur et voulait bien donné son sang, j'ai levé la main spontanément et, depuis, j'ai continué à la fac. J'ai arrêté une dizaine d'années lorsque je m'occupait de mes enfants avant de reprendre depuis quelques années à raison de 2 fois par an», nous explique Christine.


Ou Évelyne et Rémi, respectivement 65 et 66 ans, tous les deux retraités depuis octobre.


«On est venus spontanément», nous disent-ils.


«C'est ma 2ème fois depuis juin», précise Rémi.


«Ma première fois, c'était en 1991», souligne Évelyne, à son tour.


Puis, il y a les nouveaux venus comme Virginie, 31 ans, assistance sociale de Saint-Vallier.


«C'est mon premier don, fruit d'une réfléxion née à la suite du décès de ma mère qui, elle, donnait son sang. Elle a du faire une 40aine de dons. Avant, je craignais un peu l'aiguille»,nous dit Virginie, fière de son geste.


Sidoine, 20 ans, le neveu de Lucie, étudiant en classe préparatoire au lycée Carnot, à Dijon.


«Ma mère donnait beaucoup avant qu'elle n'aie son diabète. Du coup, c'est ma tante qui m'accompagne. C'est mon 2ème don et je pense continuer. C'est un noble geste qui sauve des vies», nous explique-t-il.


Ou son ami, Sébastien, 18 ans, jeune chalonnais qui vient d'avoir son BAC STMG.


«Pareil, c'est mon 2ème don. La première fois, c'était lors de la campagne où une caravane était installée vers l'Espace des Arts. J'ai dit à un ami : viens je vais donner mon sang et oui, ça sauve des vies», dit-il.


Prenez 1 heure pour sauver 3 vies
En Bourgogne Franche-Comté, il y a 8 maisons du don dont celle de Chalon-sur-Saône, située derrière le Centre Hospitalier William Morey.


Récemment, dans toute la région , plus de 140 collectes ont été organisées entre le 15 juillet et 15 août pour continuer à contribuer aux soins des malades et blessés, pour continuer à sauver des vies.


Il y a des points de collecte disséminés sur tout le territoire national, donnant la possibilité de donner son sang sur son lieu de vacances.


«On a besoin de la mobilisation de tous et les maladies, elles ne prennent pas de vacances! Prenez 1 heure pour sauver 3 vies!»,conclut le Dr. De Reynal, précisant que l'application «Don du sang» permet de se géolocaliser et de voir les points de collecte à proximité, mais aussi de tester son aptitude au don avant de se déplacer.


L’EFS, qui espère une large mobilisation des citoyens, rappelle que les dons de sang doivent être réguliers et constants car la durée de vie des produits sanguins est limitée : 5 jours pour les plaquettes, 42 jours pour les globules rouges. 10 000 dons sont nécessaires chaque jour. 10 000 dons de sang sont nécessaires chaque jour pour répondre aux besoins des malades et aucun produit ne peut se substituer au sang des donneurs bénévoles.

 

* Elle a eu lieu le 14 juin dernier partout dans le monde.
** Ou O négatif. C'est le groupe des donneurs universels ! Leurs globules rouges peuvent donc être transfusés à n'importe quel groupe sanguin quel que soit le rhésus d'où leur nom de donneur universel. Le groupe O- représente 7% de la population mondiale et 6% des Français.

 

 


Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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