Chalon sur Saône

A Chalon sur Saône, policiers et pompiers expriment leur ras le bol et attendent des gestes forts

Le ras-le-bol est général et c'est bien la première fois à Chalon sur Saône que les représentants du personnel des sapeurs-pompiers et des policiers nationaux communiquent de façon conjointe. Tout simplement parce que de l'un dépend de l'autre.

Vincent Franchi,  président du syndicat majoritaire SASPP-PATS 71 pour les sapeurs-pompiers est agacé de sans cesse rappeler le concret du terrain, et surtout la solitude des sapeurs-pompiers sur le terrain lorsqu'ils sont amenés à intervenir. Crachats, insultes, menaces et même pire sont devenus une quasi routine pour les soldats du feu. "Ma plus grande crainte n'est pas un incendie, parce qu'en qualité de pompier professionnel, on sait faire, on a été formé pour ça. La crainte est celle d'une intervention juste derrière une porte, face à des comportements de plus en plus dangereux pour notre profession" considère Vincent Franchi.

Agacé de devoir intervenir et surtout de se mettre en danger trop souvent, face à des comportements à risque, Vincent Franchi dénonce la politique du chiffre voulue par les décideurs, une politique qui met en danger les hommes. Laurent Chauvenet, représentant le syndicat Unité SGP Police, ne peut que acquiescer face aux déclarations de son collègue pompier. "On est face à un management du personnel qui met en danger tout le monde. Quand on intervient on croise les doigts, mais à force de croiser les doigts, on va attraper une tendinite" ironise le délégué des policiers nationaux, qui accumule  35 ans de police nationale. A un an de la retraite, le délégué syndical n'hésite plus à livrer sa vérité sur le quotidien des nationaux. 

Effectif contre effectif

L'un et l'autre ont bien compris que la politique de l'effectif de l'un pèse sur les conditions de travail de l'autre. Ils livrent à tour de rôle plusieurs exemples pour justifier leurs raisonnements et Chalon sur Saône n'échappe pas à la règle. Pour Laurent Chauvenet, "il manque une quinzaine de fonctionnaires de police rien qu'à Chalon sur Saône. La seule et unique patrouille est régulièrement dépassée par les interventions et trop souvent les pompiers interviennent seuls". Un constat d'effectif partagé intégralement par son homologue pompier qui réclame lui aussi plus d'effectifs professionnels dans les casernes. Une situation qui provoque trop souvent l'intervention des sapeurs-pompiers en premier chef sans aucune assistance des policiers. "On ne sait jamais sur quoi on va tomber derrière une porte. C'est ma plus grande crainte" rappelle régulièrement Vincent Franchi, lassé de devoir travailler dans des conditions de stress que les Chalonnais n'imaginent pas. 

Des constats qui seront sans doute contredits par leurs hiérarchies respectives sauf que les acteurs du terrain sont là pour en attester, et ce ne sont pas leurs expériences qui viendront contredire tous les beaux discours. 

Laurent Guillaumé 

 

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