Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - Il ne s'explique pas le braquage du bar-tabac de Châtenoy le Royal

« Monsieur, je sais que j’ai fait un truc qu’il fallait pas faire mais j’étais pas moi-même. J’avais repris le droit chemin mais j’ai posé la soirée chez des amis, on a bu un peu d’alcool. J’ai commencé à penser à mon frère (son frère est mort, ndla), j’ai voulu aller voir ma mère malade, à Châtenoy, et je sais pas ce qui m’a pris. » Il ne sait pas ce qui l'a pris, mais on sait ce qu’il a pris : 169 jeux à gratter, 10 cartouches de cigarettes et 610 euros, au bureau de tabac « le bar du parc », à Châtenoy le Royal, le 30 août dernier. Arrêté sur le fait, il a été placé en détention provisoire le 31, il comparaît ce lundi 2 septembre au TGI de Chalon, en CI.

Il a 44 ans, il vit à Chalon, rue Edgar Degas, qu’il prononce « dégât ». Faut dire... Célibataire, sans enfants, il a un BEP, travaille en intérim, irrégulièrement. Il perçoit une allocation de retour à l’emploi complétée d’une prime d’activité. Il est en état de récidive légale, pour le vol du bureau de tabac. Il a 17 mentions à son casier, « une vie de délinquance, une vie de passages à l’acte », dira la procureur. La procédure de comparution immédiate est une procédure « dure », tout y va très vite, les avocats ont à peine le temps de voir les prévenus, n’ont pas le temps de rassembler des pièces à produire, des justificatifs, etc. Ce prévenu-ci a été déféré dans l’heure qui a précédé l’audience, aussi, quand le président lui demande s’il veut un délai pour préparer sa défense, l’homme marmonne « je voudrais voir un peu mon avocat ». Il ne l’a vue (c’est Sarah Bouflija) que samedi midi, lors de sa présentation devant le juge des libertés et de la détention. C’est peu, pour parler de son cas.

Le président comprend qu’il veut un délai et le lui accorde « de droit ». Il aborde sa situation personnelle et le prévenu revient à la charge : « Moi je voulais juste une heure ou deux avec mon avocat… - Nous n’avons pas cette possibilité, monsieur. – On va faire comme ça, alors : je veux être jugé tout de suite. – Monsieur vous m’avez dit vouloir un délai ! – Bon. On va faire comme ça, alors. » Il est sorti de détention le 22 juin dernier, il est suivi par le Ksapa. Le problème de sa toxicomanie a été pris en charge, mais pas celui de l’alcool. Son casier raconte des vols, un peu de stups, un peu d’outrage, mais surtout des vols. Le parquet requiert son maintien en détention. Maître Bouflija plaide son logement, ses missions de travail en intérim, son suivi dans le cadre d’un sursis mis à l’épreuve. Le prévenu qui aurait bien voulu s’entretenir avec elle sans pour autant différer son jugement de plusieurs semaines l’écoute, buste penché en avant, les poignets appuyés vers ses genoux, ses bras tremblent.

« Je suis désolé pour les victimes du truc. Je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça. J’étais pas bien. C’est vrai que j’ai besoin de faire une cure. Toutes mes peines de prison c’était par rapport à l’alcool, autrement je vais très bien. Je ne suis pas un délinquant, malgré tout ce que j’ai fait. Ça sert à rien si je vais à Varennes. » Il va à Varennes, maintenu en détention. Il sera jugé le 30 septembre prochain.

Florence Saint-Arroman

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