Givry

Lancement des Musicaves de Givry 2017 : "c’est surtout les escadrons de bénévoles, les vignerons, les domaines viticoles… les techniciens, les générations postérieures à l’an II des Musicaves, qu’il faut applaudir et remercier » (Philippe Perrousset)

Hier soir, à la Halle Ronde de Givry, se déroulait l’inauguration des Musicaves de Givry, qui fêtent cette année leur 20 ans d'existence. Le retour d’Info-Chalon.com.

Un peu comme Coluche qui était, malgré de trompeuses apparences, un perfectionniste et un travailleur acharné*, Philippe Perrousset croit qu’il n’existe que deux façons de mener à bien un projet : l’anarchie, au sens noble du terme, proudhonien, c’est-à-dire tout le contraire du chaos ; la dictature éclairée. Pour que chaque année, depuis 20 ans à présent, les Musicaves de Givry, Philippe Perrousset a choisi la deuxième option. Ce n’est donc pas pour rien qu’on l’appelle amicalement le « gentil dictateur ».

De fait, la programmation, c’est lui. Les « relations publiques », c’est encore lui. La secrétaire dont vous vous plaignez quand il y a un problème ? « Elle est devant vous, elle est en tongs avec du poil aux pattes » et s’appelle Philippe Perrousset. Vous avez une interrogation avant ou pendant les Musicaves ? C’est encore une fois à Philippe Perrousset que l’on s’adresse, même s’il n’est bien évidemment pas le seul à pouvoir répondre à vos questions, même si, plus généralement, il est loin d’être seul. Mais comme il fait beaucoup, déploie une énergie impressionnante, il est naturellement la figure de proue de ce festival où s’arrêtent volontiers les plus grands musiciens de la planète.

Dans la mesure où son nom, lorsqu'il s'agit des Muiscaves, est presque aussi souvent prononcé et invoqué que l'est celui de Dieu au cours d'une messe, Philippe Perrousset aurait pu prendre la grosse tête, se retrouver atteint de la folie des grandeurs, se conduire en diva. Pourtant, après 20 ans de succès, ce n’est pas le cas. L’homme reste simple et sait rendre aux uns et aux autres ce qui leur appartient.

Un exemple ? Hier soir, avait lieu, en musique, of course,  l’inauguration du festival, en présence des représentants des collectivités publiques apportant depuis longtemps un soutien financier aux Musicaves : Sébastien Ragot (1er adjoint au maire de Givry, vice-président du Grand Chalon), Florence Plissonnier (vice-présidente du Grand Chalon et, aussi, maire de Saint-Rémy), Jérôme Durain (Sénateur et conseiller régional). De leurs bouches respectives ne sont sorties que louanges à l’égard de Philippe Perrousset et de « son » festival, certaines flirtant même avec une certaine poésie – on pense ici à celles de Jérôme Durain qui, après s’être interrogé sur ce qui fait « l’alchimie des Musicaves », a considéré, presque philosophe, que c’est probablement « le temps des Musicaves, qu’on vit différemment, ce qui permet de mettre le monde à distance », qui constitue « une des richesses du festival ». Devant tant de compliments, Philippe Perrousset aurait pu se contenter de boire du petit lait ou...du bon vin...de Givry. Néanmoins, et c’est là que l’on perçoit le personnage, il n’a, au moment de prendre la parole, pas mis longtemps à dire que « Philippe Perrousset, Philippe Perrousset…sans doute…mais c’est surtout les escadrons de bénévoles, les vignerons, les domaines viticoles dont on perturbe les habitudes pendant une semaine, les 18 techniciens, les générations postérieures à l’an II des Musicaves, qu’il faut applaudir et remercier ». Un hommage qui précédait celui que, ému, la voix cassée, les yeux au bord des larmes, il a rendu à tous ceux qui, ayant participé à l’aventure des Musicaves, ne sont plus là pour voir ce à quoi ils ont contribué : le succès des Musicaves de Givry.

Un « gentil dictateur », Philippe Perrousset ? Peut-être. Mais aussi, et surtout, un homme fidèle en amitié, qui sait rester simple et, s’il convient aisément qu’il a « tendance à avancer seul en emmenant les gens », n’oublie jamais ce qu’il leur doit. Et s’il en était besoin, l’inauguration d’hier soir l’a rappelé.

Samuel Bon

*Philippe Boggio, Coluche, Flammarion, 2006, 471 p

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