Journée Internationale des droits des femmes

Femmes à l'Honneur [Portrait 3] - Claudia Poddighe

À 30 ans, Claudia Poddighe est responsable du magasin DEVRED au Centre Commercial Carrefour Sud à Chalon-sur-Saône. Avenante et femme de caractère lorsque son tempérament italien refait surface, elle pose sur cette Journée internationale des Droits des Femmes, un regard sans concession. Du tac au tac…

Maman d’un petit garçon, Claudia Poddighe a fait un choix de carrière qui n’est pas de tout repos et avoue sans complexe qu’il est parfois difficile de concilier vie professionnelle et vie personnelle : « Je passe beaucoup de temps au travail. Ce n’est pas toujours facile pour moi et pour mon petit bout de chou mais je suis sûre qu’il comprendra plus tard ». Sa passion, elle la porte en étendard : la mode masculine ! Avant tout, elle aime conseiller : « C’est très gratifiant de voir le visage d’un homme s’illuminer, devant le miroir, lorsqu’il se découvre pour la première fois dans un costume ». Mariage, soirée, pour le travail ou en mode détente, relooking, Claudia Poddighe propose des vêtements masculins et des accessoires pour parfaire son look pour toutes les occasions.

Que représente pour vous la journée internationale des droits des femmes ?  

Apparemment, nous n’avons le droit qu’à une seule journée dans l’année ?! N’est-ce pas scandaleux pour réfléchir, tous ensemble et de manière plus médiatique, à ce que sont ou doivent être les droits des femmes ?

Au cours de votre vie ou de votre carrière, avez-vous vécu ou avez-vous été témoin d'inégalités hommes/femmes ?  

Non, mais c'est parce que je ne veux pas attendre que ce genre de choses ou que cette mécanique se mettent en place. Ne rien laisser passer lorsqu’il s’agit d’inégalités ou d’injustices !

Depuis, ces dernières années, les politiques tentent de prendre à bras-le-corps ce problème, la mise en place de la parité vous a-t-elle semblé être une bonne mesure ?  

Mais alors là, bien évidemment si les compétences sont au rendez-vous !

Pensez-vous que l'image et la place de la femme dans la société française aient évolué ? 

Je dirais oui ! Cette place, c’est à nous d’aller la chercher, de la faire évoluer. Nous devons être acteurs de ces changements et de la direction que l’on veut leur faire prendre. Rien n’est acquis, donc même si les choses ont évolué, elles méritent que l’on reste vigilant.

Être une femme a-t-il déjà été pour vous un handicap ? Une force ?

Je dirais une FORCE ! Car sans nous, les hommes ne sont rien (rires). Plus sérieusement, même dans l’univers professionnel très masculin dans lequel j’évolue, le regard plus féminin que j'apporte compte sans doute plus que celui d’un homme.

Comment conciliez-vous vie professionnelle et vie personnelle ?

Honnêtement, disons que ce n'est pas de tout repos ! Mais j'aime ça, je n'aime pas la routine ! Gérer les imprévus, c’est dans mes compétences même si, je le répète, cela me demande parfois de faire des sacrifices.

Quelle est la phrase que vous aimeriez ne plus entendre ?

« Vous les femmes, vous savez pas faire... » et je vous laisse imaginer la suite ! Mais rien que le début de cette phrase : « Vous les femmes… » m'agace déjà ! 

Quelle est votre devise ou votre philosophie ?     

Le succès n'est pas la clé du bonheur. Le bonheur est la clé du succès. Si vous aimez ce que vous faites, vous réussirez. 

Que défendez-vous et que voulez-vous transmettre ?  

Le respect et la politesse !

Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu ? Le meilleur que vous ayez donné ?  

Soit sûre de ce que tu fais et tu verras, le temps fera le reste ! 

Quelle est ou quelles sont les femmes qui vous ont le plus influencée ?   

« LA MAMA », ma maman bien-sûr ! Ma maman est une femme forte et courageuse ! C’est un exemple à suivre…

De nombreuses actrices ont pris la parole ces derniers mois, qu'a suscité chez vous l'affaire Weinstein ? 

Pourquoi, ont-elles attendu si longtemps ? Pourquoi choisir de se taire ou d’attendre que l’une d’elles parle pour faire entendre sa voix ? Cette histoire suscite en moi de la colère car elle est le reflet d’une triste réalité ! 

Avant que le scandale n'explose médiatiquement, aviez-vous conscience de l'ampleur de ce problème de harcèlement sexuel ?

Des malades, il y en a partout, cela dit en passant ! Je crois que tout le monde peut s’imaginer que le cinéma est un milieu impitoyable. C’est un lieu de pouvoir où les dominations s’exercent peut-être encore plus fortement qu’ailleurs alors, bien évidemment, on savait… mais comme personne ne parlait…

Vous avez donc du mal à comprendre que certaines d'entre elles n'aient pas voulu s'exprimer sur le sujet comme certaines victimes qui ne veulent pas porter plainte alors qu'elles subissent des violences conjugales ?

Je comprends, oui et non ! Il est vrai que beaucoup d’entre elles sont malheureusement dans des situations très complexes. En état de choc, je comprends que l’on ne puisse pas en parler. Je pense également que souvent elles ont un sentiment de honte qui fait qu'elles préfèrent se taire. Mais comment changer les choses si elles ne font pas de ce traumatisme un combat ? C’est se protéger, protéger ses pairs et ses filles que de ne rien laisser passer. Il faut être forte et courageuse, se faire aider ou soutenir aussi, ce n’est pas une croisade que l’on peut mener seule ! Pour ne plus subir, osez en parler ! 

Qu'avez-vous pensé du #balancetonporc en France ou #MeToo lancé aux Etats-Unis ?

Attention aux réseaux sociaux, c’est la porte ouverte à tout ! Je comprends qu’un ras-le-bol puisse pousser à ce genre de raz-de-marée ; sur cette question pari réussi, défi relevé, tout le monde a pris conscience de l’ampleur du phénomène, dans ce sens, cela a été positif, c’est un premier pas. Cependant, c’est facile de se retrancher derrière un écran et de balancer tout et n’importe quoi. Comment démêler les vraies accusations des fausses ? Distinguer les cris de désespoir des affabulations de certaines qui profiteraient de la situation pour exister ? Face à des situations graves, c’est la justice qui doit être saisie… Elle doit être le lieu où se jugent ces comportements inacceptables ! 

Chef, cheffe, auteur, auteure, autrice, madame le sénateur, madame la sénatrice... que pensez-vous de la féminisation de certaines professions et de l'écriture inclusive ?

NUL !!! Je pense que la langue française est déjà assez compliquée comme ça ! 

Homme/femme, un message pour un "mieux vivre ensemble » ?

Le respect, la politesse sont la clé pour vivre mieux ensemble ! 

Propos recueillis par SBR - Photo transmise par Claudia Poddighe

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