Journée Internationale des droits des femmes

Jérôme Durain, sénateur : "La vraie question, c'est celle des moyens."

Après une licence d'histoire, une maîtrise en géopolitique et Sciences Po Paris, identifié à deux reprises pour ses questions posées au Gouvernement sur les Droits des Femmes, nouvellement nommé au sein du Haut Conseil à l'Egalité pour représenter le Sénat, c'est tout naturellement qu'info-chalon.com a souhaité recueillir son sentiment sur cette journée.

Jérôme Durain, sénateur de Saône-et-Loire, Membre de la commission des affaires sociales, Vice-président de la délégation aux entreprises, Conseiller régional Bourgogne-Franche-Comté, a bien voulu nous consacrer un peu de temps, malgré un agenda très chargé, pour répondre à nos questions. Pour faire écho à cette journée, il convie, le 27 mars, avec Marie Mercier et Jean-Paul Emorine, sénateurs de Saône-et-Loire, l'ensemble des femmes maires, présidentes des intercommunalités, conseillères départementales et conseillères régionales de Saône-et-Loire, à un déjeuner au Sénat en présence de Laurence Rossignol, sénatrice, ancienne ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes, d'Annick Billon, sénatrice, présidente de la Délégation aux droits des femmes du Sénat. Ce déjeuner sera suivi d'une visite du Palais du Luxembourg.

Que vous évoque le 8 mars, Journée Internationale de la Femme ? 

La Journée internationale des droits des femmes est un moment qui est nécessaire mais dont on devrait pouvoir se passer. Malheureusement il reste du chemin à parcourir... 

Que pensez-vous de cette journée ?

Il ne faut pas que ce soit une journée ‘bonne conscience’. Les 364 jours restants doivent également servir à faire avancer les droits des femmes. 

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre nomination au Haut Conseil à l'Egalité ? 

Tout d'abord, je veux dire que depuis le début de mon mandat de sénateur, je tâche de défendre autant que possible l'égalité entre les femmes et les hommes. À travers des votes, des amendements, des questions au Gouvernement ou des prises de parole, je m'efforce d'apporter le soutien nécessaire à une cause que certains imaginent réservée aux seules élues femmes. C'est bien que les hommes s'emparent également du sujet et c'est dans cette optique que plusieurs de mes collègues sénatrices socialistes, notamment Laurence Rossignol, ancienne Ministre des Droits des Femmes, des Familles et de l'Enfance, ont proposé à mon président de groupe que je puisse intégrer le Haut Conseil à l'Egalité. J'attends avec impatience de pouvoir travailler avec ses membres. 

Au cours de votre vie ou de votre carrière, avez-vous été témoin d'inégalités hommes/femmes ?

Évidemment, dans les champs domestique, professionnel et politique. Seuls ceux qui ferment les yeux peuvent prétendre le contraire.

Depuis ces dernières années, les politiques tentent de prendre à bras le corps ce problème... la mise en place de la parité vous a-t-elle semblé être une bonne mesure ?  

J'ai toujours revendiqué la parité. Si philosophiquement, je suis contre l'obligation, c'est bien une politique de discrimination positive qui a permis à notre pays de rattraper une partie de son retard en la matière. Les lois votées ces dernières années sur les modes de scrutin, l'interdiction du cumul parlementaire / exécutif local ont permis le franchissement d'un cap décisif.

Pensez-vous que l'image et la place de la femme dans la société française aient évolué ? 

Oui, mais trop lentement.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez donné à une femme ?  

« Impose-toi. »

De nombreuses actrices ont pris la parole ces derniers mois, qu'a suscité en vous l'affaire Weinstein ? 

Comme beaucoup d'hommes, d'abord du dégoût et ensuite la prise de conscience que tous les hommes doivent s'interroger.

Comprenez-vous que certaines femmes n'aient pas voulu s'exprimer sur le sujet, comme certaines victimes qui ne veulent pas porter plainte alors qu'elles subissent des violences conjugales ? 

Comment pourrait-on reprocher aux victimes d'avoir peur ?

L'actrice Cate Blanchett a été désignée pour présider le jury du Festival de Cannes. De nombreux médias ont commenté cette annonce en mettant en avant qu'elle avait été l'une des premières femmes à s'être élevée contre Weinstein. N'est-ce pas déroutant que l'on puisse penser qu'elle ait été choisie pour cette raison ? 

C'est vrai. Mais je préfère qu'un choix de communication soit fait sur ce thème, même si le monde du cinéma a aussi d'autres problématiques à aborder.

Qu'avez-vous pensé du #balancetonporc en France ou #MeToo lancé aux États-Unis ?

Ces mouvements provoquent très souvent un malaise et suscitent des attentes exagérées. Il faudrait moins de battage médiatique et plus de moyens concrets et d'outils au quotidien pour pallier le problème du harcèlement (j'ai interrogé le Gouvernement sur la réalité des hausses de crédit). Tout ne se règle pas sur Twitter.

Chef, cheffe, auteur, auteure, autrice, madame le sénateur, madame la sénatrice... Que pensez-vous de la féminisation de certaines professions et de l'écriture inclusive ? 

J'utilise la féminisation des professions naturellement. Mais l'écriture inclusive est difficile à appréhender pour moi. J'ai appris à écrire autrement ! Peut être que cela se diffusera avec les générations qui viennent.

Que pensez-vous des féministes ? 

J'espère en faire partie.

Quelle est, ou quelles sont, les femmes qui vous ont le plus influencé ? 

Ma mère qui m'a élevé seule.

Propos recueillis par SBR - Photo transmise par Jérôme Durain

Annonces

Météo locale

Météo
  • Min
  • Max

Recherche