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Le Chalonnais Maxime Thiébaut publie sur les Gilets Jaunes

Maxime Thiébaut, longtemps connu pour son engagement aux côtés de Nicolas Dupont-Aignan puis de Florian Philippot, et qui a arrêté la politique depuis juin 2018, vient de publier un livre « Gilets Jaunes : vers une démocratie réelle ? » chez VA Press. Disponible en librairie depuis quelques jours, l’auteur répond aux questions d’Info-Chalon.

 Tout d’abord, pourquoi un livre sur les Gilets Jaunes ?

Plusieurs raisons m’ont poussé à écrire sur les Gilets Jaunes. La première, assez évidente, est le fait que ce soit un sujet d’actualité. La deuxième, plus personnelle, est l’envie de réfléchir sur ce mouvement sans précédent, justifié par une fracture sociale identifiée depuis plus de trente ans, mais toujours ignorée des élites, et donc jamais traitée. Enfin, la troisième, est cette motivation de partager une analyse des actes fondateurs des Gilets Jaunes, de leurs revendications, des raisons de ces dernières et des réponses qui peuvent être apportées. C’est, en quelque sorte, au jeu de la vulgarisation universitaire que je voulais me prêter.

Vous expliquez que c’est une « vulgarisation universitaire ». Qu’entendez-vous par là ?

J’ai traité le sujet avec un maximum d’objectivité, tel un scientifique va travailler la matière afin de correctement la définir et de comprendre sa place dans son environnement. C’est exactement la même technique que j’ai utilisé, même si mon essai se veut à la portée du plus grand nombre. C’est pourquoi il ne s’agit pas d’un travail universitaire à proprement parler, mais d’une vulgarisation. En quelques mots, les revendications des Gilets Jaunes sont allées du « technique » (demander la suppression des hausses de taxes sur les carburants), en passant par le « pouvoir d’achat » (lutter contre le déclassement des classes populaires et moyennes vécu par ces dernières depuis trente ans), pour arriver à « l’institutionnel ». Les Gilets Jaunes, en réalité les Français, ont compris que le « pouvoir politique » ne leur appartient plus. Il est aux mains d’intérêts financiers, de grandes sociétés privées et de bureaucraties internationales telles que l’Union européenne. Par le RIC ou le FREXIT, ils demandent à le retrouver pour en disposer dans l’intérêt général. Cet essai sociétal, que j’encourage vos lecteurs à acheter, décortique tout cela. 

Vous revenez dans cet essai sur l’organisation de la venue de la sénatrice Marie Mercier au « QG de Lux ». Pouvez-vous nous en dire davantage ?

Il n’y a pas grand chose à ajouter à que ce qui est écrit dans le livre. Mais, en quelques mots, je me suis plusieurs fois rendu au « QG de Lux », lieu de rassemblement des Gilets Jaunes du chalonnais, tout comme j’ai suivi sur le terrain les trois quarts des actes les samedis à Paris. Le dimanche 25 novembre, alors que je discutais avec Jessica, une administratrice du camp de Lux, elle m’a expliqué que les membres souhaitaient rencontrer des parlementaires. J’ai donc appelé la sénatrice Marie Mercier, avec qui j’entretiens de bonnes relations, pour lui proposer d’organiser une rencontre. Elle a accepté avec enthousiasme, et tout s’est déroulé avec un bel esprit.

 A 28 ans, quand on a vécu plus de la moitié de sa vie au crochet de la politique, que connaît-on de la situation des Gilets Jaunes ?

Je n’ai jamais vécu au crochet de la politique, au sens « gagner de l’argent en ne faisant rien ». Au contraire, juriste quelques années puis directeur de cabinet, j’ai plutôt passé mon temps à travailler, pour une rémunération certes correcte, mais qui correspond à mes qualifications universitaires, et des conséquences fiscales non négligeables. Vous savez, non marié et sans enfants, les impôts ne vous loupent pas… Alors la situation des Gilets Jaunes, je la connais, surtout lorsqu’il s’agit de lutter contre une pression fiscale injustifiée quand, dans le même temps, des sociétés internationales ne paient pas un seul euro au fisc français ! De plus, je suis un enfant de la classe moyenne qui a bossé pendant toutes ses vacances scolaires à l’usine pour financer ses années universitaires. 

 A quand le tome II ?

Ce n’est pas d’actualité. Je suis actuellement occupé par mes activités professionnelles de collaborateur législatif et d’enseignant, ainsi que par mon doctorat en droit public. Je pense quoi qu’il en soit avoir dit l’essentiel sur le sujet, et ce quelque soit l’issue du mouvement. 

Propos recueillis par LG/info-chalon.com

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