Saône et Loire économie

A Bruxelles, "ici, il n'y a pas de punching-ball gouvernemental ! "

Recevant une délégation de chefs d'entreprise de Saône et Loire au coeur du Parlement Européen, le parlementaire européen Arnaud Danjean, n'a pas eu sa langue dans sa poche face à des entrepreneurs qui regardent l'Europe avec méfiance.

Moment privé au coeur du Parlement Européen pour la délégation de la CGPME Saône et Loire reçue par le député européen, Arnaud Danjean. L'occasion pour les uns et les autres de discuter à bâtons rompus, oubliant le protocole, et surtout parler d'Europe. Après un rapide tour d'horizon des modalités de fonctionnement, le parlementaire européen entendait casser les fauses idées autour de l'Europe, et faire comprendre aux entrepreneurs Saône et Loiriens, "que l'Europe se construit à 28", et qu'il ne faut pas la regarder par le seul prisme franco-français.

La spécialisation plébiscitée à l'Europe

Arnaud Danjean a tenu à rappeler que contrairement au fonctionnement purement national, au Parlement Européen, "c'est votre capacité à maitriser un dossier qui fait de vous quelqu'un susceptible d'être écouté. Ici, tout devient très technique, bien devant le politique. Les couleurs politiques se diluent, se croisent avec les politiques nationales. Les clivages gauche/droite tels qu'on les connaît en France n'ont pas lieu ici. Il y une multitude de combinaisons possibles, mais pour faire gagner une majorité, il faut les compétences". 

Le mot est lâché ! Le parlementaire européen martèle le fait qu'au Parlement Européen, "il n'y a pas de majorité absolue d'un camp ou d'un autre. Tout est négocation, arbitrage, qui va dans le sens de l'intérêt général. Les connexions se font sur les compétences, sur la maitrise technique. Aucun vote ne ressemble à un autre, tout simplement parce qu'il y a ici 7 groupes politiques et que les majorités se font et se défont. La seule certitude à Bruxelles, c'est que l'incertitude demeure". 

Accuser l'UMPS à Bruxelles... est totalement absurde

Reprenant les accusations entendues ici ou là en France, Arnaud Danjean pointe du doigt, les accusations "d'UMPS" au Parlement européen. "C'est méconnaître totalement la réalité des choses. Ici on a besoin de travailler avec les autres. Pour faire avancer les dossiers, il faut être en quête du compromis permanent et l'extrême gauche comme l'extrême droite viennent compliquer la donne. A Bruxelles, vous devez retirer votre regard national et être en pointe sur les dossiers. Ici, il n'y a pas de punching-ball gouvernemental vers lequel se retourner quand ça ne va pas". 

"Oui on ne travaille pas assez avec les parlementaires nationaux"

Arnaud Danjean sollicité sur les liens avec le national, n'y va pas par les quatre chemins, "oui on ne travaille pas assez avec les parlementaires nationaux ou  trop peu. Bruxelles est percu comme trop loin ou toujours sous le prisme de la démagogie". L'euro-député s'en est d'ailleurs pris au Préfet de Saône et Loire qui récemment dans un article de presse, pointait du doigt la PAC 2017 sur les retards de paiment. "C'est proprement scandaleux que de tenir de tels propos dans la presse. La faute n'est pas à l'Europe mais à la France qui a tardé à mettre tout en place. Il ne faut pas inverser les rôles". "La réalité, c'est que le pays d'Europe qui paye le plus de pénalité pour ne pas mettre en oeuvre les politiques européennes, c'est la France". "Oui, il y a sans nul doute des trucs compliqués à Bruxelles, mais sur le dossier de la PAC, la responsabilité en revient au gouvernement Français". 

Sur le côté régional, Arnaud Danjean a endossé ses deux casquettes de conseil régional et de député européen, afin de préciser "qu'aujourd'hui, la bonne idée de la régionalisation des aides européennes est une catastrophe. C'est une usine à gaz parce que la région n'est pas prête à absorber l'ingénierie européenne". 

Sur la question d'un armée européenne

C'est le spécialiste de la défense qui s'est fait un plaisir de rappeler aux entrepreneurs Saône et Loiriens qu'ils doivent là encore ne pas se contenter des informations qu'on veut bien leur donner. "Une armée européenne ? mais qui commande ? qui prend les décisions in fine ?". C'est là toute la question.  "En dehors, des Français ou des Anglais, aucune armée n'est en capacité de se projeter rapidement. En Allemagne, ça passe au Parlement... et ce d'autant plus lorsqu'il s'agit d'intervenir militairement. Mais n'imaginez pas que la France est seule à intervenir ! A titre personnel, j'étais partisan d'un fonds commun européen permettant à des armées de pays européens d'intervenir militairement alors qu'ils n'ont pas les moyens de financer les interventions". 

"Il nous appartient de faire attention à la présentation des choses si on veut que les autres nous suivent. C'est là tout l'enjeu au quotidien à Bruxelles". 

Laurent Guillaumé

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