Saône et Loire économie

"C'est un vrai projet de société, créateur d'emplois dans les zones rurales" que propose la CGT

Loin des projets réducteurs plaçant les militants CGT comme d'éternels insatisfaits et opposants à l'économie et au patronat, voilà une initiative qui méritait bien un focus. Les explications d'info-chalon.com.

Dans la droite ligne des Assises de l'industrie qui s'étaient tenues le 22 février 2017, les militants de Saône et Loire ont bossé et bien bossé sur un "un projet global de société" a précisé Christophe Bride, Secrétaire général de la CGT Saône et Loire, entouré de ses collégues cheminot et du bâtiment. "On est loin de l'image d'Epinal qui nous colle, celle des opposants à tout. On propose une alternative à certaines pensées avec la ferme volonté de démontrer qu'avec de la volonté politique, on peut changer les choses. Tout n'est pas figé et des mutations profondes sont en cours, il nous revient de les anticiper et de préparer les territoires en conséquences, sinon le résultat sera catastrophique pour les territoires ruraux". 

"On est dans une cohérence de propositions qui s'imbriquent toutes les unes aux autres avec le projet autour de la multimodalité des transports et de l'industrie". "Notre point de départ est celui de l'industrie et des territoires. L'industrie est central et c'est par cette notion qu'on arrive à terme aux services publics et à la défense des salariés. C'est un projet qui doit se penser dans sa globalité". 

Christophe Bride rappelle que le projet est né d'une vaste concertation avec un "syndicalisme rassemblé" en faisant appel à de nombreuses associations engagées à l'image de l'AESL Gueugnon, Agir pour le fluvial, le CODEF de Montceau, le Collectif Lucy, la Chambre Nationale de la Batellerie artisanale, l'association pour le maintien de l'agriculture paysanne, la confédération paysanne, l'association des maires ruraux de France... pour ne citer que ceux là. C'est dire l'ampleur de la réflexion, qui n'est pas née dans l'arrière-chambre de l'Union départementale à la Maison des syndicats, mais bien une pensée globale et partagée. 

"Arrêtons l'hémorragie en territoire rural"

"Il faut arrêter l'hémorragie des fermetures de sites industriels, des savoir-faire et de la maîtrise technologique, que le développement des secteurs industriels soit en capacité de répondre à l'intérêt général en mettant en place des circuits courts, une économie circulaire, l'éco-conception, la production d'objets durables, interconnectables et réparables. Cela nécessite des modes de transports collectifs moins polluants, de réfléchir sur l'urbanisme et sur l'organisation du temps de travail". 

Industrie et services publics

"L'un ne va pas sans l'autre. Les entreprises industrielles ont besoin d'accès aux services publics pour se développer et il y a plus de services publics là où il y a de l'activité industrielle. Toutes ces activités sont sources d'emplois et de revenus pour les salariés, les fonctionnaires et pour les collectivtiés ou l'Etat. Ces implantations engendrent de l'investissement structurant générateur d'emplois pour les entreprises, dans la recherche et la formation professionelle". 

La CGT appelle de ses voeux "à se reposer sur les mieux disant  en tenant comptes des critères économiques, sociaux et environnementaux notamment dans les commissions d'achats de matériel, prendre en compte les enjeux d'économie circulaire qui doivent profiter en priorité au développement locale et limiter les déplacements. Industrie et services publics forment au final un vrai couple fusionnel qui structure les territoires". 

Des propositions concrètes

Mise en place d'une plate-forme multimodales fluvial-ferroviaire avec le lien nord-sud Chalon sans passer par la route, reconquête industrielle autour des sites Verralia, Solover pour la filière verre ou autour de Terreal à Chagny pour la filière matériaux de construction, ou encore autour de Framatome, Alem, VNF. Mise en place d'une plateforme multimodale fluvial/ferroviaire sur Montchanin-Ecuisses, interconnexion TER/TGV de la VFCEA et RCEA pour toutes les industries creusotines avec le lien ASLTOM/Mecateamcluster pour la filière maintenance ferroviaire sur Montceau les Mines. La CGT va même plus loin proposant la relance de la centrale Lucy autour de la biomasse en lien avec la filière bois sud Morvan avec à terme l'exploitation de 150 000 à 200 000 tonnes transportées par train ou canal et l'installation d'un centre d'études. Et les propositions ne s'arrêtent pas là ! Tous les bassins de vie de Saône et Loire sont concernés. 

Le sujet de la forêt sera d'ailleurs mis en avant dans le cadre d'Euroforest les 21 et 23 juin prochain à Saint Bonnet de Joux

Conscients de l'enjeu pédagogique, les militants de la CGT Saône et Loire ont frappé à la porte des organisateurs d'EuroForest qui accueille plusieurs dizaines de milliers de visiteurs sur les trois jours de salon. "Un accueil très favorable lorsqu'on a pu expliquer les enjeux économiques de nos propositions". La CGT disposera d'un stand dédié à la filière bois, économie, industrie, permettant d'exprimer au mieux leurs ambitions pour le territoire". 

Bien entendu la CGT n'a pas tourné le dos aux revendications sociales

Evidemment, quand on parle de projet global, il doit être vu dans sa globalité. La CGT n'oublie pas le maintien des services publics de la poste dans les territoires ruraux confrontés à l'inéquité en terme d'équipements numériques, le maillage d'un équipement hospitalier cohérent, la mise en place d'un service petite enfance cohérent, l'égalité professionnelles entre les femmes et les hommes ou encore la réduction progressive du temps de travail à 32 heures, la lutte contre l'évasion fiscale ou la fraude fiscale, la formation professionnelle et bien sûr les conditions de travail. 

Laurent Guillaumé

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