Saône et Loire

Marches pour le climat : les Chalonnais étaient en force à Montceau-les-Mines

Ce samedi, 146 marches étaient organisées partout en France pour sonner l’urgence climatique. En Saône-et-Loire, c’est Montceau-les-Mines qui était le principal point de ralliement des manifestants.

Après avoir longtemps défendu avec ses collègues du Gouvernement une hausse des taxes sur le carburant pour – motif officiellement avancé – favoriser la transition énergétique et réduire les émissions carboniques de la France, c’est tout naturellement que le Ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, exhortait ces derniers jours à… ne pas manifester pour alerter sur le changement climatique.

Mais considérant qu’il se payait leur tête et que le pouvoir macronien n’en à rien à faire de l’écologie sur laquelle il se défausse pour mener une politique antisociale, les manifestants qui se sont aujourd’hui retrouvés à Montceau afin de marcher pour le climat lui ont implicitement opposé une fin de non-recevoir. Et ne se sont pas gênés pour dire ce qu’ils avaient sur la patate.

C’est de toute la Saône-et-Loire que cette autre sorte de marcheurs, aux revendications toutefois moins nébuleuses que celle du mouvement du Président de la république, sont venus. Parmi eux, les Chalonnais étaient en force. Remontés comme des coucous sur le fond mais bon enfant sur la forme. En effet, sourires et slogans humoristiques étaient de sortie pour dire qu’il est grand temps de réagir.

Claire Mallard : « L'emballement climatique, c'est pas dans 30 ans, c'est maintenant qu'il se manifeste avec des conséquences sur les écosystèmes et nos modes de vie (sécheresse, épisodes météos intenses, inondations, perte des rendements agricoles…). »

Réagir à quoi ? A écouter Claire Mallard, co-secrétaire d’EELV en Bourgogne, c’est assez limpide. Il s’agit de réagir au désastre écologique en cours : « le dernier rapport du GIEC, et de nombreux appels de scientifiques nous alertent : nous n’avons plus que quelques années pour agir, massivement, si nous voulons éviter le pire. Il est encore temps d'agir pour inverser la tendance de l'emballement climatique à condition de changer rapidement et en profondeur nos modes de vie pour aller une société bas carbone (sortie programmée des énergies fossiles, économies d'énergies, déploiement massif des énergies renouvelables. Un monde zéro fossiles, zéro nucléaire en 2050, c'est possible ( voir les scénarios Négawatt et de l'ADEME). » Or, pour elle, « Le gouvernement n'apporte aucune réponse aux problèmes de fin du mois (explosion des inégalités, précarisation croissante) ». Il y a surtout, estime-t-elle, des « discours, de belles déclarations pour le climat et l'environnement, mais les actes ne suivent pas. Les politiques engagées (autorisation pour Total de forer en Guyane, maintien de la niche fiscal sur le Kérosène, pas de moratoire sur les projets autoroutiers, soutien au traité de libre- échange comme le CETA) contredisent les intentions. Et n'oublions pas la récente annonce d’Édouard Philippe d'abandonner la taxe carbone en 2019, tout en maintenant l'ISF et le Crédit Import Compétitivité Entreprise, alors que les recettes de la taxe carbone devrait servir à accompagner les citoyens à changer leurs habitudes sans impacter leur pouvoir d'achat. C'est à la fois un renoncement climatique et social. »

Une posture hypocrite qui, selon elle, n’est toutefois pas l’apanage du seul Etat français : « en pleine COP24 en Pologne, les citoyens se mobilisent aussi pour que les dirigeants prennent leurs responsabilité. On sait qu'il faut laisser dans les sous le sol, les trois quarts des réserves d’énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) actuellement connues si on veut limiter l’emballement du climat, et éviter une hausse de +1,5° et permettre aux sociétés de s'adapter sans sombrer dans l'inconnu. Et oui, à l'occasion de la COP24, les Etats sont face à leurs responsabilités : le niveau actuel des engagements des Etats n'est pas suffisant. Leur inaction nous conduit vers une hausse de + 3° des températures. Les faits sont là : Les émissions de CO2 devraient croître de 2,7 % par rapport à 2017, pour atteindre un niveau record de 37 milliards de tonnes. Du jamais vu en 7 ans. On est donc loin des objectifs de l'accord de Paris. C'est évidemment lié au manque de financement et d’une volonté politique à mener de véritables politiques d'adaptation (déplacements, agriculture, rénovation des logements, choix économiques visant à stopper les investissements carbone en faveur d'une économie renouvelable…). »

B.A.

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