Chalon sur Saône

Chalon-sur-Saône commémore le génocide arménien

Les Arméniens de Saône-et-Loire ont assisté mercredi à Chalon-sur-Saône à la première commémoration officielle du génocide arménien de 1915. Retour émouvant dans son terrible passé pour une communauté avec Info-Chalon sur cette journée nationale, qui était également une promesse de campagne d’Emmanuel Macron.

Le 24 avril 1915, à 20 heures, le triumvirat d'officiers «Jeunes-Turcs» («Jön Türkler» en turc), composé de Talaat Pacha, Enver Pacha et Djemal Pacha le Boucher, issu d'un groupe qui a mené une rébellion contre le sultan Abdülhamid II, renversé et exilé en 1909, et qui dirige le moribond Empire ottoman, cette glorieuse civilisation qui n'était plus que l'ombre d'elle-même, enlisé dans la Première Guerre mondiale aux côtés des Empires centraux (l'Empire allemand et l'Empire Austro-Hongrois) donnait l'ordre à Bedri Bey, le chef de la police d'Istanbul, alors capitale, d'arrêter entre 500 et 600 intellectuels arméniens avant de les assassiner.


C’était le début d’un massacre qui durera jusqu'en 1923 et qui coûtera la vie à plus d'1 million 200 000 personnes, soit les deux tiers des Arméniens de l’Empire ottoman.


C'est cette date qui avait été retenue par l’Arménie et la République d'Artsakh (ex-région du Nagorny-Karabakh , appellée également République du Haut-Karabagh), territoire à majorité arménienne de l'Azerbaïdjan qui s'est autoproclamé indépendant de Bakou, le 2 septembre 1991, et reconnu par aucun pays membre de l'ONU.


«Notre peuple a failli disparaître mais nous sommes toujours vivants»
Ils étaient nombreux les Arméniens présents au Monument aux Morts de Chalon-sur-Saône, sur l'esplanade de la Légion d’Honneur, à 11h30, ce mercredi, à l’occasion de la journée nationale de commémoration du génocide arménien, en dépit de la pluie et du vent.


Reconnu depuis 2001, en France, le génocide arménien depuis 2001, ce n'est que tout récemment qu'Emmanuel Macron a décidé que ce 24 avril serait dédié à la commémoration du génocide, provoquant la colère d'Ankara.


Lors d'un discours, le chef d'État turc Recep Tayyip Erdogan s'en est pris aux «donneurs de leçons» et a notamment accusé la France d'être responsable du génocide au Rwanda en 1994.
«Nous n'avons pas de haine, nous voulons juste que les autorités turques reconnaissent les faits, au nom de la paix. Nous ne pouvons pas pardonner des gens qui ne reconnaissent pas les crimes du passé!», nous dit une femme, émue par la cérémonie.


Accueil des Autorités, dépôt de gerbes commémoratives, sonnerie aux Morts, minute de silence, La Marseillaise et le salut aux portes-drapeaux, comme autant de signes marquant l'intégration de cette commémoration dans le calendrier national.


La lecture du message de Mme Geneviève Darrieussecq, Secrétaire d’Etat chargée des anciens Combattants, auprès de Mme la Ministre des Armées, Florence Parly, avait été également prévue.


Après la cérémonie, M. Gilles Platret, maire de la ville, a convié tout le monde à un cocktail dans la salle de réception de la Mairie, le temps d'un petit discours. Mais les Arméniens avaient aussi une surprise pour les officiels et les anciens combattants présents. En effet, les jeunes ont entamé une vibrante Marseillaise avant Mer Hayrenik, («Notre Patrie» en arménien), de quoi donner chaud au cœur à toute la salle.


«Notre peuple a failli disparaître mais nous sommes toujours vivants», nous dit un des invités, comme un défi lancé à la face des génocidaires.


Chalon-sur-Saône est la seule ville du département à commémorer le génocide voire peut-être la seule de la région (Dijon?).

 


Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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