Sud de l'agglomération

Varennes-le-Grand : L'Autre école organise une journée portes ouvertes ce samedi 3 mars

Ouverte et inaugurée en septembre 2017, L’Autre école, portée par l’association des Escargeeks de Bourgogne, organise ce samedi une journée « Portes ouvertes ». Avis aux curieux et aux amateurs de pédagogies alternatives.

En raison d’une récente proposition de loi (lire ICI), qui a remis sur la table la question de leur encadrement, les écoles privées hors contrat qui, à la différence du privé sous contrat (ce qu’on appelle dans le langage courant « les écoles privées »), ne reçoivent pas d’argent public, font actuellement couler beaucoup d’encre. Sans doute en raison de leur succès, qui ne se dément pas.

Car ces écoles, en plein essor, attirent de plus en plus nombre de parents d’enfants déçus par le système scolaire classique. C’est la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP – service statistique de l’Education nationale) qui le dit (Lire ICI), les effectifs dans les écoles privées hors contrat augmentent. En 2017, les écoles publiques ont perdu 30 000 élèves par rapport à la rentrée 2016, alors que les écoles privées en ont gagné 7 000 dont 5 000 dans le privé hors contrat, soit une hausse – remarquable - de 15 %.

L’Autre école, une école privée hors contrat reposant sur la pratique de pédagogies alternatives

Aujourd’hui, on dénombre environ 1300 écoles privées hors contrat. En dehors de 300 établissements ouvertement confessionnels (160 établissements catholiques, 50 juifs, 40 musulmans et 30 protestants), ces écoles privées hors contrat sont laïques et, pour justifier leur existence, mettent en avant des pédagogies alternatives, inspirées des conceptions et expériences de Maria Montessori, Célestin Freinet, Ivan Illitch ou encore Alexander Sutherland Neill. Autrement dit, la grande majorité d’entre elles existent pour satisfaire la demande croissante de parents souhaitant autre chose que ce qu’offre – ou n’offre pas - actuellement l’Education nationale aux enfants qu’on lui confie.

En septembre dernier, l’une de ces écoles privées hors contrat, L’Autre école, a vu le jour (Lire ICI et ICI), en plein cœur de Varennes-le-Grand. Au début, elle n’accueillait « que » six enfants. Plus exactement six garçons. Parce que, expliquait alors la directrice de l’école Gaëlle Montmaron (Lire ICI), les garçons sont « parmi les enfants, ceux qui ont le plus de mal à se couler dans le moule des écoles de l’Education Nationale », contrairement aux filles qui, pour l’instant du moins, sont encore mieux « disposées », en raison de normes sociales persistantes qui leur sont transmises par différents canaux, à se conformer à ce que l’on attend d’elle sans faire de vagues.

Des effectifs qui s’accroissent depuis septembre

Depuis septembre, suivant en ce sens la tendance générale, les rangs de L’Autre école se sont étoffés. 11 élèves, dont deux filles, la fréquentent quotidiennement désormais, tandis que, de façon ponctuelle, 1 à 3 élèves viennent égayer ses locaux et sa cour pendant une demi-journée, voire une journée entière. Pour l’essentiel, il s’agit d’enfants que les écoles de l’Education nationale n’ont pas su ou pas voulu accueillir : ces enfants que l’on appelle « précoces », des enfants présentant des troubles autistiques, des enfants qui ne trouvaient pas leur place ailleurs, des enfants qui avaient perdu l’envie d’apprendre.

Basé sur le principe, fondamental, que les enfants sont libres de faire ce qu’ils ont envie de faire, L’Autre école n’est pas non plus l’école où l’on fait tout ce qu’on veut, comme on appelait la « Summerhill School » d’Alexander Sutherland Neill (Voir ICI). En effet, chaque jour, ceux qui la fréquentent reçoivent leur dose d’apprentissage de la langue française et, aussi, de mathématiques. Mais des mathématiques concrètes, appliquées, et non pas abstraites, désincarnées, comme celles, classiquement enseignées, où il s’agit d’apprendre des formules, sans trop en comprendre le sens et la portée, que l’on finit par prendre en grippe. Ce qui n’est peut-être pas sans expliquer pour partie les résultats de la France en ce domaine, dans les différents classements internationaux (PISA, etc.) qui défrayent régulièrement la chronique en pointant les lacunes des Français en maths.

En dehors de ces impératifs, les enfants apprennent par le jeu, font des expériences scientifiques grandeur nature, s’initient à la musique et aux instruments permettent d’en jouer. Ils le font avec Gaëlle Montmaron, des parents d’élèves ou l’un des nombreux bénévoles venant régulièrement à L’Autre école, essentiellement parce qu’ils s’y sentent eux-mêmes bien. Car, contrairement à d’autres lieux, fermés ou dans lesquels les parents d’élèves doivent s’arrêter au seuil des portes de classes, L’Autre école est ouverte sur l’extérieure. Tout un chacun peut venir voir comment ça se passe concrètement, voire apporter sa pierre à un édifice en perpétuelle construction depuis septembre en animant des ateliers, ou encore assister à des conférences, comme celle du vendredi 2 mars, consacrée à certaines propriétés des fleurs de Bach.

A vrai dire, L’Autre école se montre si peu fermée qu’elle aurait presque pu se passer de la journée Portes Ouvertes qu’elle organise ce samedi 3 mars 2018, de 10 à 19, place de la poste à Varennes-le-Grand, et à laquelle toute personne intéressée ou plus simplement curieuse est conviée.

Samuel Bon

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