Autre opinion
Center-Parc - non à l’utilisation outrancière de l’argent public !
Publié le 19 Juillet 2013 à 07h47
communiqué EELV 71 du 18 juillet 2013
La multinationale Pierre et Vacances espère faire émerger à l’horizon 2017 un vaste projet immobilier, un Center-Parc, sur une surface boisée de la commune du Rousset (canton de La Guiche). C'’est avec notre argent qu’on parquera les estivants après avoir détruit un site naturel accessible à tous et classé « espace naturel sensible ».
Pour tous les Center-Parcs déjà crées, la méthode est la même : s'installer sur un territoire, à faible densité urbaine, où les collectivités locales viennent compléter les financements de l’État et de l'Europe. Ce sont les collectivités qui offrent le plus de subventions qui sont choisies.
Le Conseil général de Saône et Loire reste curieusement muet sur le montage financier qu’il propose.
L’artificialisation des sols s'accélère au détriment des espaces agricoles et naturels. Tous les 7 ans l’équivalent d’un département disparaît. Face à cette situation Cécile Duflot présentera le projet de loi pour l' Accès au Logement et à l'Urbanisme Rénové en automne. L'objectif est de produire plus de logements tout en respectant un urbanisme protecteur de l'environnement.
Alors pourquoi des élus responsables livrent-ils le site du Rousset au promoteur immobilier ?
L’emploi ?
Pierre et Vacances surfe sur la peur de la crise et son cortège de chômage et de pauvreté. Mais les emplois proposés sont précaires (1) et les retombées économiques locales faibles. De nombreux services comme la restauration sont externalisés. Consommations et activités se font à l'intérieur du centre.
Le retour sur investissement ?
Quelle est la fiabilité d’un groupe qui accuse une perte nette de plus de 27 millions d'euros en 2012 et dont le modèle économique, basé sur la défiscalisation, s'épuise (2) ? Le magazine « Capital » dans son numéro de février 2013 et relayé par la revue l'Hémicycle (26 février 2013 ) montrent la faillite de nombreuses résidences et l’étranglement des petits épargnants qui avaient investi dans celles-ci. Et ceci malgré une niche fiscale que Jérôme Cahuzac a fait prolonger pour 4 ans, en décembre 2012 (3)
Pourquoi dans ces conditions devrions nous accepter d’engager nos impôts dans une future friche touristique ?
Une fois de plus le mythe du "Grand Projet" facteur de développement et d'attractivité d'un territoire prévaut. L'argent public doit aller vers les investissements d'avenir, source d'emplois durables, pour répondre aux besoins quotidiens de la population en matière de transports, de logements et lutter contre la précarité énergétique des ménages ( très prégnante dans le canton de la Guiche (4))
Les pouvoirs publics doivent accompagner cette mutation de la société par des choix financiers responsables.
C'est par un aménagement durable du territoire où les projets s’adaptent au tissu et ressources existant, qui garantit les besoins énergétiques et services fondamentaux que nous aurons des territoires ruraux vivants et attractifs.
Marie-Claude Colin Cordier porte parole EELV71
1-L’observatoire économique, sur les 304 salariés du groupe, note que 60 % sont payés au Smic horaire, dont la moitié à 319 euros par mois, du fait de contrats hebdomadaires de neuf heures en tant qu’agents techniques de nettoyage par exemple. Seuls 6 % touchent un salaire supérieur de 20 % au Smic
2-Preuve que ce type d’investissement est à manier avec des pincettes, la Banque Patrimoine et Immobilier (BPI), une filiale du Crédit Immobilier de France (CIF), classe les résidences de tourisme au second rang en matière de toxicité dans son « Guide des engagements », un document interne destiné à ses conseillers datant de 2010.
3-le dispositif fiscal Censi-Bouvard très favorable aux grands groupes de tourisme, ne permet pas de concentrer les investissements là où se situent les réels besoins : les résidences principales et le logement social. Les élus écologistes ont proposé deux amendements, refusés, l’un visant à retirer les résidences de tourisme du dispositif et de bon sens demandant une évaluation des effet de cette niche fiscale avec une simple prolongation d’un an.
4-étude du Ceser : maîtriser l'étalement urbain en Bourgogne (janvier 2011)
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