Sud de l'agglomération
CORONAVIRUS - Les représentants du personnel dénoncent les conditions de travail chez Rhénus Logistic Sevrey
Publié le 20 Mars 2020 à 11h14
Suite à nos 2 appels téléphoniques en 2 jours concernant la propagation du Covid-19(Coronavirus), les salariés ne sont pas plus rassurés et nous constatons depuis quelques jours une angoisse grandissante.
En effet, nous avions évoqué le chômage partiel afin d'éviter les risques de contagion mais, je vous cite : « Tant qu'il y a des commandes sur le site, nous ne voyons pas l'utilité de stopper l'activité ».
Activité, qui, aux yeux seuls des dirigeants Rhénus Logistics, est apparemment considérée comme indispensable à la Nation.
Le nombre de cas positifs et de décès dans le monde ne cesse de croître d'une manière affolante.
A titre d'exemple et en une seule journée du 18 Mars 2020, L'Italie, pays voisin, a perdu 475 de ces concitoyens.
Selon les chiffres officiels, plus de 11 000 cas en France à ce jour dont presque 1 000 dans un état grave, et environ 400 décès. Pour la Bourgogne-Franche-Comté, environ 600 cas sont déclarés et 23 décès, dont 10 dans la seule journée d'avant hier !!!
Nous nous sommes réunis le 11 Mars avec vous afin d'alerter la Direction de cette angoisse grandissante sur le site, de prendre des mesures nécessaires et informer les salariés sur ces dispositions à prendre.
Malheureusement et malgré toute la bonne volonté de notre Directeur de Site à vouloir tout mettre en œuvre pour protéger ses salariés, il est impossible de ne pas être en danger sur votre site de Chalon, impossible d'avoir la certitude de ne pas être contaminé en rentrant le soir, pour ensuite retrouver nos familles confinées et vulnérables et leur faire contracter le virus à leur tour.
Car oui, Rhénus France dit tout mettre en œuvre pour protéger ses salariés, mais il s'avère qu'au vu des conditions sanitaires sur notre site, il est impossible d'assurer la sécurité des salariés et de leurs familles.
Notre président Rhénus France M.Schuster a pourtant bien précisé dans une vidéo de prévention que je cite : « La priorité une, c'est la santé des collaborateurs, tout ce que nous pouvons mettre en place est réalisé, Rhenus est un groupe familial solide et robuste avec une assise financière qui va lui permettre de faire face à cette situation, vous n'avez pas d'inquiétude à avoir ».
Or, l'inquiétude est malheureusement omniprésente, car apparemment « l'assise financière » ne permet même pas de faire intervenir une équipe de désinfection sur le site de manière régulière et tout ce que vous pouvez « mettre en place » n'est que très partiellement réalisé.
En effet, la distance de sécurité de moins de un mètre ne peut en aucun cas être respecté, dans les couloirs toilettes, sur les postes de travail tel que le déchargement des colis(toute aide de port de charges à 2 ne se fait pas obligatoirement avec les protections adéquates), expédition(2 voir 3 salariés dans la même remorque) , prises des cartons. Car même si le port des gants est obligatoire, les salariés doutent fort, et à juste titre, que ces modèles de gants soient en capacité de stopper le virus.
De plus, hormis quelques poignées de portes désinfectées de manière assez aléatoire et sans aucune traçabilité, les salariés se demandent comment faire pour manipuler leurs claviers, leurs souris, leurs chariots, leurs écrans tactiles, scans, batteries, fontaines à eau, machines à cafés car aucune précaution ne peut être réellement mise en œuvre tout simplement à cause de l'absence de gels hydroalcooliques et de lingettes sur le site. Nous joignons quelques photos prises le 19 Mars 2020 afin d'appuyer nos propos.
Nous avons eu sur le site plusieurs alertes créées par de légers toussotements engendrant la psychose, et un salarié est actuellement confiné 14 jours par son médecin par mesure de précaution. Apprenant cela, des intérimaires ne renouvellent pas leur contrat par peur d'être contaminés. Et les CDI se sentent pris au piège par votre décision irresponsable, la plupart souhaitant une mise en chômage partiel.
Nous nous voyons donc dans l'obligation d'alerter des organismes qui devraient se sentir plus concernés par la santé des salariés.
Il est bien évident qu'au de votre passivité sanitaire, vous ne respectez en aucun cas l'article 4121-1 du Code du Travail, de même que les articles 223-1 et 223-6 du Code Pénal."
Cordialement,
Délegué Syndical FORCE OUVRIERE
Rhénus Contract Logistics Sevrey
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