Saône et Loire économie

COVID, économie, retraite, Laurent Letourneaux, patron du MEDEF de Saône et Loire se livre

Alors que la crise sanitaire est loin d'avoir prononcé son dernier mot, info-chalon.com donne la parole au Président du MEDEF de Saône et Loire, Laurent Letourneaux. Une expérience et du positivisme qui fait plaisir à attendre même si le patron des patrons n'oublie pas de délivrer des messages au passage.

Celui qui rendra prochainement son tablier de Président du MEDEF de Saône et Loire, a tenu à délivrer un certain nombre de messages, alors que notre département et notre économie n'échappent pas à la crise sanitaire sans précédents dans l'Histoire de France. 

"Notre responsabilité est de porter le masque et de respecter les gestes barrières"

Laurent Letourneaux se veut très protocolaire dans la manière d'accueillir et de saluer. Un protocole mis en place et respecté au sein du bâtiment qui accueille le mouvement patronal. Plus de poignée de main, plus d'accolades ou autres gestes susceptibles d'être à contre-sens des préconisations d'usage. Un message préliminaire sur lequel le Président du Medef appelle toutes et tous à respecter ces fameux gestes, sans lesquels la situation sanitaire pourrait vite déraper.  

"Un début d'année de bonne qualité mis à mal"

L'amertume est du côté des entreprises, d'autant plus que ce début d'année était unaninement qualifié de très dynamique en terme d'activité économique. "On avait presque récupéré ce qui avait été perdu à l'occasion de la crise de 2008. On retiendra tout de même que cette crise sanitaire a révélé l'exemplarité des entreprises et leur agilité face à la situation. En l'espace de quelques jours, ce sont plus de 5 millions de personnes qui ont été mises en situation de télétravail. C'est du jamais vu ! C'est la première fois que des aides aussi massives ont été mobilisées" souligne le patron du MEDEF, qui salue au passage la réactivité gouvernementale face à la situation économique et sociale. 

L'inquiétude ? Laurent Letourneaux ne peut pas s'empêcher d'avoir une pensée pour toutes les entreprises liées directement ou indirectement aux équipementiers du secteur aéronautique notamment, mais aussi au secteur hôtelier, aux commerces de détails. Pour autant, "pour le moment, il n'y a pas de suractivité dans les tribunaux de commerce" même si Laurent Letourneaux n'est pas dupe, "l'atterissage se fera à partir de l'automne et 2021 risque d'être une année compliquée" d'autant plus lorsqu'il évoque la question douloureuse "du crédit interentreprises qui représentent 700 milliards d'euros" ainsi "la dégradation forte de l'assurance-crédit".

"On ne gagne pas de l'argent en faisant des économies"

"Certaines entreprises vont opérer des coups de vis évidents sur la gestion et réduire le train de vie de l'entreprise" mais pour le patron du MEDEF, "on ne gagne pas de l'argent en faisant des économies". Le propre de l'entreprise, c'est bien l'investissement. "Dans toute crise, il y a des opportunités, des changements de pratique, des relocalisations...". Et c'est là que l'optimisme du chef d'entreprise reprend de la vigueur, alors que ce spécialiste de l'intérim fêtera à l'automne ses 20 ans d'existence et son installation dans de nouveaux locaux sur quelques 600 m2 à Chalon sur Saône. Le patron des patrons profite de l'opportunité donnée pour rappeler l'importance " de tout mettre en oeuvre en terme de fiscalité afin d'améliorer la compétitivité des entreprises" et de saluer "les acteurs politiques locaux qui veulent favoriser l'économie en accompagnant la création de richesses". Un message de sympathie adressé à Sébastien Martin, Président du Grand Chalon, qui dévoilera ce jeudi soir en conseil communautaire, un certain nombre de mesures en faveur du redressement économique post-covid. 

"Il n'y a pas un monde d'avant et un monde d'après... le monde s'est juste mis entre parenthèses"

A l'heure de la nomination de Jean Castex au poste de 1er Ministre, Laurent Letourneaux y voit "une situation plutôt intéressante parce que c'est quelqu'un de terrain", rappelant "qu'il ne faut pas opposer économie et écologie", "accéler la couverture numérique des territoires", "régler les questions de mobilité sur les territoires qui permettront à terme d'avoir un télétravail confortable..."

"Un vibrant hommage aux salariés"

"On a vécu quelque chose inédit, on doit rendre hommage à toutes celles et ceux qui se sont mobilisés pendant le confinement, à ceux qui nous ont soigné, livré... à tous ses salariés courageux". Et à la question des revalorisations salariales, le patron du MEDEF s'est voulu sans doute à contre-courant de ce que certains pourraient penser, "oui il y a des sujets à poser et sans doute des mentalités à changer. Il n'y a pas un monde d'avant et un monde d'après, le monde s'est juste mis entre parenthèses. Je crois en la réussite de notre pays, on est le seul au monde à avoir mis en place une quantité de dispositifs de soutiens".

"Sur la question des retraites, oui il faut temporiser"

Sur l'urgence du dossier de la réforme des retraites, relancé par le gouvernement, Laurent Letourneaux se veut en désaccord, précisant "que le MEDEF n'est ni demandeur ni à l'initiative de la réforme des retraites, mais aujourd'hui, il faut temporiser. Le pays a besoin de calme et de sérénité, d'apaisement. Notre pays se fracture déjà énormément, il ne faut pas rajouter du désordre au désordre ambiant.

Laurent Guillaumé 

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