Gilles Platret demande à « Monsieur le Préfet, allez donc faire la queue avec des dizaines d’autres personnes devant une caisse enregistreuse, et on en reparle… »

La réponse du maire de Chalon sur saône au Préfet de Saône et Loire n'a pas traîné.

Evoquant l’arrêté que j’ai pris cet après-midi pour autoriser la réouverture des commerces de vente au détail non alimentaires de Chalon afin de mieux lutter contre la propagation du virus dans les centres commerciaux qui favorisent l’accumulation des clients, le préfet de Saône-et-Loire déclare pompeusement : « L’arrêté en question est illégal ».

 

Diantre ! Depuis quand un préfet est-il autorisé à se substituer au juge ? C’est le juge qui peut seul juger de la légalité, pas le préfet. Le préfet peut avoir un doute sur la légalité d’une mesure municipale, c’est dans ses prérogatives et je n’ai rien à dire là-dessus. Mais il ne saurait prétendre à lui seul dire le droit sans méconnaître le principe constitutionnel de la libre administration des communes.

 

Du reste, je note que le préfet ne méconnaît pas que le droit, mais aussi la réalité. En particulier la réalité de ce qui se joue dans les grandes surfaces en ce moment. Il évoque de manière savante le respect d’un protocole sanitaire, un nombre maximum de mètres carrés par client... Depuis combien de temps n’a-t-il pas fait la queue avec des dizaines d’autres clients à une caisse enregistreuse ? Cela lui donnerait sûrement matière à nuancer son jugement.

 

Le problème, nous le connaissons : les grandes surfaces vendent de tout, produits de première nécessité et tous les autres produits. Les clients les fréquentent logiquement pour l’ensemble de ces produits.

 

Or, le calcul que je fais en prenant mon arrêté est le suivant : les clients seront moins nombreux à chercher ces autres produits dans les mêmes centres commerciaux s’ils peuvent les acquérir dans tous les magasins de la ville. Il s’agit donc de déconcentrer la clientèle. Ce qui, profitable pour ralentir la propagation du virus, serait par la même occasion beaucoup plus juste en terme de concurrence loyale.

 

Je note que je ne suis pas le seul à le penser. Déjà, le Sénat veut changer la loi pour permettre la réouverture de nombre de commerces de proximité. Plusieurs collègues maires pensent et agissent de même. Et ce soir même, l’Association des Maires de France demande au gouvernement le réexamen de la notion de commerce de première nécessité, ce qui ne serait que justice.

 

C’est dans ce contexte que, désireux de combattre l’épidémie et de soutenir le commerce de ma ville, j’attends, avec autant de sérénité que de vigilance, la décision du tribunal administratif.

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