LOI SECURITE GLOBALE - Pour les parlementaires socialistes de Saône et Loire, "on ne règle pas un problème en éteignant la lumière !"

Cécile Untermaier, députée et Jérôme Durain, Sénateur de Saône et Loire ont dénoncé le comportement du gouvernement et de la majorité parlementaire dans la gestion de la loi dite de Sécurité Globale.

"L'article 24 qui cristallise les tensions est la partie émerg"ée d'un mauvais texte" déplore Jérôme Durain, qui constate avec une certaine amertume l'amateurisme de la majorité parlementaire et du gouvernement en général, sur un dossier qui aurait du être traité bien différemment, en étroite collaboration avec l'ensemble des acteurs, et pas seulement "avec les syndicats policiers et le Ministère de l'Intérieur".  "Ce texte de loi ne tient pas la route. Il n'est en aucun cas l'émanation d'un travail parlementaire mais bien quelque chose concocté par le gouvernement" constatent les deux parlementaires Saône et Loiriens, constatation qui prend un douloureux écho au regard des faits "divers" qui viennent confirmer le sentiment  relevé par de nombreux acteurs de la cause des Droits de l'Homme. 

"Il faut quand même comprendre que la loi en question a été pointée du doigt par de nombreuses personnes et en dernier chef le rapporteur de l'ONU. Il y a quand même des questions à se poser !" fulmine Cécile Untermaier. 

L'ironie du moment ? "Les députés n'ont plus la main" rigole Jérôme Durain

"Le texte a été adopté en première lecture. Les députés n'ont plus la main. L'examen au Sénat n'est même pas encore à l'agenda. On ne s'exprimera qu'en janvier au mieux" s'étonne Jérôme Durain, s'amusant de voir la soudaine activité des députés de la majorité, constatant la situation conflictuelle qui entoure le projet de loi. 

Le vrai sujet est ailleurs

Cécile Untermaier n'en démord pas, "la vraie question est celle des moyens humains et financiers pour nos forces de l'ordre. On ne règle pas un problème en éteignant la lumière des caméras. Il faut multiplier les formations, procéder à une meilleure qualité de l'encadrement des forces de l'ordre et de son pouvoir décisionnel. Il est clair de rappeler que la liberté d'information fonde l'information". 

"On ne punit pas pénalement un délit d'intention"

"Il ne faut pas faire semblant avec des artifices" s'indigne l'élue Saône et Loirienne, pointant les incohérences fondamentales qui entourent le texte. "On veut interdire de filmer, de capter des images si on prend que le cas de l'article 24 de la loi, sous prétexte qu'il y aurait une intention de nuire, un délit d'intention. Mais ça n'existe pas en droit pénal. Il y a un vrai manque d'honneteté de la part du gouvernement". 

"Bien sur qu'il faut protéger les forces de l'ordre mais il suffit d'appliquer le droit pénal à l'encontre de celles et ceux qui diffusent des informations d'ordre privé sur nos forces de l'ordre. Il nous faut plus de réactivité face aux réseaux sociaux mais contourner ce problème par un autre, ca ne résoudra rien". 

Pour Jérôme Durain, "il y a une dimension politique dans la loi dite de Sécurité Globale. Il y a un vrai enjeu à remettre les forces de l'ordre au coeur de la société française et ce n'est pas en créant un fossé qu'on arrangera la situation. Il faut siffler la fin de la partie ! Et ça commence par un vrai travail parlementaire. Si on avait eu un bon travail parlementaire, nous n'aurions pas eu ces instrumentalisations quelque peu exotiques", "avec un aéropage de chefs à plumes qui brassent de l'air" ironise même Cécile Untermaier.  

"La situation ne fait que brouiller les esprits et rend inintelligible le travail parlementaire". 

Les deux parlementaires ont réclamé le retour au bon-sens et à de vraies décisions comme l'instauration d'un vrai dispositif de caméras piétons (de qualité) qui sécurise tout le monde ou encore une réflexion autour de l'IGPN. Des sujets qui devraient animer les prochains échanges parlementaires. 

Laurent Guillaumé 

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