19 mars : Un devoir de commémoration mais aussi du recadrage

Il y a 59 ans, le 19 mars 1962, le cessez-le feu mettait fin au conflit entre la France et la rébellion algérienne, les Anciens Combattants d’Algérie ne peuvent oublier.

C’est à Evian, le 18 mars 1962, que les accords ont été signés entre le Gouvernement français et les représentants de la rébellion algérienne de l’époque. Le lendemain, 19 mars, les combats ont officiellement cessé mettant fin à ce confit qui aura duré 7 ans et 8 mois, si l’on tient compte des semaines tragiques qui suivirent ce cessez-le-feu et fomentées par l’OAS. Un conflit qui sera seulement reconnu comme étant une guerre en 1999 !

Pour celles et ceux qui sont encore de ce monde, les Anciens Combattants d’Algérie, cette date, même si elle ne signifie pas une victoire militaire au même titre que leurs glorieux Anciens des Guerre de 14-18 ou 39-45, est avant tout une date mémorielle nécessaire pour « recadrer »  l’Histoire et saluer, comme il se doit par devoir, les 30000 militaires tués au combat et Morts pour la France ainsi que les 65000 blessés, tout en ayant une pensée pour les nombreux civils européens ou musulmans victimes des actes terroristes.

Une page d’Histoire qu’il ne faut pas oublier, qui a marqué beaucoup les gars de 20 ans, appelés, rappelés, mais aussi engagés, qui ont de différentes façons défendus ce territoire français composé de trois départements (Alger, Oran, Constantine), loin d’un esprit colonial que l’on semble vouloir lui donner ces dernières années, sans doute pour être dans l’air du temps.

La politique, sans aucun doute diplomatique et une nouvelle fois par intérêt, veut faire passer la responsabilité de cette guerre à la France en désignant un rapporteur, historien émérite n’en doutons pas, pour lui faire dire que l’Etat Français a agi de façon criminelle en éliminant tel ou tel personnage de l’époque. Mais aussi faire admettre que certains actes violents et restés secrets ont besoin d’être révélé, quitte à transmettre cet état de fait à nos enfants dans les écoles. C’est grave !

Comment ne pas être réactif face à une telle démarche qui semble aller dans un sens mais pas dans l’autre ? 

Demandons a ceux qui ont été présents visuellement, à Constantine, le jour ou des grenades lancées par des sauvages sont venues tuer femmes et enfants à la piscine municipale.

Demandons à ceux qui ont vu leurs frères d’armes de la Compagnie de commandement de leur Régiment parachutiste (2e RPIma) être évacués en hélicoptère après une embuscade traitresse dans la presqu’ile de Collo avec leurs parties génitales coupées et enfoncées dans la bouche ! 

Faut-il encore décrire d’autres actes de barbarie d’un terrorisme qui s’attaquait tout aussi bien à la population civile des douars et des villes ? Une véritable guérilla sauvage, mesquine, fourbe, difficile à cerner quand ce même régiment parachutiste de la 10e Division Parachutiste avait pour mission de les poursuivre et de les anéantir dans tous les djebel et massifs, voir aux confins du Sahara, de ce beau pays d’Algérie.

Alors s’il vous plait ne mélangeons pas tout. La France a été une puissance coloniale, mais elle a aussi apporté beaucoup à ces pays, dans une époque de conquête. Ont-ils su conserver les fruits d’une telle conquête ?

Alors, s’il vous plait, respectons ce devoir de Mémoire que cultive les Anciens Combattants d’Algérie et d’Afrique du Nord pour être un peu plus généraliste. Ce devoir de Mémoire fera l’objet d’un message devant les Monuments aux Morts pour ce 19 mars 2021 dans lequel il est souligné « qu’il faut savoir puiser les leçons pour prémunir les jeunes et futures générations de l’âpreté des guerres et de la misère afin d’agir pour un monde plus juste, plus solidaire, plus fraternel dont dépend l’avenir de l’Humanité. »

Il est bon, de temps en temps, de recadrer les choses même si cela risque de déplaire politiquement !

 

JC Reynaud

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