A Rully, le sénateur et conseiller régional, Jérôme Durain, prend le pouls des viticulteurs après l'épisode du gel de printemps

En présence de David Lefort, Président de l'ODG Rully et de Sylvie Trapon, maire de la commune, c'est chez Stéphane Briday que Jérôme Durain a pu partager avec les professionnels du vin.

Bien loin du brouhaha médiatique autour de la question du gel de printemps, c'est de manière très posée que les producteurs de Rully ont pu aborder la question du gel de printemps avec le sénateur et conseiller régional de Bourgogne-Franche Comté, Jérôme Durain. Des échanges autour des sujets à aborder maintenant mais aussi et surtout ceux à aborder pour le futur. Deux temporalités sur lesquelles David Lefort, Président de l'ODG Rully et Stéphane Briday ont pu partager leurs expériences et leurs remontées de terrain. Même si il est encore trop tôt pour estimer dans toutes ses dimensions les dégâts occasionnés par l'épisode de gel du printemps, tous les acteurs s'accordent à dire que la normalité est de mise dans l'épisode enregistré semaine dernière. L'aspect anormal est bien celui des quelques jours très estivaux qui ont précédé le gel. "Et puis franchement, avec un gel noir, avec des températures à -6, -7°c, il n'y a pas grand chose à faire !".

"On passe plus de temps sur les sites météo que sur les sites de cul"

Avec la gouaille qui le caractérise, Stéphane Briday a rappelé tous les outils à disposition des viticulteurs sur les questions météorologiques. "On n'a pas été surpris. C'était annoncé". Reste la grande question des pratiques visant à réchauffer l'atmosphère, c'est nécessairement le recours à une énergie ou l'usage de l'arrosage le recours à une consommation d'eau de manière très importante.  Autant de sujets qui posent la question des limites face aux aléas climatiques. "Sur la question de l'absence de prévisions météorologiques affinées, nous passons plus de temps sur les sites météo que sur les sites de cul" s'amuse Stéphane Briday, comme une manière de dire que certaines accusations ne sont pas viables. "Ya 20 ans en arrière, on apprenait la météo au journal télé qui nous annonçait un -1°c à Dijon. Aujourd'hui, nous avons des dizaines d'applications et pas moins de 11 stations météorologiques sur l'appellation Rully". 

Les viticulteurs de Rully ont présenté un certain nombre d'innovations à l'image des fils chauffants "dont le coût est de 20 000 euros à l'hectare"  et "qui semble avoir fait prêt ses preuves dans le Chablisien. Mais est-ce qu'on est prêt à avoir dans nos paysages des compresseurs qui fonctionnent à l'énergie fossile ? Sans compter que la question de fonds reste celle de la valorisation de nos vins. Peut-on se permettre de telles dépenses ?  On évoque la question de tailles plus hautes avec un changement radical du paysage bourguignon. C'est une question de fonds mais est-on prêt à aller sur ce terrain là ? ". 

Les professionnels du vin ont fait savoir à Jérôme Durain, l'importance de disposer d'une littérature scientifique sur les diverses pratiques, d'avoir des éléments comparatifs et le même degré d'informations. Après, face à la nature, la meilleure des réponses est celle de l'humilité et comprendre que ces aléas climatiques ne feront que se répéter avec des fréquences de plus en plus régulières. 

Laurent Guillaumé

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