Mercurey

DOTATIONS BUDGETAIRES - Dominique Juillot dénonce l'hypocrisie de l'Etat et lui demande de respecter ses engagements

A l'heure des votes des budgets primitifs, les communes découvrent l'état des dotations budgétaires et le compte n'y est pas à Mercurey. Dominique Juillot dénonce les annonces gouvernementales voulues comme des cadeaux faits aux Français ... et qui dans les faits s'avèrent être tout autre.

Le compte n'y est pas ! C'est factuellement la conclusion à laquelle arrive Dominique Juillot à l'heure du vote du budget primitif de la commune de Mercurey. Une situation qui ne dépareille pas des autres communes bien évidemment. Armé d'un tableau présentant les recettes municipales depuis une dizaine d'années, le comparatif est assez aisé pour le maire de Mercurey qui fustige les "cadeaux" soit disant offerts par l'Etat mais dont on sait que l'effet boomerang se fera sur les budgets communaux, et de facto pour une hausse de la fiscalité locale. 

"Avec les économies réalisées cette année, un excèdent mais l'année prochaine ?" 

"Oui il y a des compensations mais elles ne sont pas à l'euro à l'euro conformément aux annonces qui avaient été formulées. C'est purement comptable. Il suffit de tirer des lignes" s'agace Dominique Juillot, blasé des coups de com' politiques face à la réalité des faits. En 2017-2018, Mercurey avait fait le choix d'augmenter drastiquement la part communal avec un + 15 % et de nombreux travaux avaient été engagés en terme de voiries, d'écoulement d'eaux pluviales ou d'enfouissement réseau aérien. "Nous avons contracté des emprunts en fonction de nos prévisionnels de recettes et en fonction des annonces formulées, sauf que si on change le règlement du jeu en cours de partie, ça ne va plus. Tôt ou tard, on sera obligé de retourner voir les habitants avec le seul levier qui nous reste à savoir le foncier bâti et le non-bâti". 

"C'est un vrai coup de gueule, parce qu'on en vient à toucher l'autonomie fiscale des collectivités locales. Il nous restera quoi comme solution après ? Il faudra qu'on aille quémander à la porte de l'Etat ? la dotation forfaitaire est passée de 225 000 en 2011 à 119 000 en 2017 pour s'installer à 88 000 cette année. Cette réforme va nous obliger à retourner voir nos administrés mais pour quels services en plus ?". 

"Les questions de fond sont celles de nos marges d'actions et des relations financières avec notre population ! Aujourd'hui, on nous retire toujours plus d'autonomie. C'est frustrant !". 

Un sujet de fonds alors même que le budget de fonctionnement de la commune s'est stabilisé au fil du temps, signe qu'on ne peut pas demander sans cesse aux communes de réduire leurs fonctionnements. "En quelques années, on nous a retiré 20 % des recettes, voilà la triste réalité", bien loin des annonces formulées sur les plateaux-télé. 

Laurent Guillaumé