Le monde change de peau

Communiqué de presse des retraités CGT du Chalonnais.

Sera-t-il laid ou bien beau ? Ainsi s’interrogeait un de nos chanteurs en 1976. Si réponse il doit y avoir de notre part, elle risque d’être mitigée.

Car en effet, le monde n’est plus du tout ce qu’il était il y a 45 ans. Il ne sera pas question ici de claironner que «c’était mieux avant », dans la mesure où un nombre incalculable de progrès technologiques ont permis de nombreuses avancées, notamment dans les domaines scientifiques et médicaux, ce que nous ne pouvons que valider. Cependant, parallèlement à ces bienfaits pour l’humanité, nous restons perplexes devant la société qui est désormais la nôtre.

Nous subissons la mise en œuvre de la doctrine capitaliste, friande de profit et de concurrence, qui n’a par conséquent eu de cesse que de casser notre protection et nos conquis sociaux, stigmatisant en parallèle toute forme d’organisation collective capable de lui résister. Ainsi s’en est suivi un affaiblissement de la conscience collective au profit de la conscience individuelle.

Ce qui a beaucoup changé, et qui peut, nous qui avons connu d’autres époques, nous choquer, ce sont ces nouveaux comportements, ces incivilités croissantes, même banales, mais cependant révélatrices d’un profond changement. Pour ceux d’entre nous qui voyagent ou déambulent, ce ne sont que bousculades, impolitesses, aucun « bonjour » ni « pardon ».

Notre environnement médiatique et politique distille à dessein la peur de l’autre, de l’étranger, du virus, du chômage, conduisant à des attitudes dangereuses. C’est précisément de ces peurs et de cette négation des autres que naissent les agissements les plus odieux. C’est en suivant cette logique qu’on en arrive à dénoncer son voisin, à bousculer (ou pire) sans s’excuser, un plus faible que soi.

Penché sur son téléphone portable à longueur de temps, chacun s’isole dans sa bulle, le contact n’existe plus. Le capitalisme atteint progressivement son but : nous éloigner les uns des autres, générer en chacun un sentiment d’isolement ainsi qu’une désincarnation des relations sociales désormais vues à travers les réseaux sociaux.

Cela est d’autant plus affligeant et inquiétant lorsqu’on est persuadé du bien-fondé de l’union comme vecteur de force, ce qui est notre cas, à nous, militants CGT. La pandémie n’a rien arrangé, nous isolant encore davantage : les réunions qui permettaient non seulement les échanges, mais aussi, avec un brin d’ambiance festive, les débats n’ont plus lieu. Nous continuons cependant à participer aux actions et manifestations auxquelles un certain nombre de nos camarades hésitent à venir. Nous usons nos forces à tenter de convaincre, via des écrits, des échanges, de l’utilité d’une implication syndicale et, pour ce qui nous concerne, de l’importance de sa continuité.

Cependant, il n’est pas question de baisser les bras, nous l’affirmons haut et fort : « on continue », et même si « les jours heureux » s’inscrivent pour le moment dans notre passé, faisons-en sorte qu’ils revivent et renaissent à travers les luttes qui viendront nécessairement car il est urgent qu’advienne un bouleversement profond, permettant l’avènement de la société meilleure que nous voulons construire.

 

CONSTRUISONS NOS JOURS HEUREUX ! Pour la planète et l’humain.

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