À Varennes, les détenus peuvent suivre une formation qualifiante grâce au soutien de la Région

Préparer la réinsertion des détenus de Bourgogne-Franche-Comté par la formation qualifiante en détention, tel est l’enjeu de la collaboration entre la Région et les services pénitentiaires de Dijon. La convention a été renouvelée jusqu’à 2023.

Mercredi 12 mai, au centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand, Océane Charret-Godard, vice-présidente de la région Bourgogne–Franche-Comté et Pascal Vion, directeur interrégional des services pénitentiaires (DISP) de Dijon ont signé la convention qui renouvelle jusqu’en 2023 leur partenariat en faveur de la formation professionnelle des détenus. 

Au cours d’une visite dans des ateliers de formation, Océane Charret-Godard et Pascal Vion ont dialogué avec les détenus stagiaires, les formateurs et les surveillants-acteurs de l’établissement. A cette occasion, Pascal Vion salue ce nouveau statut, expérimenté en avant-garde à Varennes : « Les missions du surveillant-acteur sont proches de celles d’un référent : il ‘veille sur’, il accompagne et parfois rassure. »


Un enjeu fort

Loin d’être des temps d’occupation, la formation qualifiante à destination des détenus les prépare à une réinsertion professionnelle durable. Cet enjeu est à la mesure des efforts logistiques et financiers consentis par la Région et l’Administration pénitentiaire de Dijon.

Il mobilise également différents partenaires du territoire, des structures de l’emploi, de l’orientation et de la formation. Ce mercredi 12 mai, étaient présents deux organismes de formation : Prom’Hôte de Stelo-Formation, représenté par son directeur Olivier Dochez, le GRETA 71 Sud Bourgogne et Fabien Dorsival, son directeur. Une mobilisation ancrée dans le territoire.

 

Un choix politique de la Région

La région Bourgogne–Franche-Comté finance l’ensemble des formations qualifiantes en détention. « C’est un choix politique, souligne la vice-présidente Océane Charret-Godard, toutes les régions ne le font pas. Nous avons choisi non seulement de maintenir, mais de revaloriser la rémunération des demandeurs d’emploi en formation professionnelle. Cela n’avait pas été fait depuis 30 ans. »

En l’occurrence, au centre de Varennes, les stagiaires en milieu fermé sont rémunérés à l’heure durant leur formation. « On observe plus de motivation, moins d’abandons dans leur parcours, et un sentiment accru de sécurité dans la vision de leur avenir », explique la Vice-présidente de la Région. 

Rappelons que la région Bourgogne–Franche-Comté a été précurseur, dès 2015, dans le choix de ce partenariat en faveur de la formation professionnelle des détenus. « C’est un partenariat exemplaire », a souligné Océane Charret-Godard, après avoir remercié chacun des acteurs de cette rencontre au centre pénitentiaire.

 

Pour quels détenus ?

Céline Duval est capitaine en charge de la formation professionnelle, du travail et de l’activité au centre pénitentiaire de Varennes. Elle chapeaute donc toute la planification des actions qualifiantes dont elle rappelle le premier principe – le plus important : le volontariat. Mais les places sont chères. « Pour 1 formation qualifiante, nous avons environ 70 demandes pour 12 places, explique-t-elle. Il y a donc un tri à faire et des listes d’attente. »

La sélection des stagiaires se fait en commission, sur plusieurs critères : « La commission étudie les profils des demandeurs ; il y a des entretiens préalables, mais 50 % des demandeurs ne viennent pas, ce qui fait une 1re sélection sur la motivation. On échange sur la pertinence de cette formation selon leurs projets, leur formation initiale, et bien sûr leur comportement en détention. »  

« On leur explique aussi que toutes ces formations sont en général payantes à l’extérieur, mais qu’ils sont, ici, rémunérés pour la suivre avec régularité. Il est essentiel qu’ils soient impliqués, qu’ils comprennent la réciprocité, que ce soit du donnant-donnant. »


Quelles formations qualifiantes ?

À quels critères répondent ces formations ? Elles doivent s’adapter aux réalités de l’emploi du territoire et, bien sûr, viser l’obtention d’un titre professionnel. Les ateliers visités sont 3 exemples concrets.

Au centre de Varennes, le Greta mène 2 actions. L’une, appelée certification CléA, dispense de manière personnalisée un socle des connaissances et compétences professionnelles (communication, travail en équipe, informatique, etc.) d’environ 250 heures. Cette certification sur mesure est un gage d’employabilité pour les entreprises. La seconde, de 942 heures, forme au titre d’électricien d’équipement du bâtiment. Elle constitue une continuité de la certification CléA.

Le Stelo-Formation, organisme de formation basé à Chagny, porte une formation de cuisinier en 610 heures.

 

Un coup de chapeau pour les formateurs

Il n’est pas donné à tout le monde d’enseigner en milieu carcéral : il est nécessaire d’acquérir un savoir-faire et savoir-être adaptés à ce public spécifique. Les formateurs sont très investis dans leurs missions : « Une relation de confiance est à construire, explique Mickaël Berthaud, formateur au Greta, nous voulons les mettre en situation de se revaloriser. » Stéphanie Moreau, formatrice en cuisine à Prom’hôte Ifitel, a un bagage en CNV (communication non violente). Elle nous montre sa cueillette du jour : quelques fleurs des champs, soigneusement choisies, que ses stagiaires utiliseront dans leurs pâtisseries.

Info-chalon reviendra plus précisément sur le portrait de ces formateurs en milieu fermé.

Échanges positifs

Les échanges avec les détenus stagiaires ont été positifs.

En témoigne ce stagiaire-cuisinier qui demande avec franchise à la vice-présidente de la Région : « Mais quel est votre intérêt, à vous, de nous payer ces formations ? »

L’occasion de rappeler que, dans le choix politique, l’entraide et la réciprocité sont la base d’un vivre-ensemble apaisé. « On compte sur vous pour la suite », glisse la vice-présidente dans un sourire. 

Par Nathalie DUNAND
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