Les Marcheurs du Sud de passage à Chalon-sur-Saône

Originaires de Marseille, Éric et Xavier se sont donné pour mission de marcher de la Cité Phocéenne à Paris afin d'interpeller le gouvernement sur la situation désespérée des Français, en récoltant sur leur chemin toutes les doléances. Samedi, ils rencontraient les membres du collectif «Occupons Chalon». Plus de détails avec Info Chalon.

La situation est désespérante? Vous ne voyez pas le bout du tunnel? La crise Sanitaire vous a achevé?
Nous marchons de Marseille à Paris pour VOUS!
Nous venons récupérer vos témoignages (doléances) pour les livrer au gouvernement.


C'est ce qu'on peut lire sur la page de présentation de la page Facebook de La Marche du Sud.


Kezako la Marche du Sud?


C'est le pari un peu fou que se lancent deux Gilets Jaunes de Marseille, Éric et Xavier : marcher jusqu'à Paris afin de rencontrer un membre du gouvernement.


Tout le long de leur périple, les deux amis font étape dans des lieux de culture occupés, récoltant au passage les doléances de chacun.


Ce samedi 22 mai, ils étaient de passage à Chalon-sur-Saône.


La veille, ils étaient à Mâcon et après notre ville, ça sera Beaune, Pouilly-en-Auxois puis Dijon, Is-sur-Tille et ainsi de suite jusqu'à bon port.


Âgé de 29 ans, Xavier, qui se définit comme «sans étiquette», nous en dit un peu plus.


«On cherche plus à rencontrer les citoyens et les groupes, par exemple les théâtres occupés. Surtout avec les circonstances actuelles, les associations ne pouvaient pas nous accueillir, souvent elles sont en télé-travail. Les seuls endroits où on pouvaient vraiment faire des rencontres utiles, c'était dans les théâtres. En même temps, pour rencontrer les intermittents du spectacles, ce sont les lieux adéquats», explique le jeune homme.


À chaque étape de leur périple en 40 étapes donc «beaucoup d'échanges et de belles rencontres».


Pour l'heure, le binôme en est à la moitié de leur objectif.


«On a décidé de ne pas faire comme les autres marches, être des marches plus revendicatrices. Nous, on reste plutôt humbles. On essaye plutôt de créer une opinion publique pour les amener à nous inviter. C'est en ça que notre périple est différent, il a deux missions : récupérer les doléances écrites pour les déposer à qui de droit à Paris et créer un lien entre toutes les personnes et les groupes qu'on rencontre pour enfin appliquer cette idée de convergence qu'on entend depuis plusieurs mois», explique le jeune homme.


Les deux amis sont en relation avec le Théâtre occupé de Valence, le TNP de Lyon et Villeurbanne ou Occupons Mâcon, pour ne citer que ces trois collectifs.


À Chalon-sur-Saône, ils rencontraient le collectif «Occupons Chalon» qui occupe l'Espace des Arts depuis 10 semaines.


Si Xavier fait tout le voyage à pied, Éric (56 ans) conduit le Renault Kangoo qui leur sert de véhicule logistique.


À l'aide du téléphone (ou d'un talkie-walkie pour les zones blanches), ils restent en contact et préétablissent des points de rencontre via Google Maps. Xavier ne prend la route en voiture qu'en cas d'intempéries.


Autant dire que niveau cardio, il est en pleine forme!


Côté hébergement, ils essayent de dormir chez l'habitant ou à défaut ils prennent une chambre d'hôtel.


Les Gilets Jaunes de Marseille qui les soutiennent depuis le départ ont au préalable organiser une cagnotte afin d'aider les deux messagers du Sud dans leur quête.


Ils font entre 25 et 30 kilomètres par jour, avec quelques étapes à 39 km.


«Si nous, on a pas d'invitation arrivés sur Paris, on ira taper aux portes», prévient Xavier.


«D'un côté, le fait que l'on soit peu nombreux, on va pas inquiéter vraiment grand monde. Ensuite, on s'attend à avoir la même répression que les autres marches à Paris», ajoute-t-il.


Mise à part quelques pannes, leur Kangoo ne supportant pas trop l'humidité, ils n'ont pas eu de grandes difficultés.


Enfin, il y a eu cette fois où ils sont restés deux jours à dormir dans un cabanon en pleine forêt sans eau ni électricité.


«C'est une aventure!», lance Éric.


Vous pouvez suivre les pérégrinations de nos deux compères sur leur page Facebook : La Marche du Sud.


«Pour montrer qu'il y a autre chose à faire qu'avoir le nez dans le guidon, être enfermé dans son salon à regarder la télévision et montrer que la vie continue», concluent-ils.

 

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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