Economie

De la com’ digitale à Jérémy Ferrari, Patrick Borkowski est un drôle d’oiseau dijonnais

Il collabore avec l’humoriste Jérémy Ferrari, publie ses dessins de presse, bichonne ses caricatures et – c’est son métier – accompagne les professionnels dans leur communication digitale. Patrick Borkowski est un drôle d’oiseau dijonnais qui n’a renié aucun de ses talents présents et passés.

Aujourd’hui, la cinquantaine toute récente, Patrick Borkowski est un chef d’entreprise dijonnais, à la tête de deux agences : La Griffe, une agence de communication et design graphique qu’il crée à 28 ans et, quelques années plus tard, sa filiale Bonzai Studio, spécialisée en image 3D.

Ses clients sont des professionnels de tout domaine, qui souhaitent construire ou affiner l’identité de leur entreprise, renforcer sa visibilité sur Internet ou affirmer sa singularité dans le marché touffu de la concurrence. Pour cela il faut se démarquer, se glisser dans le sentier le plus adapté, le tailler à la serpe ou le ciseler sur mesure, c’est selon. Et c’est bien le talent de Patrick Borkowski, un véritable sherpa de la Toile.

Des débuts difficiles

N’imaginons pas les parcours professionnels comme une ligne droite. Cette reconstruction est une vision erronée. Patrick Borkowski préfère la lucidité : « Mes débuts de jeune patron ont été difficiles, il faut l’avouer. J’étais introverti, je ne pouvais pas aligner deux mots devant mes clients potentiels – des chefs d’entreprise –, j’étais dans ma bulle. Aller chercher le client était un aspect de la communication que je ne maitrisais pas. » 

Hasard des rencontres ? Patrick croise une nouvelle fois le chemin de Nicole Ortis, qui était professeur dans son lycée et qui s’est reconvertie dans le développement personnel : « Elle m’a coaché pour être opérationnel sur le terrain. Grâce à elle, j’ai surmonté mes blocages. »

Aujourd’hui, l’aspect stratégique de la communication digitale est ce que Patrick Borkowski apprécie le plus dans son métier, ce qui le motive, ce qui le pousse à imaginer, prévoir, concevoir… En un mot ce en quoi il croit.  « Je veux que ça marche et, finalement, mon 1er client, le plus exigeant, c’est moi ! Si le client réussit, c’est aussi ma réussite. » conclut-il.

Il travaille avec son tempérament : enthousiaste et créatif. Pour autant, il a appris, dans son milieu, à ne pas céder aux sirènes du buzz : « Je ne cherche jamais l’audace et ne suis pas les tendances, parce qu’elles sont éphémères. En stratégie, je vise le moyen terme et l’adéquation aux produits et à leurs clients. »

La liste de ses clients – certains le suivent depuis ses débuts – confirme qu’il ne s’est pas trompé de voie.

Les premiers pas sur la Toile

Trouver sa voie, ce en quoi on est doué, voilà qui est aventureux.

Au lycée, il s’oriente vers la voie industrielle, le dessin en génie civil (les plans) et un bac pro BTP. En quelques mois, il comprend que les chantiers ne sont pas un milieu de travail fait pour lui. Il suit alors une formation en image de synthèse 3D et fait un stage dans une entreprise qui « fait de la vidéo » ; ce sont ses premiers pas en tant qu’infographiste. Nous sommes dans les années 90, l’informatique se démocratise.

Patrick Borkowski créera donc les premiers sites web : « J’apprenais tout avec des bouquins, je bidouillais avec ce qui existait » Voilà bien un atout – et non des moindres – des autodidactes : s’ils ne savent pas, ils tentent. Ils apprennent, comme on dit, sur le tas.

Un pas de plus, et Patrick Borkowski crée en 1999 sa propre agence de communication, création de sites Internet et design graphique : La Griffe.

L’art comme moyen d’expression

Difficile d’imaginer l’adolescent qu’il était : plutôt introverti, à composer des morceaux de musique dans sa chambre ou à dessiner. Le dessin est une passion dès l’enfance, qui sera réactivée au lycée des Marcs d’Or, à Dijon.

« Il y avait un journal du lycée dont s’occupait Alain Fournier, mon prof de français. Il croyait en moi et savait qu’il fallait me secouer. Bref, il m’a incité à faire partie de l’équipe du journal, qui était très créative. On rencontrait des artistes pour écrire sur leur spectacle et, en backstage, je faisais leur caricature, qu’ils dédicaçaient. J’ai repris goût à l’art et découvert la presse. Je me souviens particulièrement d’un numéro consacré à ‘Sexe et Amour à Dijon’. Aujourd’hui, ce sujet ne serait plus possible ! »

« Grâce à Alain Fournier, j’ai rencontré plein de gens. Je lui en suis très reconnaissant. » Son talent de caricaturiste est remarqué et fera l’objet d’émissions télé et radio.

2015, année des attentats de Charlie Hebdo, le dessin devient le medium de ses engagements : « La mort de Cabu, que j’aimais, et tous les autres, ça a été le choc. J’ai pensé : moi aussi, je vais exprimer ce que je pense, je vais m’engager. J’ai pris naturellement le pseudo de Borkoo, surnom qu’on me donnait au lycée, et j’ai publié mes dessins d’actualité sur les réseaux sociaux, comme je continue à le faire. ».

L’aventure artistique

Le papa de la célèbre BD Les Bidochon, Christian Binet, vous connaissez ? Eh bien son fils, Sylvain Binet, contacte Patrick un jour de 2016 pour lui demander de réaliser une caricature grand format pour son père « Sylvain Binet est un artiste digital talentueux, autodidacte lui aussi, le courant est très vite passé entre nous. »

« Et c’est par son biais qu’en 2017, l’humoriste et producteur Jérémy Ferrari me propose de réaliser l’affiche de son spectacle. L’essai a été concluant, d’autres projets se sont profilés » explique Patrick, les yeux pétillants.

La collaboration entre les deux hommes se poursuit : Patrick illustre la BD de Jérémy Ferrari, Happy Hour à Mossoul, gros succès en librairie. Grâce à l’équipe de Dark Smile Production – la boite de production de Jérémy Ferrari – l’aventure artistique s’étoffe de nouveaux projets avec d’autres artistes. Citons l’humoriste Raphaël Mezrahi et la ventriloque Le Cas Pucine, produite par Jérémy Ferrari et Eric Antoine et gagnante de La France a un Incroyable talent.

Chef d’entreprise, dessinateur, caricaturiste, Patrick Borkowski est un drôle d’oiseau qui aime relever les challenges. Un autodidacte, un touche-à-tout, de la race de ceux qui ne se donnent pas de limites, qui veulent expérimenter et ne s’interdisent rien. « La vie est faite pour apprendre » dit-il avec évidence. Et cet état d’esprit ne le quittera jamais.

Par Nathalie DUNAND
[email protected]

Sites et réseaux sociaux de Patrick BORKOWSKI :
https://www.facebook.com/patrick.borkowski2
https://www.facebook.com/search/top?q=borkoo
http://www.lagriffe.com/
bonzaistudio.com