Opinion

Après les élections, la Ligue des Droits de l’Homme répond aux propos calomnieux de monsieur Gilles Platret.

Communiqué de presse

 

Monsieur le Maire,

Nous avons bien pris acte de votre réponse lorsque vous avez été informé du dépôt des recours que nous avons déposés au tribunal administratif de Dijon. Nous n’avons pas souhaité y répondre pendant la campagne électorale ne souhaitant pas rajouter de polémique autour de vos propos.

Votre communiqué révèle cependant, de votre part, une méconnaissance manifeste des principes de liberté d’association, de laïcité et d’égalité : la laïcité n’est pas synonyme d’exclusion mais de neutralité et n’a vocation à régir que les rapports des représentants du service public envers les usagers.

Les requêtes introduites par la LDH ont pour objet de faire annuler des décisions dont les termes sont inintelligibles par leur imprécision et qui risquent donc d’engendrer des décisions arbitraires et discriminatoires.

Qu’entendez-vous par « fonctionnement laïque » ?
Que signifie pour vous « s’abstenir de tout prosélytisme » ?

Qu’est-ce qu’un « commerce communautaire » ? Une crêperie bretonne ou un restaurant italien se verraient il refuser toute aide pour s’installer au centre de Chalon ?

Si un doute était permis par la portée des termes que vous avez employés dans vos délibérations du fait de leur imprécision évidente, votre communiqué ne peut que confirmer la volonté de la Ligue des Droits de l’Homme de voir toutes ces délibérations annulées.

En effet, si vous vous gardez bien dans vos délibérations litigieuses de citer une quelconque religion, dans votre communiqué, vous visez, pour chacune d’entre elles, l’islam comme source de problèmes, en allant même jusqu’à associer cette religion au délit de « blanchiment ».

De telles décisions, attentatoires à la liberté d’association et méconnaissant la portée du principe de laïcité et d’égalité, fondements des règles républicaines dont vous entendez vous prévaloir, ont d’ailleurs déjà été censurées par la juridiction administrative, notamment pour ce qui en est de la charte de la laïcité d’ile de France et pour celle d’Aix en Provence.

Quant à vos allégations sur le fait que notre association encourage à « cracher sur le drapeau français, lutte contre la France et la République », nous préférons les oublier et vous encourager à relire, en votre qualité d’historien, l’histoire de notre association créée en 1898 pour défendre le capitaine Dreyfus. La LDH a payé cher ses engagements pour défendre la république au cours de la seconde guerre, avec entre autres l’assassinat par la milice en janvier 1944 de son président Victor Basch. Il serait bon de ne pas le mésestimer.

Assurément, nous n’avons pas la même conception de la démocratie et votre refus cette année d’attribuer une subvention à la Ligue des Droits de l’Homme qui, parce qu’elle est républicaine, avait signé la charte d’engagement en attendant le prononcé de la justice est là pour en témoigner.

Ligue des droits de l’homme Maison des associations, Espace Jean Zay, 71100 CHALON SUR SAONE