Agglomération chalonnaise

Stéphane Berthoux, un carrossier bâtisseur

À quinze ans, il avait décidé de devenir mécanicien et à son compte : 35 ans après, le voilà à la tête de 2 garages et d’une dizaine d’employés. Stéphane Berthoux, récent quinquagénaire, est un artisan devenu entrepreneur. Retour sur le parcours d’un bâtisseur au sens noble du terme.

« Dès la fin de la classe de 3e, je savais que je voulais être mécanicien. Mon frère Ludovic, qui était déjà dans cet univers, m’a fait découvrir une branche moins connue : repeindre les carrosseries. Il fallait choisir entre ces deux voies : BEP mécanique ou peinture. Je suis allé chercher conseil auprès de Monsieur Marzolo, un garagiste voisin de mes parents, à Sevrey. "Pour 10 mécanos, m’a-t-il dit, je ne trouve pas un seul peintre". Me voici donc inscrit en BEP ‘Recouvreur en carrosserie’ à 15 ans et demi.»

Entrepreneur dans l’âme

C’est au LEP Auto de Chalon, rue de la Manutention, que Stéphane Berthoux apprend le métier. Nous sommes en 1990, le Bac Pro Carrosserie n’existe pas encore. « J’ambitionnais des choses, explique-t-il, je voulais être chef d’atelier, donc le bac, c’était mieux. »

Ce sera donc en candidat libre, avec le Greta, qu’il passera son bac pro carrossier.

Trente-cinq ans plus tard, l’entrepreneur gère deux garages – le garage AD Berthoux à Saint-Rémy et l’autre, en 2018, SAS BS CAR à Lux, qui développe les voitures sans permis.

L’ambition, selon Stéphane, c’est être entreprenant : « Il faut que je construise les choses, c’est ma manière d’exister : réparer une voiture, c’est re-construire ; construire une maison, c’est redonner vie. Donc, monter ma boite, c’était la même nécessité. Ma vie a été construite comme ça. » 

Les dépannages sur autoroute

Le bac pro en poche, Stéphane travaille 2 ans dans un garage à Saint-Loup de Varennes. C’est là qu’il découvre le dépannage sur autoroute : un terrain d’apprentissage sur mesure pour le jeune carrossier qu’il était.

« À cette époque, l’accidentologie était forte. Heureusement, la répression routière et les progrès technologiques des véhicules ont beaucoup fait baisser la mortalité sur la route. Les voitures sont maintenant équipées de systèmes de sécurité efficaces. Par exemple, une voiture freinera automatiquement avec Front Assist.

Mais à l’époque, on récupérait des voitures pliées et on les réparait, même quand leur carrosserie avait subi d’énormes déformations. Aujourd’hui, on ne les répare plus.

Techniquement, on saurait le faire, mais les pièces détachées coûtant très cher, économiquement, ce n’est plus intéressant. Il y a 20 ans, il fallait compter en moyenne 20 h pour réparer un véhicule ; aujourd’hui, on compte environ 9 h. »

« À l’atelier, les garçons sont des magiciens »

On l’entend souvent : si la voiture mécanique se réparait entièrement, en revanche il faut composer avec l’électronique voire le digital : « On va vers la voiture connectée, annonce Stéphane, la 5G créera de nouvelles fonctions, votre véhicule discutera avec son environnement. Ce que j’en pense ? Il faut vivre avec son temps. Je suis plus réservé sur l’impact sanitaire, mais c’est une autre question… »

Et côté ateliers, comment font-ils pour s’adapter à ces évolutions constantes ? « Dans ce métier, on a une faculté d’adaptation très puissante, très belle. Les mécaniciens et carrossiers sont des autodidactes. Lorsque des voitures dernière génération nous arrivent, on ne sait pas comment elles sont montées, pourtant ils vont la désosser sans casser une agrafe ! On découvre, on apprend, on n’a pas peur. Nos garçons sont des magiciens, je l’ai toujours dit. »

De l’artisan à l’entrepreneur

De même, le travail de Stéphane a évolué : il était artisan, il est devenu entrepreneur.

Pour saisir la différence, voici un très bref aperçu de son parcours. « Je me suis lancé le 4 juillet 1994, se rappelle Stéphane. J’avais racheté un petit garage de campagne à Monsieur Gilot, à St Rémy. Il travaillait seul, c’était un peu l’âge de pierre, le local faisait à peine 150 m2. Ce qui était intéressant, c’était l’emplacement.»

À partir de 1997, le travail et le personnel connaissent une croissance parallèle. Une première tranche de travaux agrandit et améliore l’esthétique puis, en 2010, la nouvelle façade et des ateliers de mécanique ont trouvé leur place.

Une expansion qui modifie en profondeur le travail du patron : entre l’instant où l’information qu’un véhicule va entrer au garage et le début des réparations, tout un écosystème s’installe. « C’est une synergie qui se met en place, explique Stéphane, et elle doit être fluide : informations sur le sinistre et le véhicule à centraliser, échanger avec tous les interlocuteurs (client, assureur, expert, réparateur), planning, commandes de pièces détachées… Tout ça s’orchestre et ça prend 80 % de mon temps. Mon métier, ce n’est plus de réparer les voitures. C’était pourtant le cœur de ce que j’aime faire. »

« Et c’est là qu’on voit la différence entre un artisan et un entrepreneur. Tu deviens entrepreneur dans le temps. L’entrepreneur, c’est celui qui a su se défaire, dans son esprit, de cette partie production. Et apprendre à déléguer, c’est ce qui est le plus dur ! » 

Rester indépendant, une volonté

Le garage Berthoux devient membre, en 2002, du réseau national AD (réseau Auto Distribution Carrosserie) ; Stéphane participe à la « commission carrosserie AD » depuis une dizaine d’années. « Il s’agit de faire lien entre le terrain et la tête de réseau parisienne. Les informations doivent circuler dans les deux sens. Mais au-delà de ce rôle, ça m’a donné une vision en 3D de mon métier : j’appréhende plus clairement les problématiques et les solutions de la gestion d’un garage. »

Pour autant, Stéphane Berthoux a une volonté : rester autonome, c’est-à-dire sous-traiter le moins possible. Peut-être parce qu’il a tout construit, avec sa femme : « Fabienne a toujours géré l’entreprise avec moi, elle était dans tous nos projets. Elle a tenu le bureau, elle s’occupe de l’administratif que j’appelle ‘lourd’ : salarial, banque, comptabilité etc. C’est aussi une affaire familiale. Mes 2 filles – Chloé et Ophélie  – travaillent avec nous. Mon fils Robin, lui, ne pense pas reprendre le flambeau ; son truc, c’est la nature et l’agriculture. Je continue d’investir dans les nouvelles technologies (ADAS, sécurisation des véhicules) pour rester Premium auprès de mes clients et de mes partenaires. »

Stéphane Berthoux fait partie de cette race de bâtisseur qui veulent des bases solides pour ériger leur construction. En un mot, une école de l’exigence. 

Par Nathalie DUNAND
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Carrosserie AD BERTHOUX
67, route de Givry – 71100 SAINT-RÉMY
Tél. fixe : 03 85 48 85 93
Tél. portable : 06 07 15 68 04
Mail : gge.be @wanadoo.fr
Site : Carrosserie-Berthoux

Centre Expert BS CAR
Concessionnaire Véhicules sans Permis
23, route de Lyon – 71100 LUX 
Tél. fixe : 03 85 42 88 54
Tél. portable : 07 69 85 49 05
Site : www.bscar-71.fr