Saône et Loire économie

BATIMENT EN SAONE ET LOIRE - Une activité en croissance de + 14 % et 200 emplois à pourvoir immédiatement en Saône et Loire

Fabien Rossignol, Président de la FFB71 a livré à info-chalon.com un premier bilan "post-covid" alors que son mandat à la tête de l'organisation patronale départementale touche à sa fin.

C'est un bilan qui est difficile à qualifier tant il est partagé dans le constat. C'est bien une année pas comme les autres que les entreprises du bâtiment ont vécu en Saône et Loire. Sur l'année écoulée, le secteur du bâtiment a connu une croissance de 14 % de son activité et de son chiffre d'affaires entre 2019 et 2021, reconnaissent Fabien Rossignol et Michel Jaffiol, le Secrétaire Général de l'organisation patronale. Représentant quelque 10 000 salariés et quelques 1650 entreprises, le bâtiment est un pan économique incontournable dans le département, représentant à lui tout seul 10 % de la richesse créée en Saône et Loire. 

Des carnets de commandes bien remplis....

Les deux s'accordent à reconnaître que les carnets de commande n'ont jamais été aussi remplies avec désormais pour nombre d'entreprises du bâtiment des perspectives sur les 6 à 8 prochains mois alors que depuis des années, le marché s'était contracté pour disposer d'une visibilité sur un seul trimestre en moyenne. 

+ 14 % d'activité mais des recrutements à la peine

Pour faire face à ce surcroît d'activité, "nous avons immédiatement quelques 200 postes à pourvoir dans le bâtiment en Saône et Loire" affirme Michel Jaffiol, qui constate l'inadéquation entre les besoins et les ressources disponibles, sans compter la question de la formation des plus jeunes.  Alors immédiatement s'est posée la quesiton de la rémunération, "franchement on n'a pas à rougir des grilles de rémunération dans le bâtiment. Un bosseur peut vraiment bien gagner sa vie" concède Fabien Rossignol, tout en soulignant "que les salaires sont à la hausse de facto mais il faut aussi que ca corresponde aux capacités des entreprises et là c'est un autre problème". 

Une activité à la hausse mais des marges qui s'effondrent

Si on se contente de lire deux trois chiffres ici ou là, les mauvais esprits iront à la conclusion facile que tout va pour le mieux et que c'est l'heure de la redistribution des richesses, sauf que la réalité se veut autre. "Nos marges se sont effrondrées au fil des mois. En cause, l'explosion des coûts des matières premières". Charpentier métallique qu'il est, Fabien Rossignol précise "en janvier l'acier était facturé 500 euros la tonne, nous sommes aujourd'hui entre 1500 et 2000 euros la tonne". Tous les corps de métiers sont touchés par cette explosion du coût des matières premières.

"C'est à un point tel que par exemple nous avons des chantiers dont les devis ont été formalisés il y a plusieurs mois en arrière et dont les plans de financement viennent d'être bouclés, alors que les coûts sont passés de 6 à 8 millions d'euros. C'est une réalité sur laquelle nous sensibilisons l'ensemble des politiques". 

"Un effet Amazon"

Fabien Rossignol ironise sur le côté "effet d'Amazon" d'un certain nombre de clients, qui à peine le devis signé, attendent de pied ferme les entreprises intervenir. Il n'est pas rare de voir des clients imposer des calendriers de plus en plus courts en terme d'intervention. 

L'inquiétude pour un certain nombre d'entreprises qui ont pioché dans leurs fonds propres est palpable pour la FFB71, d'autant plus que la question des reports de charges sociales est désormais caduque, sans compter le sujet du remboursement des Prêts Garantis par l'Etat. Autant de sujets qui laissent la FFB71 dans une forme d'ambiguité du moment. 

Une 17e version du Guide Covid

Côté crise sanitaire, finalement le bâtiment s'en sort plutôt pas mal sans trop d'impacts à proprement parler sur la gestion quotidienne. "Bon, on en est quand même à notre 17e version du Guide Covid mis en place par la fédération" ironisent Fabien Rossignol et Michel Jaffiol. En dehors de la question de la restauration, qui a été un vrai sujet, "on gère plutôt pas trop mal la question". Pour autant, "il ne faut pas oublier que nous travaillons en réseau, et nous sommes véritablement interdépendants, il suffit qu'une entreprise soit impactée pour des raisons de logistique, de défauts de livraisons de matériaux, c'est tout le chantier et toutes les entreprises qui en sont victimes". 

Un lobbying auprès des élus pour les sensibiliser 

La FFB a interpellé la plupart des élus, notamment les parlementaires sur plusieurs questions de fond, dont notamment la question des pénalités de retard, la prise en charge du chômage partiel ou encore la revalorisation des tarifs sur les chantiers dits publics.

Laurent Guillaumé