Bourgogne
En Bresse jurassienne, la pisciculture est une véritable histoire de famille
Publié le 03 Novembre 2024 à 17h48
Piscicultrice dans la Bresse jurassienne, Christine Roubez s’est spécialisée au fil des ans dans l’élevage de carpes. Avec sa fille Camille, elles en pêchent 7 à 8 tonnes chaque année qu’elles transforment en veloutés, rillettes et filets fumés au bois de sapin.
Les piqûres et les pansements, elle a vite compris que ce n’était pas son truc. Christine Roubez n’est d’ailleurs pas allée au bout de ses études d’infirmière. Installée à Pleure, dans la Bresse jurassienne, la piscicultrice a préféré suivre les traces de son père : « il avait investi dans des étangs à la fin des années 50, lorsque les prix étaient abordables » se souvient-elle. Proche de la nature, la jeune fille qu’elle était aimait l’accompagner dans son travail quotidien, pour nourrir les carpes, les brochets, les tanches et les gardons qui garnissent les bassins. Quand le patriarche prend sa retraite en 1997, elle n’hésite pas un seul instant et reprend l’exploitation. La pisciculture n’a alors qu’un seul client : un grossiste alsacien, qui dépose le bilan en 2002 en laissant un coquet impayé. Christine choisit de changer de modèle, et se lance dans la vente directe au particulier, « pour valoriser la carpe, qui jouit alors d’une mauvaise image de marque » dit-elle.
L’effet Covid
L’agricultrice investit dans un laboratoire de transformation, intégré à la ferme, et doté d’un fumoir. Elle y développe toute une gamme de produits : des filets de carpes, frais ou fumés ; des veloutés, des terrines, des rillettes… « C’est plus de travail, mais je ne le regrette pas » affirme-t-elle. Surtout depuis la Covid : les ventes à la ferme ont explosé, et les Bressans se pressent les soirs de semaine pour récupérer une soupe de poissons ou des filets de carpes fumés, la spécialité de la maison : « ça ressemble un peu au hareng, en plus fin » explique Christine. La carpe fumée se consomme en tartare, ou sur des pommes de terre vapeur. Il faut préciser qu’entre temps, Christine a reçu le renfort de Camille, sa fille. Titulaire d’un bac pro hôtellerie-restauration, la jeune femme de 28 ans a affiné les recettes. Elle a également transformé une remorque en « foodtruck », qu’elle installe les vendredis soirs devant la ferme : « on propose des fritures de poissons, avec des frites fraîches. L’été, on met des tables dehors, les gens profitent du calme et de la nature ».
Un travail en famille
L’essentiel du travail se fait malgré tout dans les bassins. Le duo mère-fille a choisi de ne nourrir ses poissons qu’avec des céréales issues de l’agriculture biologique : « On utilise également de la drèche provenant de la fabrication de bière biologique » précise Christine. Les poissons sont par ailleurs fumés avec de la sciure de sapin non traitée, sourcée à Bletterans, à 22 kilomètres. D’ici quelques années, Christine passera à son tour la main : « J’ai encore des choses à apprendre, mais je serai prête. Elle m’a transmis sa passion » affirme Camille. « Travailler en famille, ce n’est que du bonheur » ajoute sa mère. La retraite peut attendre !
Pisciculture des Marais
5 route des Essards – 39120 Pleure
Tél. 03 84 81 47 26
Vente à la ferme les soirs de semaine (sauf mercredi) de 17h à 19h et les samedis matins.
Soirées fritures les vendredi soirs.
@ Conseil Régional de Bourgogne-Franche Comté
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