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Cancers pédiatriques dans le Haut-Jura - L'enquête rend ses conclusions

eau potable, pollution de l'air, radioactivité, exposition au radon, pollution industrielle...

Communiqué de l'ARS

 

L’ARS Bourgogne-Franche-Comté a organisé le 13 octobre une nouvelle réunion d’information des familles concernées par l’enquête épidémiologique de Santé publique France sur les cancers pédiatriques dans le Haut-Jura.

Ce temps d’échange a permis de livrer les premières conclusions de l’expertise assurée par la cellule régionale de Santé publique France saisie en septembre 2019 par l’ARS. L’Agence Régionale de Santé avait été informée d’un nombre élevé de cancers touchant des enfants au sein de la population domiciliée dans des communes proches, du Haut-Jura.

Un travail préliminaire avait permis de définir le périmètre de l’enquête portant sur :

  les cancers pédiatriques, de toute nature,
  dont le diagnostic avait été établi entre 2011 et 2019,
  sur une zone géographique recouvrant quatre communes (Les Rousses, Longchaumois, Morez,

Prémanon).

D’après les données validées avec le Registre national des cancers de l’enfant, treize enfants de moins de 15 ans avaient été identifiés dans ce périmètre. Deux enfants de plus de 15 ans et un enfant ayant déclaré sa maladie en 2020 ont également été inclus dans l’enquête.

Un questionnaire adressé dans un second temps aux parents, et complété dans certains cas par des entretiens, a permis de recueillir des informations complètes sur les situations individuelles et familiales (déroulement des grossesses, parcours de l’enfant, lieux de vie, recherche d’éventuelles expositions professionnelles aux produits chimiques des parents, consommation de tabac...)

Cette analyse n'a pas mis en évidence d'exposition à un facteur de risque commun susceptible d'expliquer le regroupement de cancers sur ce secteur géographique.

Expositions environnementales

Bien que l’enquête épidémiologique n’ait pas orienté sur une hypothèse environnementale précise, la cellule Bourgogne-Franche-Comté de Santé publique France a dressé un état des lieux des expositions suspectées d’être à risque de cancers pédiatriques. Il a concerné :

-L’eau potable : sur la zone d’étude, l’alimentation est assurée par quatre gestionnaires ; entre 2010 et 

2019, les contrôles de qualité bactériologiques et physico-chimiques ne permettent pas d’identifier l’eau comme un facteur de risque.

-La pollution de l’air : les relevés d’Atmo-Bourgogne-Franche-Comté montrent une qualité de l’air globalement bonne sur le secteur. Les niveaux de polluants atmosphériques observés au cours des 10 dernières années révèlent un strict respect des valeurs réglementaires. Seul l’ozone fait exception, les 3 dernières années s’étant montrées propices à la formation et à l’accumulation de ce polluant. Il n’est cependant pas associé aux troubles recherchés.

-Les risques industriels : les anciens sites industriels (données Basias) et les sols pollués (données Basol) situés à moins de 500 mètres de chaque lieu de vie des enfants ont été passés en revue. Aucun ne fait apparaître de problématique particulière qui pourrait constituer une source commune d’exposition environnementale des enfants.

-La radioactivité : les données du réseau national de surveillance de l’IRSN* montrent que l’exposition à la radioactivité est relativement similaire sur toute la France, avec des mesures cependant un peu plus élevées en altitude du fait du rayonnement cosmique plus important.

-Le radon : des dosimètres ont été positionnés par les familles durant deux mois dans leur habitat. Les mesures ont établi des concentrations hétérogènes et faibles dans l’ensemble ; le radon, dont l’association avec les cancers chez l’enfant n’est de surcroît pas avérée, ne constitue donc pas une source d’exposition commune.

-Les champs électro-magnétiques : la présence de lignes à haute tension et de transformateurs électriques a été examinée dans un périmètre de 50 mètres autour de chaque lieu de vie des enfants.

En conclusion, aucun facteur de risque environnemental commun n’a pu être établi à l’issue de ces travaux. Le rapport définitif de Santé publique France sera disponible en fin d’année.

Une surveillance épidémiologique sera maintenue avec l’aide du Registre national des cancers de l’enfant et plusieurs acteurs de la recherche ou de la prise en charge onco-pédiatrique, en France et en Suisse.

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