Bourgogne

Philippe Guillemain, entre modestie et passion du jazz

Point n’est besoin d’être féru de jazz pour sentir le courant passer. Philippe Guillemain est discret sur sa vie professionnelle, mais devient disert dès qu’on évoque l’univers qui le fait vibrer, et dans lequel il est engagé depuis 33 ans : le jazz. Pionnier du festival Jazz à Couches depuis sa création en 1987 par Franck Tortiller, Philippe Guillemain navigue entre son métier de graphiste et les grands noms du jazz international.

Philippe Guillemain habite deux univers parallèles, sonore et visuel, qui défient les lois de la géométrie puisqu’ils se rencontrent en un point d’intersection qu’on nomme « la création ». Le monde sonore, celui de la musique, n’est pas un choix, c’est presque une évidence, Philippe l’a toujours fréquenté. Dès l’âge de 8 ans, il s’essayait déjà à la trompette à l’école de musique de Chalon. Et c’est avec les amis du Big Band qu’il s’est remis à l’instrument. « Je fais du jazz agricole. C’est un ami qui a prononcé cette phrase et je la reprends volontiers. Elle dit à la fois mon jeu en amateur et l’ADN de notre festival de jazz. » En effet, son nom est indissociable du festival Jazz à Couches depuis sa création par Franck Tortiller, il y a 33 ans. Quant à l’univers visuel, c’est celui qu’il a choisi et dont il fera son métier : la création graphique.

De la presse écrite à Studio Gire

Nous sommes à l’air des balbutiements de l’informatique, Philippe Guillemain rêve de création graphique. Après une formation dans ce domaine, il commence à travailler à Beaune, dans les étiquettes de vin. Le monde de la presse l’attire et c’est au Journal de Saône-et-Loire — anciennement Courrier de Saône-et-Loire — qu’il exercera 18 années dans différents secteurs, jusqu’à celui de commercial. Être sur le terrain, rencontrer des gens est alors son quotidien. Puis Philippe Guillemain décide de revenir à ses premières amours : la création graphique.

En 2002, avec son ex-compagne, le projet d’une agence de communication voit le jour à Saint Désert, il s’appellera Studio Gire. La société développe trois aspects de la communication : graphique, événementiel, web et multimédia. Là, Philippe est au cœur de son métier : créer des identités visuelles et apporter du conseil en communication. L’aventure Studio Gire durera 13 ans et l’équipe comptera 5 personnes. Monter les plans de communication annuels des entreprises, créer des logos (les maillots de l’Élan), en relooker d’autres… Des années heureuses dont Philippe garde le souvenir d’une période enrichissante : travail en équipe, rencontres, voyages professionnels. L’expérience guadeloupéenne en est une illustration. Avant que le respect de l’environnement ne devienne un sujet sociétal, la société Studio Gire se distinguait déjà par sa spécificité : la communication environnementale ISO 14001. C’est à ce titre qu’elle a été sollicitée pour le projet d’un parc d’activité outremer, qui devait voir le jour en Guadeloupe, dans la ville d’Abymes, près de Pointe-à-Pitre. Faire la communication pour cette zone industrielle à venir, en mettant en avant les démarches ISO environnement était un défi intéressant en soi, mais pas gagné : l’agence devait travailler en collaboration avec une agence de communication locale. « Tu vas te faire massacrer, lui avait prédit une connaissance, parce que les Guadeloupéens sont des contestataires, “des combattants”, comme ils aiment à se définir eux-mêmes. » Sur place, Philippe Guillemain rencontre le directeur guadeloupéen et les prédictions volent en éclats. « C’était une grosse boite qui avait des marchés jusqu’aux EU et qui était très bien gérée. On a travaillé de concert sur 4 années et dans les meilleures conditions. Leur rôle était de “créoliser” notre travail. En effet, les codes, les couleurs, la culture ne sont pas les mêmes : la communication donne la priorité à l’aspect visuel, les textes sont plus réduits, les couleurs, plus éclatantes. Le directeur avait son brevet de pilote d’aviation, il nous a emmenés faire des sorties mémorables ! »

L’agence Typoman

Malgré les aléas de la vie personnelle qui conduisent à la dissolution de Studio Gire, Philippe Guillemain poursuit l’aventure de la communication avec son agence Typoman, créée en 2015.

Avec qui communiquer, quelles sont les cibles, les meilleurs supports, les meilleurs outils, le type de com sont autant d’aspects à évaluer pour conseiller et construire une stratégie de communication performante.

Depuis les années 2000, la communication est un secteur en profonde et rapide mutation. « À l’époque, la com était un Eldorado » dit Philippe, soulignant combien le numérique a opéré de bouleversements : les agences de com étaient florissantes, la demande ne tarissait pas. Puis la concurrence s’est installée, à un degré exacerbé. Les agences se multiplient, majoritairement sous la forme de petites structures. En outre, les outils de création se diversifient et leur prise en main se simplifie, permettant aux entreprises de créer leurs propres services de communication : beaucoup de travaux se font maintenant en interne.

Malgré cette conjoncture difficile, Philippe Guillemain jouit d’une expérience, de ses réseaux et d’une connaissance fine de la région. Une enseigne de la grande distribution continue de miser sur ses atouts, pour laquelle il réalise un audit de toutes les activités culturelles autour de la ville. Plus surprenant, c’est avec une équipe de chercheurs du CNRS qu’il travaille sur un thème étonnant, car il peut sembler futuriste : l’alimentation de demain.

Philippe Guillemain déchiffre le terrain de la communication dans un territoire qu’il connaît bien, très bien même, puisqu’il ne fait pas que l’habiter, il l’anime aussi, avec tout ce qu’un passionné peut apporter dans l’univers musical associatif.

La naissance d’un festival de jazz

« En 1986, une petite équipe de musiciens originaires de la région se lance un défi : créer, au cœur de la Bourgogne du Sud, en milieu rural, un festival de jazz. » Ainsi sont résumées les prémisses du festival de Couches à la page d’accueil du site. Face à nous, Philippe Guillemain donne corps à ces premiers pas, dignes d’un conte de fées. « On était une bande de copains, certains juste sortis du Conservatoire, en passe de devenir musiciens professionnels, d’autres amateurs, comme moi. Le défi — implanter le jazz en milieu rural — a été lancé lors d’un repas plus arrosé qu’à l’habitude. C’était une proposition un peu folle parce que ça n’existait pas du tout à cette époque. D’ailleurs, le paysage culturel était plutôt désertique, tout était à créer. Il n’y avait pas encore Chalon dans la rue ni Jazz à Nevers, qui ont été créés la même année. À ce repas, il y avait Marc Nectoux, premier adjoint au maire de Couches et président de l’association de l’École de musique locale. Il a tout de suite pensé à un espace, derrière l’église, le parc des Cèdres. La mairie l’a mis à notre disposition. On a fait appel à tous les copains du coin, ils sont venus jouer en amateur à la 1re édition, qui a eu lieu l’année suivante, en 1987. Je fais donc partie des dinosaures du festival, avec Franck Tortiller, son fondateur. »

Qui dit conte de fées… Philippe insiste sur le coup de baguette magique qui a permis la naissance de la première année du festival : l’aide financière de l’Accordéon club de Châtenoy-le-Royal, dirigé par Jocelyne et Gilbert Drigon (Clément Drigon, leur petit-fils, est d’ailleurs venu jouer l’an dernier à Couches.) Le premier invité du festival, d’une certaine notoriété, fut accompagné par des musiciens régionaux.

L’ADN du festival

Sur le berceau de ce festival nouveau-né se sont penchées d’autres marraines bienveillantes. Nourri par le terreau du parc des Cèdres, biberonné par la famille des bénévoles dont le nombre s’est élevé à 90 personnes, fortifié par l’accueil d’un public conquis, le festival Jazz à Couches est prêt à prendre son envol. En 1990, âgé de 3 ans, il emménage sous un chapiteau, à l’entrée du village, face au château de Couches et reçoit ses premiers jazzmen américains. Le tout premier fut Eddie Gomez, contrebassiste : 1 200 personnes se pressent déjà sous le chapiteau. L’essor sera exponentiel et la réputation du festival dépasse largement les frontières de la Bourgogne. Si attractif soit-il, le festival ne se laisse pas aveugler par le chant des sirènes : il entend garder son ADN, celui qui a présidé à sa création et explique sa longévité « Notre première soirée reste toujours dédiée aux jeunes musiciens locaux, avec un tarif libre pour le public (chacun donne ce qu’il veut) parce que notre but, c’est aussi d’encourager la pratique de cette musique. Et le mercredi, c’est notre Big Band qui se produit, composé essentiellement de bénévoles de l’association. Dans certains festivals, vous ne verrez que des musiciens américains ! Nous, on ne veut pas que Couches devienne le passage obligé des vacanciers américains. De même pour la jauge du public. Quand vous vous trouvez dans une salle de 7 000 personnes, vous ne pouvez pas voir les musiciens, c’est une jauge beaucoup trop importante, alors on assiste au concert sur écrans. Pour ma part, au-delà de 1 500 à 2 000 personnes, je ne vais pas à un concert, surtout de jazz, c’est une musique qu’on apprécie en live, dans un minimum d’intimité avec les musiciens. »

Et parce que la volonté des pionniers du festival est de faire connaître le jazz et le rendre accessible, les tarifs ne grimpent pas au gré de sa réputation : un concert est à 17 € ou 22 €, et le pass pour les 4 soirées, 60 €. Ce n’est même pas le prix d’un concert aujourd’hui. « On est un des rares festivals dont l’équipe est 100 % bénévole. Notre volonté, c’est de conserver précieusement ce climat d’échange, parce qu’on fait ça pour donner du plaisir, sinon, on ne le fait pas. On veut aussi mettre en valeur les richesses de la Bourgogne : les vins, les spécialités culinaires, les activités touristiques.

Et puis il y a la programmation. Le milieu du jazz n’est pas immense, on se connaît tous. Alors les musiciens qui sont réputés désagréables, peu communicatifs avec le public, qui ne signent pas de dédicaces par exemple, on ne les invite pas. Mais ce ne sont pas les plus grands qui sont les plus antipathiques, loin de là et heureusement ! »

Quel avenir pour les festivals de jazz ?

Le jazz a la réputation d’être une musique peu accessible, voire élitiste. Est-ce un préjugé ? « C’est une réputation ancienne. Dans les années guerre et après-guerre, les stars mondiales jouent un jazz accessible, avec de grands orchestres. Puis, il y a eu une période, celle du be-bop et du free jazz des années 50 à 70, où les musiciens se sont mesurés dans une sorte de concours de virtuosité technique, ce qui a rendu la musique plus cérébrale et moins accessible. Heureusement, le public se rajeunit avec des trompettistes comme Ibrahim MAALOUF ou Erik TRUFFAZ. Cela dit, le jazz souffre, depuis de nombreuses années, d’une absence de médiatisation. Cite-moi une seule émission populaire où l’on diffuse le jazz ? Il faudrait chercher du côté des chaines du câble… »

« Il y a d’autres points sensibles. Comme le classique, le public de la musique “live” vieillit et ne se renouvelle pas. La jeune génération va moins aux concerts, et le prix n’est pas seulement en cause. Ils écoutent et consomment la musique de façon différente, avec le streaming par exemple.

En ce qui concerne les festivals, la France cultive un paradoxe. Avant, les festivals étaient très prisés, et le public, présent. Depuis 15 ans, l’offre est effarante, pléthorique : chaque commune monte son festival, sans se préoccuper de ce qui se fait à 15 km. C’est comme si tout le monde montait son spectacle en autiste, sans aucune consultation des autres acteurs de la vie culturelle. Le calendrier est retreint, mais l’offre est exponentielle. C’est terrible ! Dans la région par exemple, le festival de Givry a une esthétique différente, il s’agit de musiques du monde et de musique classique ; mais il a lieu seulement 5 jours avant le nôtre. Ou celui de Nuits-Saint-Georges, pareil. Jazz à Couches bénéficie de l’antériorité, mais ça va devenir difficile de remplir les salles. On assiste, en France, à une véritable anarchie sous la forme d’une concurrence exacerbée. C’est stupide, il vaudrait mieux, pour le public comme pour les organisateurs, une entente intelligente pour déployer le calendrier musical. Sur le reste de l’année, il y a de quoi faire. Je déplore qu’il n’y ait jamais eu de démarches en ce sens. »

Les grandes pointures invitées à Couches : des anecdotes inoubliables

Trilok GURTU, percussionniste indien mondialement connu, invité par Jazz à Couches en 1999. Philippe Guillemain se souvient : « 3 ou 4 mois avant la date fixée pour son concert, son agent m’appelle, m’expliquant que nous étions la première date de sa tournée et qu’il souhaitait venir répéter sur place, une semaine avant. C’est une demande inhabituelle, alors je leur précise un peu les choses, du genre “Euh… vous savez, Couches, c’est un tout petit bled…”. Ils insistent, réclamant seulement une petite salle équipée. Le jour de leur arrivée, ses musiciens arrivent de partout : Italie, Allemagne… et voilà le grand Trilok, un type adorable. Et pendant toute la semaine, après les répétitions, ils ont fait la tournée de tous les grands crus : en fait, Trilok Gurtu est un grand amateur de bons vins : Chassagne, Pommard, Meursault. Et pendant les dégustations à l’aveugle, il nous a tous épatés : c’est un fin connaisseur. Il a même lié amitié avec le sommelier de l’hôtel où il logeait. Je vous citerai juste cette phrase bien bourguignonne, de Mimi, le père Tortiller, c’était le père spirituel du festival, un vrai personnage ! bienveillant, chaleureux et avec un humour hilarant : “Dis donc, le Gandhi, il en yope du rouge !” Trilok GURTU est un immense musicien, un perfectionniste qui ne laisse pas de place à l’approximation. » On l’aura compris, son perfectionnisme ne s’arrête pas à la musique.

TIGNOUS, le caricaturiste français, mort assassiné dans l’attentat contre Charlie Hebdo en 2015, est aussi venu à Couches. « Au départ, ce devait être CABU qui, pendant le concert du quartet In Folio, faisait des dessins projetés sur écran. Il y avait eu une répétition générale à Paris, c’était super. Le contrat de la tournée était signé. 10 jours avant le concert de Couches, j’ai le saxophoniste du groupe au téléphone : “Cabu a disparu, il est injoignable. Il n’est pas au bureau, pas à Charlie Hebdo.” Alors celle-là, on nous l’avait encore jamais faite ! Je n’étais pas si inquiet : un homme, ça ne se perd pas comme ça, il restait quelques jours. Mais 1 semaine avant le concert, rien, toujours aucune nouvelle. Finalement, Cabu était parti en vacances avec l’attachée parlementaire de Strauss-Kahn, il était comme ça, imprévisible. Quelqu’un décide d’en parler à Tignous qui accepte de remplacer Cabu. Mais il devait m’appeler parce qu’il avait une demande particulière, me dit-on. Au téléphone, Tignous m’expose sa condition : il venait avec sa petite fille de 2 ans et demi, il aurait besoin d’une nounou. OK, sans problème, c’était une demande facile à satisfaire, j’étais plus que soulagé ! J’ai découvert un homme d’une incroyable gentillesse. J’ai des dessins de lui. Didier Lockwood — qui était un ami du festival — alors en tournée à Amsterdam, décide de se pointer par surprise à Couches. Et là, le dessin de Tignous est inoubliable : on y voyait un violoniste aux chevaux longs et cette phrase “On ne m’avait pas dit que Catherine Lara serait là ce soir” Hilarité du public. »

Année après année, les anecdotes pétillantes se multiplient. Et les génies du jazz défilent à Couches.

Le bassiste Marcus MILLER — oui, celui qui a vendu le plus d’albums de tous les jazzmen et en a produit un pour Miles Davis — est venu en 2006, pour les 20 ans de Jazz à Couches. « Ça a été très compliqué avec la production américaine : quand ils ont su que la scène faisait 10 x 8 m, ils multipliaient les questions et les réserves. Au bout de multiples échanges, j’ai dû leur envoyer un mail en leur disant, en gros, de se renseigner auprès des musiciens venus les années précédentes, et je leur en ai donné la liste (il y avait des pointures). Ils ont dû avoir des retours convaincants, parce qu’ensuite, l’affaire était réglée ! Les productions américaines ont cette caractéristique-là : tout doit être normé, il leur faut un nom de chaine d’hôtels connu, référencé (et la climatisation, essentielle !) ; ça les rassure, ça correspond à une qualité qu’ils connaissent. Mais les musiciens, eux, préfèrent venir sur des lieux plus restreints, parce que dans les grands festivals, tout est chronométré et ils sont des produits parmi d’autres. Ici, on prend le temps de tisser une relation plus proche, plus détendue. Je reviens à Marcus Miller. C’est un grand sportif, il faisait ses deux footings par jour. Ce soir-là, on a eu un orage monumental ! Il y avait 20 cm d’eau sous le chapiteau, les gens relevaient leurs pantalons, portaient leurs chaussures sur l’épaule et attendaient, sûrement en se disant que c’était foutu. Alors je suis allé voir Miller : “Écoute, est-ce qu’on peut différer ton concert de 1 h 30, le temps que l’eau se résorbe et que les conditions de sécurité soient assurées ?” Il m’a tout de suite répondu OK, super coopératif. On s’est empressé de tout sécuriser et… le concert a été génial ! Les gens sont partis heureux, mais avec des godasses bonnes à mettre à la poubelle ! Des années après, j’étais à un concert, et des gens sont venus me dire avec enthousiasme : “On était au concert de Marcus Miller en 2006, vous allez le refaire ?” En effet, on ne peut pas être plus éloigné de ce qu’on nomme le public consommateur.

Philippe Guillemain a encore mille anecdotes croustillantes de moments partagés avec les illustres invités : le batteur historique de John Coltrane, Elvin JONES, qui ne se déplaçait pas sans sa batterie Yamaha et sa femme japonaise, Manu KATCHÉ, René URTREGER, illustre pianiste français, le seul qui a joué avec toutes les légendes (Dave Brubeck, Miles Davis, Chet Baker) et qui a fêté ses 80 ans avec l’équipe de Couches, Ibrahim MAALOUF et tant d’autres depuis 33 ans…

Face aux idoles du jazz

On peut se demander quel effet ça procure de se trouver face à une légende vivante du jazz. Pas seulement face à elle, mais dans sa promiscuité, parfois pendant plusieurs jours. Certains d’entre nous se liquéfieraient, s’anéantiraient… bref tomberaient d’un bloc, les bras en croix, en insuffisance cardiaque, non ? Philippe Guillemain, lui, travaille à la programmation du festival de jazz depuis ses débuts, en 1986. Il contacte les agents artistiques internationaux, alors, oui, l’expérience : "Bien sûr, il m’est arrivé d’être impressionné. Quand je suis allé chercher Elvin JONES à la gare, en 1997 ou 1998, j’avais face à moi un batteur de légende, LE batteur historique de Coltrane, un génie du jazz ! Imagine un amateur de rock qui irait chercher Charlie Watts, tu vois. En plus, Elvin Jones, 1,90 m, chapeau, très class… Mais avec l’expérience, c’est vrai que ça devient plus facile. Je réalise que j’ai cette chance-là : côtoyer des idoles sans être, à leurs yeux, un fan. Pour eux, je suis juste un professionnel et le contact est différent, plus vrai.”

Nathalie DUNAND
[email protected]  

 

 

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