Chalon sur Saône

MUNICIPALES - Vers une liste communiste aux élections à Chalon sur Saône ?

Mercredi, en fin d'après-midi, la section du PCF du Grand Chalon organisait une conférence de presse afin de faire le point sur la mobilisation. S'interrogeant sur les bisbilles politiques qui divisent la gauche, les communistes vont-ils constituer une liste aux élections municipales de Chalon-sur-Saône? Plus de détails avec Info Chalon.

La section du Parti Communiste Français (PCF) du Grand Chalon nous a donné rendez-vous pour une conférence de presse, mercredi 22 janvier, à 18 heures, dans les locaux du parti, 30 Rue Théodore de Foudras, à Chalon-sur-Saône.


Étaient présents à cette conférence, Dolorès Arnao et Fabienne Vermorel, co-trésorières, Jean-Michel De Almeida et Alexandre Bessot, co-secrétaires de la section local du PCF.


Cette dernière soutient sans réserves les 3 délégués syndicaux de Verallia (ex-Saint-Gobain) mis à pied à titre conservatoire, sans salaire depuis jeudi 9 janvier, et menacés de licenciement pour avoir alerté la presse «des risques sanitaires encourus par les salariés et la population environnante» suite à un incendie, le 16 juillet 2019, qui avait partiellement endommagé la toiture en fibrociment du site de Chalon-sur-Saône.


Elle appelle «la population de l’agglomération (Chalonnaise) à exprimer sa solidarité avec les 3 représentants syndicaux et son indignation vis-à-vis du comportement de la direction de Verallia».


La conférence de presse consistait «à montrer la cohérence des attaques contre notre système social français (services publics compris) et la cohérence des initiatives de la section PCF du Grand Chalon pour en informer nos concitoyens».


Jean-Michel De Almeida évoquait à ce sujet, le cas de son père, qui a travaillé à Saint-Gobain (futur Verallia) et qui a été touché par l'amiante.


«Les syndicalistes sont des salariés protégés, les patrons semblent faire fi de la loi», indique à son tour Dolorès Arnao.


Les représentants du PCF ont relaté leurs actions pour la défense de la santé, notamment via la constitution d'un collectif local depuis 2009 contre la loi Bachelot qui instituait la tarification à l'activité. Pour les Communistes, cette loi a mis en déficit chronique les hôpitaux publics au profit des cliniques privées.


Ils ont, toujours dans le cadre de la défense du système de santé, évoqué la visite de Pierre Laurent, sénateur communiste et à l'époque secrétaire national du PCF, au centre hospitalier William Morey de Chalon-sur-Saône, pour soutenir la création d'un plateau technique d'angioplastie*.


Pour Fabienne Vermorel, en ce moment, le gouvernement «c'est droit dans ses bottes» et «ira jusqu'au bout de sa logique de destruction des acquis sociaux et des services publics».


Jean-Michel De Almeida a rappellé les actions contre la privatisation d'Aéroports de Paris (ADP) avec l'organisation d'une campagne de signatures pour demander un référendum, notamment le 23 novembre 2019, sur la Place de Beaune, puis un ciné-débat, le 6 décembre, au Mégarama Axel, concernant la privatisation du secteur de l'énergie public avec la projection de «Main basse sur l'énergie» de Gilles Balbastre.


«Malheureusement, nous sommes quasiment le seul parti politique chalonnais au cœur des luttes contre la réforme des retraites Macron, aux côtés du monde du travail pour défendre nos acquis sociaux», déclare le co-secrétaire de la section PCF du Grand Chalon.


«Pour rappel la Sécu a été mise en place par Ambrois Croisat, ministre communiste à la Libération, aidé par les militants de la CGT qui ont mis en place les caisses de sécu sur le territoire», précise le militant communiste.


Avant de rajouter :


«Enfin ce gouvernement s'attaque à toute notre sécu, y compris la branche santé et les services publics qui y participent, c'est pourquoi nous avons décidé de proposer aux grands chalonnais de venir débattre sur ces problèmes et d'agir pour montrer leur solidarité avec les agents hospitaliers. J'ajoute que par exemple que se passerait-il si une contamination par un virus très virulent arrivait en France, avec un système de santé sur les genoux? Serait-il capable de faire face? On voit que le gouvernement, le système, joue avec notre santé et notre sécurité, nos nous privilégions l'humain et la planète d'abord!».


La section locale du Parti avait également remis un chèque de 3800 euros aux grévistes de la SNCF, le 15 janvier , Dolorès Arnao nous indiquait qu'un autre chèque de 600 euros serait remis par le PCF à la caisse de grève des cheminots.


Concernant les municipales, la section locale du Parti Communiste constate que malgré leurs efforts de médiation, il y a toujours division à gauche.


«Nous nous questionnons sur l'opportunité d'avoir des élus qui soutiennent vraiment les luttes sociales actuelles car on ne ferait pas des Chalonnais heureux, avec des retraites de misères, des hôpitaux en ruine, des chômeurs non indemnisés... Être de gauche, c'est tenir cette cohérence et définir un intérêt général qui englobe toute l'Humanité (c'est le sens de notre engagement au sein du collectif "migrants" à Chalon et qui se décline jusqu'à la Commune qui pour nous est un niveau pertinent d'expression démocratique. Notre nom "communiste" vient d'ailleurs de là!», conclut Jean-Michel De Almeida.


Ainsi, le PCF, absent jusqu'ici des élections municipales de Chalon-sur-Saône en 2020, fera peut-être entendre sa voix en présentant une liste dont le chef de file sera désigné dans les jours qui suivraient.


À travers de cette échéance, les communistes souhaitent défendre avant tout les services publics pour satisfaire les besoins de la population.


«Nous sommes dans un combat continuel contre la répression des libertés publiques», déclare Fabienne Vermorel, «On va vers un pays liberticide».


Réference à peine voilée à la charge policière du 9 janvier, devant les grilles du lycée Pontus de Tyard, qui avait fait 2 blessés.


«Il y a comme une accoutumance, une banalisation de ces actes», poursuite Jean-Michel De Almeida qui ne veut pas d'un monde où «la loi du profit est au-dessus de tout».


«Il faut changer cette société qui ne produit que des inégalités. Le monde ne pourra pas perdurer dans cet état», lance Dolorès Arnao.

Le mardi 4 février, à 19 heures 30, dans les locaux Chalonnais du PCF, un ciné-débat sera organisé autour de la projection du documentaire «Hôpital au bord de la crise de nerfs» mise à disposition par la société ISKRA films, et une chaîne humaine sera organisée, le samedi 15 février, à 14 heures, autour du Centre hospitalier William Morey «pour montrer notre attachement à nos hôpitaux et notre solidarité envers les personnels de santé».


Ils étaient également présents lors de la retraite des flambeaux qui a eu lieu, ce jeudi, à 18 heures, devant la Maison des Syndicats. Plus de détails dans un article à paraître, dans nos colonnes.


* Activité de cardiologie interventionnelle visant à réparer ou remodeler un vaisseau.

 

 


Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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